"Pour la Grèce, (l'accord obtenu au forceps cette nuitest la meilleure chose qui pouvait arriver. Parce que les Grecs réduisent leur dette de 50% pour la partie détenue par les banques, d’un tiers au total", explique l'économiste.

Mais c'est surtout une bonne nouvelle pour la population. "Je trouve que c’est une bonne chose car il y avait un risque social trop important en Grèce. Les gens sont dans les rues, il ne faut quand même pas faire suffoquer les gens."

Par contre, la brèche ouverte hier pourrait donner des idées à d'autres pays, avertit Bruno Colmant. "Maintenant qu’on a accepté le principe du défaut, je ne vois pas pourquoi un autre pays ne dirait pas : ''Pourquoi pas moi''. Tous les pays à qui on a imposé une monnaie trop forte, l’euro, qui auraient en des temps anciens dévalué, comme le Portugal, pourraient très bien se retrouver dans la même situation."

Un mini-impôt pour la population
L'économiste estime encore que c'est la population qui, au final, va payer la note. "On a reporté le problème sur l’ensemble de la population européenne. On a dégrippé le système bancaire en monétisant les dettes publiques. En augmentant à mille milliards ce fonds européen, on va immanquablement créer de l’inflation qui va toucher l’entièreté des citoyens européens."  

Et Bruno Colmant d'expliquer que le citoyen "ne va pas devoir payer des impôts pour 100 milliards ou 1000 milliard. Mais comme on augmente la création monétaire, les prix vont un peu augmenter. Ca va donc être une sorte d’infime impôt d’inflation qui va être appliqué à toute la population européenne."

C'est ce qu'on appelle la solidarité européenne, ou le prix à payer pour que la zone euro survive à la tempête grecque.

Retrouvez l'entièreté de l'interview de Bruno Colmant dans nos éditions de L'Avenir de ce vendredi ou sur IPad.

 

Source : lavenir.net