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Les séismes et la France

Publié par wikistrike.over-blog.com sur 13 Mai 2011, 07:36am

Catégories : #Terre et climat

aleaSismique.jpg Des séismes en France ?


 

1. Intervieuw : Après l'Italie et l'Espagne, la France ? 

Interview de Rémy Bossu, responsable du Centre sismologique euro-méditerranéen (CSEM), le 12 mai 2011, par Laura Thouny - Le Nouvel Observateur.

 

Les Européens ont tendance à oublier le risque sismique, explique Rémy Bossu, du Centre sismologique euro-méditerranéen. Interview par Laura Thouny. 

 

Que s'est-il passé hier à Lorca, en Espagne ? 

- Il y a eu plusieurs séismes à quelques minutes d'intervalle dans la même zone. Le premier de magnitude 4,5 à 15h05, le second de magnitude 5,1 à 18 heures 47. C'est ce dernier qui a été le plus destructeur, et qui a fait des victimes. 

Un séisme de cette intensité est normalement relativement peu destructeur. S'il l'a été, c'est parce que l'épicentre était localisé sous la ville, dans une zone très superficielle, à 2 ou 4 kilomètres de profondeur. Car plus on s'éloigne de l'épicentre, et plus l'intensité diminue, puisque l'énergie se distribue sur une plus grande surface et que la terre absorbe aussi cette énergie. 

Quand on a reçu les premiers témoignages venus d'Espagne, nous avons été très surpris par l'étendue des dégâts, compte tenu de la magnitude. Cela s'explique donc par la localisation de l'épicentre, mais ça pose aussi la question de la résistance des bâtiments. 


On a l'impression que la culture du risque sismique a plus ou moins disparu en Europe, alors que de grands tremblements de terre se sont produits dans le passé. 
- On oublie sans oublier. Le sud-est de l'Espagne, par exemple, est la zone la plus sismique de l'Espagne, qui connaît des séismes destructeurs de temps en temps. Un séisme de magnitude 5 est loin d'être le plus gros que verra la région.

Lorsqu'on vit au Japon, on connaît des séismes destructeurs au cours de sa vie. Vos parents, vos grands-parents en ont connu. Cela fait vraiment partie de votre culture. Mais dans une zone comme la France ou l'Espagne, l'aléa est bien plus faible : chez nous, le dernier grand séisme date de 1909 (de magnitude 6, il avait fait 46 morts en Provence, NDLR). C'est beaucoup plus dur d'obtenir une adhésion de la population pour des mesures de prévention à ce type de risque. 

La deuxième difficulté, c'est que les règles parasismiques ont évolué. La plupart des bâtiments sont antérieurs à ces règles. A Lorca, par exemple on a l'impression que ce sont des constructions très anciennes, voire historiques qui ont été endommagées. Ces bâtiments n'ont évidemment pas été construits selon les normes sismiques. Et il est peu probable que leur résistance ait été améliorée, dans la mesure où c'est techniquement compliqué, et cher. On a tendance, en France comme en Espagne, à estimer qu'il y a d'autres priorités. 


L'Italie a été touchée en 2009, aujourd'hui c'est l'Espagne... La France pourrait-elle à son tour être bientôt concernée par un séisme de grande magnitude ? 
- On ne peut pas le dire. On peut simplement affirmer qu'il y a des zones où l'activité sismique est plus marquée en métropole : les Pyrénées, l'Arc alpin, le Fossé rhénan, la zone d'Oléron, le Massif central et le Massif armoricain. Mais ce qui est compliqué, c'est qu'on a une vision de la sismicité dans ces zones qui n'est pas très représentative. On observe une échelle de temps très courte par rapport à la survenue des phénomènes mis en cause. 100 ans ou 200 ans d'observation, pour des événements aussi rares, c'est vraiment négligeable. 

On ne peut donc pas évaluer exactement quand ça va se produire, ni prévenir la population. Dans des zones où il y a une forte accumulation d'énergie, comme sur la faille nord-anatolienne, en Turquie, au niveau de la mer de Marmara, il y a une probabilité forte de séisme de magnitude 7 au minimum. Mais il est impossible de savoir quand. 

Il y a une cause commune aux tremblements de terre sur le pourtour de la Méditerranée : le mouvement de l'Afrique qui remonte vers l'Europe. Mais il n'y a pas de lien direct entre ce qui s'est passé en Italie en 2009, en Turquie en 1999 ou en Espagne hier. Ou alors un lien très faible. 

En France, la déformation sismique est très faible, de l'ordre de 0,5 à 1 millimètre par an. Et puis cette déformation se distribue sur de très nombreux endroits : les Pyrénées, l'Arc alpin, l'est de la France... Il n'y a pas d'accumulation d'énergie le long d'une même faille. 

Notre pays connaît un séisme de magnitude 6 par siècle, or le dernier date de 1909. Le prochain pourrait donc se produire demain, en raison de cette accumulation d'énergie. Mais aussi dans un siècle, car elle n'est pas non plus très forte... 

2. Les risques sismiques en France

 

SismiciteAntilles-301f6.jpgEn France, c’est à la Guadeloupe (et ses îles) et à la Martinique, situées à la frontière de deux plaques tectoniques, que la sismicité est la plus élevée. LaFrance métropolitaine, quant à elle, est considérée comme ayant une sismicité modérée en comparaison de celle d’autres pays du pourtour méditerranéen. Ainsi, le seul séisme d’une magnitude au moins égale à 6 enregistré en France au XXesiècle est celui dit de Lambesc, le 11 juin 1909.

Les Alpes, la Provence, les Pyrénées et l’Alsace sont considérées comme les régions de France métropolitaine où le risque sismique est le plus fort. Dans ces régions montagneuses, outre les effets mêmes d’un séisme, les très nombreux glissements de terrain potentiels peuvent avoir des conséquences catastrophiques. Les autres régions où la sismicité n’est pas négligeable sont des massifs anciens (Massif armoricain, ouest du Massif central, Vosges).


Sismicite_France-942a3.jpg
6 000 séismes ressentis sur le Territoire français métropolitain ou sur ses proches frontières depuis plus de mille ans,
1 800 épicentres, parmi les mieux connus, d'intensité supérieure ou égale au degré 4 sur l'échelle internationale des intensités macrosismiques, 100 000 observations ou localités ayant plus ou moins fortement subi un séisme, et l'intensité dans chacun de ces lieux,

10 000 références bibliographiques témoignant de l'activité des tremblements de terre au cours des temps.

 

 

3. Les épicentres de l'an 1300 à 2007


Le territoire français métropolitain est éloigné des zones de fortes déformations que représentent à l'échelle mondiale les frontières de plaques. Considérée comme faible à l'échelle européenne, la sismicité y est typique des régions intracontinentales à faible taux de déformation, impliquant une période de retour longue des événements sismiques majeurs : un séisme fortement destructeur et quatre séismes responsables de dommages sévères en moyenne par siècle sur mille ans d'histoire.
La poussée démographique et le développement économique sans cesse croissants augmentent le degré d'exposition des populations et des biens aux agressions naturelles et en particulier sismiques, lesquelles au contraire d'autres phénomènes naturels ne peuvent être prédites à court terme.
Ces constatations ont conduit les autorités françaises à porter une attention particulière à l'analyse du risque sismique lors du lancement du programme électronucléaire français.



La connaissance appropriée de notre passé sismique combinée aux autres disciplines des sciences de la terre : géologie, géophysique, géotechnique permet de mieux appréhender l'ampleur et les effets des séismes susceptibles de se (re)produire sur le territoire. Pour ce faire, dès 1975, le Bureau de Recherches Géologiques et Minières (BRGM), Electricité de France (EDF) et l'Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire (IRSN) (à l'époque Institut de Protection et de Sûreté Nucléaire (IPSN)) ont mis en chantier un vaste programme de caractérisation de la sismicité historique de notre pays par la recherche et l'analyse des témoignages sur les tremblements de terre, conservés dans notre patrimoine littéraire. Ces témoignages constituent la base de la macrosismicité, c'est-à-dire la sismicité dont les effets peuvent être décrits.
Fruit d'un travail engagé il y a plus de trente ans, la base de données nationale macrosismique de la sismicité historique et contemporaine SisFrance bénéficie encore aujourd'hui d'une actualisation permanente. Son objectif est de garantir le meilleur état des connaissances de la macrosismicité de la France. Sous l'impulsion du Ministère de l'Ecologie et du Développement Durable, SisFrance est rendue accessible sur Internet depuis 2002.

 

 

4. Zonage sismique de la France

Depuis le 22 octobre 2010, la France dispose d’un nouveau zonage sismique divisant le territoire national en cinq zones de sismicité croissante en fonction de la probabilité d’occurrence des séismes (articles R563-1 à R563-8 du Code de l’Environnement modifiés par les décrets no 2010-1254 du 22 octobre 2010 et no 2010-1255 du 22 octobre 2010, ainsi que par l’Arrêté du 22 octobre 2010) :

  • une zone de sismicité 1 où il n’y a pas de prescription parasismique particulière pour les bâtiments à risque normal (l’aléa sismique associé à cette zone est qualifié de très faible),
  • quatre zones de sismicité 2 à 5, où les règles de construction parasismique sont applicables aux nouveaux bâtiments, et aux bâtiments anciens dans des conditions particulières.

zonage_2010_1-df48a.jpgNouveau zonage sismique de la France (entrée en vigueur le 1er mai 2011)
Zonage sismique de la France d’après l’annexe des articles R563-1 à R563-8 du Code de l’Environnement modifiés par les Décret no 2010-1254 et no 2010-1255 du 22 octobre 2010 ainsi que par l’Arrêté du 22 octobre 2010.

Pour connaitre la zone de sismicité de votre commune, consultez le Décret no 2010-1255 du 22 octobre 2010 portant sur la délimitation des zones de sismicité du territoire français.

Les nouvelles règles de construction parasismiques ainsi que le nouveau zonage sismique (qui modifient les articles 563-1 à 8 du Code de l’Environnement) entreront en vigueur à compter du 1er mai 2011. Jusqu’à cette date, le zonage en vigueur demeure le zonage divisant la France zones de sismicité 0, Ia, Ib, II et III tel qu’illustré ci-dessous.



Zonage1991-e1893.jpgZonage sismique en vigueur jusqu’au 1er mai 2011
Zonage sismique de la France d’après l’annexe des articles R563-1 à R563-8 du Code de l’Environnement.

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