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Quelles seraient les conséquences d'un démantèlement de Dexia ?

Publié par wikistrike.over-blog.com sur 5 Octobre 2011, 20:20pm

Catégories : #Economie

Quelles seraient les conséquences d'un démantèlement de Dexia ?

 

ZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZZ-copie-1.PNGLa banque franco-belge Dexia est proche de l'implosion. Mercredi 5 octobre,François Baroin, le ministre de l'économie, a indiqué qu'une reprise par la Caisse des dépôts et consignations et la Banque postale d'une partie des activités de prêts aux collectivités locales serait la solution "la plus solide, la plus expérimentée, celle que l'on connaît le mieux". Une déclaration qui confirme l'hypothèse de la scission, voire du démantèlement, de la banque.

Quelles conséquences pour la France ? La Caisse des dépôts et consignations et la Banque postale étant des organismes publics, cela signifie que la France se porte garante pour Dexia. Le risque est alors que sa note "triple A" décernée par les agences de notation soit remise en cause, étant donné l'ampleur des pertes induites. L'ancien premier ministre socialiste Laurent Fabiusa d'ailleurs jugé "très inquiétant" le dossier Dexia, ajoutant que si le gouvernement français "se met ça sur le dos", cela pourrait peser lourd sur la note financière de la France.

Une position que le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer, a récusé au micro d'Europe 1. Selon lui, aucune menace ne pèse sur le "AAA" du pays. Ceci étant, personne ne semble encore en mesure d'évaluer le fardeau que le démantèlement de Dexia fera peser au final sur la Banque postale et la Caisse des dépôts. Une chose est sûre : vingt ans après le Crédit lyonnais, la France connaît à nouveau un désastre bancaire.

Quel impact sur les territoires ? Un démantèlement de Dexia risque d'affaiblir le financement de l'investissement local alors même que les collectivités ont de plus en plus de mal à obtenir des crédits en raison du problème des liquidités bancaires et des nouvelles contraintes bancaires posées par les accords de Bâle III.

D'autre part, les collectivités qui ont contracté des emprunts auprès de la banque se retrouvent aujourd'hui dans une situation délicate car une partie de ces emprunts – plusieurs milliards – sont toxiques. Les taux d'intérêts qu'elles doiventrembourser ont ainsi pris des proportions inattendues. Selon Philippe Hernin, chercheur en finance et professeur au CNAM, les collectivités devront ainsi"amputer certains de leurs budgets afin de rembourser leur dette".

Que vont devenir les 120 milliards d'euros d'actifs toxiques ? Ils pourraientêtre récupérés par une structure de défaisance, ou "bad bank". Cette structure serait chargée d'isoler les actifs néfastes afin d'assurer la survie de Dexia. Cette opération lui permettrait de revenir à sa mission initiale de banque de détail, ce qui est crucial au niveau économique puisqu'il s'agit de continuer à accorder des crédits.

Ce dispositif a déjà été utilisé aux Etats-Unis dans les années 30, en Suède dans les années 90, pour soutenir le secteur bancaire, ou dans les années 80 pour sedébarrasser de la dette mexicaine "pourrie". Cette opération permettrait donc d'assainir un bilan lourdement négatif.

Source : Le Monde.fr

 

Qui est menacé ?

ECONOMIE - Le sauvetage de la banque franco-belge suscite bien des interrogations...

Un plan de démantèlement de l'ancien leader mondial du financement des collectivités locales devrait être finalisé d’ici demain par Paris et Bruxelles20 Minutes fait le tour du dossier en quatre questions.

Les épargnants belges sont-ils menacés?

Comme en France, les épargnants belges disposent d’une garantie. Même en cas de scénario catastrophe, c’est-à-dire une faillite pure et simple de Dexia, ils ne perdraient que les sommes placées dépassant les 100.000 euros par titulaire de compte.

Quid des collectivités locales françaises?

Plus de 5.000 communes et collectivités locales françaises ont contracté des emprunts à risque chez Dexia. Le démantèlement aura-t-il des conséquences? A priori aucune. La filière chargée de ces emprunts pourrait en effet être rachetée dans les prochains jours par la Caisse des dépôts et la Banque postale qui pourrait donner un peu d'air frais à la banque. Cette manœuvre permettrait de loger une partie du portefeuille des prêts aux collectivités locales en France. La solidité financière des deux établissements publics permettrait aisément le refinancement de l’activité.

Avec l’annonce d’un démantèlement probable de Dexia, faut-il craindre un effet domino sur les autres banques?

Non, répond Jean-Louis Mourier, économiste chez Aurel BGC. Selon lui, les difficultés de Dexia sont isolées. Elles viennent du sauvetage imparfait de l’établissement en 2008. D’ailleurs, à ses yeux, il n’est pas exact de dire que c’est la première victime de la crise des dettes souveraines puisque ses problèmes remontent à la crise des subprimes. Il s’agirait plutôt d’une victime collatérale. Sous couvert d’anonymat, un analyste d’une grande banque souligne qu’il n’y a pas de risque systémique puisque les Etats ne laisseront pas tomber Dexia. Le risque de contagion est donc écarté.

Quelles sont les conséquences du soutien de la France pour son «AAA»?

Laurent Fabius est inquiet. Pour l’ancien Premier ministre, une aide dans le dossier Dexia pourrait peser sur la note financière de la France, aujourd'hui maximale de «AAA». Une position balayée par Bercy qui évoque une garantie de financement et non une garantie sur les actifs.  A la différence d’un apport de capitaux, cette opération n’alourdira pas la dette française. «Si cette note devait être mise en danger, ce n’est pas à cause du niveau de dette, élevé certes, mais comparable à celui de l’Allemagne. Ce qu’on pourrait reprocher à la France c’est la lenteur de la réduction des déficits», explique Jean-louis Mourier. Dans l’après-midi, l’agence Fitch s’est voulue aussi rassurante. Les efforts de l'Etat français pour stabiliser le secteur bancaire pourraient avoir un impact positif pour sa note souveraine, même s'ils se traduisent par une hausse de ses engagements financiers, a déclaré l’analyste Maria Malas-Mroueh.

 T.S. et M.B.
20minutes éco

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