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Sarkozy-Kadhafi : l’Elysée piégé par ses témoins

Publié par wikistrike.com sur 2 Mai 2012, 09:46am

Catégories : #Politique intérieure

Sarkozy-Kadhafi : l’Elysée piégé par ses témoins

 

 

bachirA peine lancée, l’offensive judiciaire de l’Elysée contre Mediapart peut-elle tenir ? Les deux acteurs sur lesquels s’est appuyé Nicolas Sarkozy pour déposer sa plainte pour « faux et usage de faux », « recel de ces délits » et« publication de fausses nouvelles », après nos révélations sur les financements libyens en faveur de sa campagne en 2007, viennent tous les deux d’être mis en difficulté. M. Bachir Saleh, le premier d’entre eux, recherché et désigné par une notice rouge d’Interpol, pourrait avoir pris la fuite, tandis que le second, Moussa Koussa, visé par des accusations de tortures, aurait fait l’objet au Qatar d’un chantage à l’expulsion vers la Libye s’il ne démentait pas nos informations.

Alors qu’une enquête préliminaire visant Mediapart a été ouverte par le procureur de la République de Paris, François Molins (lire notre communiqué au sujet de cette procédure inédite), une heure après le dépôt de plainte, Nicolas Sarkozy a été contraint, mardi matin, d’annoncer que « si M. Saleh est recherché par Interpol, il sera livré à Interpol ». François Fillon avait affirmé à tort, lundi, qu'il n'y avait « aucune trace d'un mandat international » visant l’ancien directeur de cabinet de Mouammar Kadhafi.


Bachir Saleh

Grâce aux déclarations du président candidat sur RMC et BFM TV, M. Bachir Saleh, l’un des détenteurs des plus lourds secrets franco-libyens, a ainsi appris qu’il lui était sans doute souhaitable de prendre le large. En signalant que la police française arrêterait le fugitif si une notice Interpol avait été émise à son encontre – ce qui est connu depuis des mois… –, Nicolas Sarkozy a en effet offert au principal intéressé une invraisemblable occasion de s’enfuir.

Contactés par Mediapart dans l’après-midi du 1er mai, une dizaine d’heures après les propos de M. Sarkozy, les deux avocats de Bachir Saleh étaient de fait dans l’incapacité de dire où celui-ci se trouvait et se refusaient même à confirmer sa présence en France. Me Marcel Ceccaldi s’est montré pour le moins ambigu : « Il se trouve là où il doit se trouver dans n’importe quel pays de l’espace Schengen. Je ne sais pas où il est actuellement. » Même son de cloche du côté de Me Pierre Haïk : « Je ne sais pas quelle est sa situation actuelle. Je ne peux rien confirmer. »

Etant l'un des plus proches collaborateurs de Mouammar Kadhafi, ancien dirigeant de l’un des fonds souverains libyens, le Libyan African Portfolio (LAP), au centre de tous les soupçons de financements occultes, Bachir Saleh a obtenu des autorités françaises, et du ministre de l’intérieur, Claude Guéant, une autorisation de séjour de trois mois. Et ainsi, en gage de réciprocité, M. Saleh a été le premier à démentir la note officielle libyenne révélée par Mediapart, visant à autoriser un financement de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007, et dont il a été le destinataire.

Cette attitude ne doit rien au hasard. Malgré le mandat d’arrêt émis par la Libye et relayé par Interpol – il est recherché pour “escroquerie” –, la France a accueilli à bras ouverts Bachir Saleh. Il devrait faire l’objet, ces prochains jours, d’une plainte d’opposants politiques toubous réfugiés en France qui dénoncent son rôle dans l’espionnage dont ils ont été victimes et sa possible implication dans l’élimination de plusieurs d’entre eux.

 

Source: Mediapart

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