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Quand nos ancêtres coupaient les têtes

Publié par wikistrike.over-blog.com sur 1 Octobre 2011, 20:20pm

Catégories : #Civilisations anciennes

Quand nos ancêtres coupaient les têtes


Guillaume Bonnefont

La nouvelle exposition du musée Henri Prades, à Lattes, dévoile une pratique pour le moins étonnante de nos ancêtres celtes : ils coupaient les têtes de leurs ennemis et les exposaient à l’entrée de leur maison pour impressionner les visiteurs.

Nos ancêtres étaient des coupeurs de tête. C’est ce que révèle l'exposition Des rites et des hommes, qui se tient jusqu’au 8 janvier 2012, au musée Henri-Prades, sur le site archéologiques Lattara, à Lattes. "C’est une exposition labellisée d’intérêt national par le ministère de la culture", se réjouit Réjane Roure, maître de conférence en archéologie à l’université Paul-Valéry. Cette spécialiste a participé, depuis 2003, aux recherches menées sur le site du Cailar, près d’Aimargues, dans le Gard, où les archéologues ont extrait un dépôt d’armes et de têtes coupées, mais aussi des monnaies et des céramiques.

Pratiques rituelles
Au total, plus de 8 000 vestiges ont été prélevés et environ 2 500 restes humains provenant au minimum d’une cinquantaine d’individus adultes du VI au IIIe siècle avant J.-C., ont été répertoriés. La particularité de cette découverte : seuls des fragments provenant de la tête osseuse ont été retrouvés. Aucune partie de squelette n’est présente. "Une quantité importante de fragments présente des traces très nettes de coups volontaires et même de découpes, qui ont permis d’in- terpréter cet ensemble comme lié à la pratique gauloise des têtes coupées", détaille Réjane Roure. Pourquoi nos ancêtres gaulois tranchaient-ils ainsi les têtes ? Pour impressionner leurs visiteurs et effrayer leurs ennemis. Ainsi, les Romains considéraient les Celtes avant tout comme de farouches guerriers qui avaient notamment pour pratique, après une bataille, de prélever la tête de leurs ennemis vaincus au combat et de la ramener chez eux. Les crânes étaient exposés à l’entrée de leur habitat, afin d’impressionner leurs invités, dévoile l’exposition."Les têtes des ennemis les plus renommés, embaumées à l’huile de cèdre, étaient montrées aux étrangers, et les Gaulois refusaient de les rendre au prix d’un poids égal d’or", raconte Poséidos, un auteur grec ayant visité la Gaule aux environs de 100 ans avant notre ère. C’est cette pratique, mais aussi d’autres pra- tiques rituelles des populations celtes, ibères et grecques des côtes du nord de la Méditerranée, que dévoile cette exposition. À en perdre la tête.

Laurent Czerniejewski

 

 

RECONSTITUTION.
Cette image en 3D propose une vision de ce que pouvait être le site du Cailar, qui est fouillé par les archéologues depuis 2003. Ce site a livré près de 2 500 restes de crânes humains, ainsi que des restes d’armes (des lances et épées) volontairement détruites. Selon les archéologues, les armes et les crânes des adversaires vaincus au combat pouvaient être mis en scène pour des rituels. Entre le IVe et le IIIe siècle avant notre ère, l’habitat du Cailar se trouvait en bordure d’une vaste lagune. La présence de murs en briques de terre crue et en pierres, ainsi que la présence de remparts imposants, attestent d’un habitat sur le site. L’organisation interne et les formes précises d’habitat restent encore mal connues, mais les archéologues ont mis à jour la présence d’un vaste espace ouvert, à l’intérieur de l’habitat, où des dépôts successifs se sont échelonnés tout au long du IIIe siècle avant J.-C., mêlant objets métalliques et crânes humains.

 

CRÂNE CLOUÉ. Pour impressionner leurs visiteurs, les Celtes clouaient les têtes coupées de leurs ennemis à l’entrée des bâtiments publics ou de leur habitat. Les têtes pouvaient ainsi être conservées sur plusieurs générations. Aucune exposition n’avait encore mis l’accent sur les pratiques des Gaulois méridionaux avant celle présentée au musée de Lattes.

 

 

CES MANDIBULES HUMAINES ont été mises à jour sur le site du Cailar, près d’Aimargues, dans le Gard. Elles datent du IIIe siècle avant J.-C. Des traces de coups d’objets tranchant, à l’arrière des mâchoires, indiquent que les crânes, auxquels elles étaient raccrochées, ont été tranchés.
Le casque de Montlaurès, présenté à droite, daté du IVe siècle avant notre ère, est composé d’éléments de corail sertis par du fer sur un timbre en bronze. On ignore si ce casque était lié à une sépulture, enterré en tant que tel, ou exposé. Sur ce type de casques, l’or, la couleur jaune du bronze, les incrustations de corail ou de verre rouge leur conférait une allure flamboyante. Les ateliers de production de ces casques n’ont pas encore été localisés, mais, selon les archéologues, leur découverte se fait essentiellement en Celtique occidentale.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

LES CELTES exposaient les crânes de leurs ennemis vaincus sur des piquets de bois à l’entrée de leur habitat.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

VISITE. L’exposition Des rites et des hommes se tient jusqu’au 8 janvier 2012 au musée archéologique Henri-Prades, route de Pérols, à Lattes. Ouvert du lundi au vendredi, de 10h à 12h et de 13h30 à 17h30. Samedi, dimanche et jours fériés, de 14h à 18h. Fermé le mardi. Fermeture exceptionnelle le 15 août. Entrée plein tarif : 3,50 euros ; avec PassAgglo : 3 euros ; tarif réduit : 2 euros (étudiants, groupe de plus de 10 personnes). Entrée gratuite le premier dimanche du mois. Contact : 04 67 99 77 24 ou 04 67 99 77 26.

 

Source : La gazette de Monptellier

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