Syrie : Des massacres « préparés » pour torpiller le processus politique  

 

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Le scénario qui se déroule en Syrie est devenu un classique que mérite d'être enseigné dans les écoles de sciences politiques. A la veille de chaque échéance susceptible de faire avancer le processus de règlement politique, les groupes extrémistes terroristes, financés, armés et manipulés par les États-Unis via leurs agents du Golfe et la Turquie, provoquent une flambée de violence. Bénéficiant ensuite d'une couverture médiatique planétaire, ils provoquent un tapage d'enfer, destiné à imposer leur propre agenda. Depuis des mois que cela dure, leur objectif n'ont jamais été atteint. Mais cela ne les empêche pas de réessayer encore et encore... 

Heureux hasard du calendrier, les nouveaux massacres imputés aux forces gouvernementales ont eu lieu à la veille de l'arrivée à Damas de l'émissaire international Kofi Annan, dont la visite avait été annoncée en premier lieu par le président Bachar al-Assad, dans une interview accordée il y a deux semaines à la télévision russe Rossia 24. M. Assad avait affirmé qu'il poserait des questions à M. Annan sur le fait que les violences commises par les extrémistes sont systématiquement passées sous silence. L'émissaire de l'Onu était censé examiner les moyens de mettre en œuvre la deuxième phase de son plan en six points, qui consiste à mettre sur les rails la solution politique, basée sur le dialogue. Un dialogue que le Conseil national syrien (dont il ne reste plus grand chose après la démission de son chef Burhane Ghalioun) et l'Armée « syrienne » libre (ASL), la milice auxiliaire des services de renseignements turcs, de la CIA et des pays du Golfe, n'ont jamais officiellement accepté, pas plus que le plan Annan. 

Les officines de l'opposition commencent tout à coup à évoquer la situation à Houla, parlant de « massacres perpétrés par les forces gouvernementales ». Les images de corps ensanglantés et meurtris sont diffusés sur les médias du réseau planétaire. Pour des militants « bombardés au canon de tank et à l'artillerie et pourchassés par les troupes du régime », on remarquera qu'ils ont eu le temps de filmer les corps tranquillement. Les indignations fusent de toutes parts, les condamnations aussi. Le ministre britannique des Affaires étrangères, William Hague, annonce que son pays projetait de saisir le Conseil de sécurité de l'Onu. L'ASL affirme ne plus être engagée par le plan Annan (qu'elle n'a toujours pas officiellement accepté) et envoie « en enfer » l'initiative de l'émissaire international. 

Les observateurs internationaux se rendent à Houla (au Nord d'Alep) et constatent l'ampleur de la tragédie : au moins 32 enfants de moins de dix ans morts et 60 adultes. Le chef des observateurs, Robert Mood, fait une déclaration dans laquelle on peut retenir une phrase très significative : « Ceux qui ont provoqué ces violences, ceux qui ont riposté et ceux qui sont responsables... ». Le général norvégien parle donc de provocation. 

La version du gouvernement syrien, que personne ne prendra la peine de diffuser, est la suivante : des groupes extrémistes armés de mortiers et de missiles antichars ont attaqué les troupes régulières qui ont riposté. Les terroristes ont ensuite commis les massacres pour provoquer l'exode des habitants (qui a effectivement eu lieu) pour faire assumer aux troupes régulières la responsabilités de ces atrocités. 

Le gouvernement syrien avait fait état de deux autres massacres commis dans les localités de Taldou et de Choumariya, où « des groupes d'Al-Qaïda » ont massacré les membres de deux familles, 18 personnes au total. 

Le ministre des Affaires étrangère, Walid Moallem, a contacté M. Annan pour lui expliquer la réalité des faits, rapportés en détail par le porte-parole du ministère, Jihad Makdessi. Mais les médias internationaux ont-ils des yeux et des oreilles autre que pour les officines de l'opposition, financées par les grandes démocraties wahhabites du Golfe ? 

La tendance au Liban 

Tripoli, Akkar : affaiblir l'armée pour édifier un émirat islamique 

Les récents incidents du Liban-Nord visent à « confessionnaliser » la sécurité, en présentant l'armée comme une institution proche des chrétiens et du 8-Mars, la Sûreté générale comme une institution sous le contrôle du Hezbollah, et les Forces de sécurité intérieure (FSI) aux mains du Courant du futur, et donc des sunnites. Les développements qui ont secoué le Nord prouvent l'existence d'une plan secret destiné à vider cette région du pays de toute force de sécurité non sunnite, pour laisser la voie libre aux courants extrémistes, alliés à l'opposition syrienne, elle-même noyauté et manipulée par Al-Qaïda, comme le reconnait le secrétaire général de l'Onu, Ban Ki-moon. 

Diverses sources de sécurité libanaises précisent que les derniers événements se préparaient depuis quelque temps, et ne peuvent être séparés de l'installation de la tente du sit-in, place al-Nour, offerte par le prédicateur salafiste Omar Bacri avant l'arrestation de Chadi Mawlaoui. Les salafistes prévoyaient donc d'organiser ce sit-in en soutien aux 350 islamistes emprisonnés sans jugement. Ces groupes extrémistes ont poussé leurs partisans à se déployer à Tripoli et à édifier des barricades, créant ainsi une sorte de nouvelle ligne de démarcation. En quelques heures, le chef-lieu du Nord a failli s'embraser, car des forces hostiles au courant islamiste, toutes proches du 8-Mars et hostiles à l'opposition syrienne, ont à leur tour menacé de se déployer dans la ville. Il s'agit notamment des membres du Parti de la libération arabe (partisans du ministre Fayçal Karamé), ceux du Mouvement de l'Unification islamique, du Parti syrien national social et du Front d'action islamique, dont les principales figures à Tripoli sont les cheikhs Bilal Chaabane et Hicham Minkara. 

La remise en liberté de Chadi Mawlaoui est sans doute un signal négatif. Elle prouve que pour préserver le calme, il a fallu sacrifier le prestige de l'État, qui ne ressort pas grandi de cette affaire. 

Entre l'arrestation de Mawlaoui et la mort de cheikh Ahmed Abdel Wahed et de son compagnon, tués car ils refusaient de s'arrêter à un barrage de l'armée dans le Akkar, et la réaction violente des islamistes du Liban-Nord, proches de l'opposition syrienne, l'Armée libanaise et la Sûreté générale ne pourront plus accomplir la moindre mission dans cette région. C'est tout le prestige de l'État qui en pâtit. Leur objectif est de livrer le Nord aux forces proches de l'opposition syrienne qui ne prennent plus la peine de cacher leurs armes. L'Armée libanaise, qui continuait à arrêter des voitures bourrées d'armes ou même des navires, ne peut plus agir dans toute cette zone avec autant d'efficacité si elle n'obtient pas une couverture politique totale. L'équation qu'ils (l'alliance obscure 14-Mars/ASL/wahhabites) tentent d'instituer est basée sur le postulat suivant : les sunnites ont leur région forte, le Liban-Nord, face à la banlieue sud des chiites. Et tout comme les services de sécurité n'ont pas pu arrêter les personnes réclamées par le Tribunal international, les islamistes arrêtés doivent aussi être relâchés et Mawlaoui n'est que le début de la série. 

Mais la comparaison n'a pas lieu d'être, car les armes de la banlieue sud sont dirigés contre Israël, qui a goûté à la défaite grâce à elles. Alors que l'arsenal du Nord n'a aucune cause à part celle du fanatisme religieux et de l'extrémisme, et n'a aucun projet à part l'édification d'un émirat islamique. 

Déclarations et prises de positions 

  • Michel Sleiman, président de la République libanaise
« Je compte adresser à toutes les parties des messages écrits en vue d'une reprise du dialogue national au cours de la deuxième semaine de juin prochain. Ceux qui ont des observations à ce sujet sont appelés à me les communiquer. Les composantes du dialogue ne sont pas celles du gouvernement. Et si d'aucuns ont une réserve au sujet du gouvernement, ils auront une compensation à la table de dialogue. C'est pourquoi il ne faut pas lier ces deux choses et je souhaite que le 14 Mars prenne part au dialogue sans conditions. Le gouvernement ne peut pas être démis ipso facto. Ou son président démissionne, ou il s'effrite ou alors la confiance parlementaire lui est retirée. Les points qui doivent être débattus lors des réunions du dialogue sont la stratégie défensive et le statut des armes en trois volets : premièrement, il s'agira de répondre à la question de savoir où, quand, pourquoi et comment utiliser les armes de la Résistance ; deuxièmement, la question des armes palestiniennes à l'intérieur et à l'extérieur des camps ; et troisièmement, le retrait des armes qui prolifèrent dans les villes et les villages. Le peuple ne désire-t-il pas que ces points soient discutés ? Si oui, il faut qu'il fasse pression sur ses leaders politiques. Il ne saurait être question de modifier la position officielle du Liban consistant à rester à l'écart de la crise syrienne. Le roi Abdallah d'Arabie saoudite n'est nullement opposé à ce positionnement du Liban. Je vais visiter prochainement les pays du Golfe pour discuter avec leurs dirigeants des appels lancés à leurs ressortissants à ne pas venir au Liban. La crise syrienne ne sera pas exportée au Liban et certaines retombées n'ont pas d'horizon politique. L'avenir du Liban est prometteur. Je suis certain que le prestige de l'armée ne sera pas touché quoi qu'il arrive. Ce qui garantit ce prestige, c'est comment se comportent l'armée, les services de sécurité et la justice. Al-Qaïda ne dispose pas d'un environnement propice au Liban. Je souhaite la rentrée à Beyrouth du chef de Saad Hariri, parce qu'il a un rôle efficace à jouer dans la rue libanaise. Il a parlé avec tout le monde lors des derniers événements et a joué un rôle positif. »
  • Béchara Raï, patriarche de l'Eglise maronite
« Les responsables libanais doivent se réunir à la table de dialogue, loin du langage des armes. Les Libanais sont invités à placer leur confiance dans l'État, dans l'armée, dans les institutions et les forces de l'ordre. Je joins ma voix à tous ceux qui appellent à la tenue d'un dialogue responsable. Personne d'autre que l'Armée libanaise ne peut nous protéger et sauvegarder l'État. Ce n'est pas à chaque fois que nous polémiquons sur un sujet donné qu'il faut revendiquer la démission du gouvernement, ou prendre d'assaut les rues pour y brûler des pneus. »
  • Michel Aoun, principal leader chrétien libanais (allié du Hezbollah)
« Il y a tentative de jumelage des événements en Syrie avec certains incidents au Liban afin de généraliser le chaos dans le pays et de pousser les Libanais au désespoir. Il ne fait pas de doute qu'Israël convoite notre terre et nos eaux. Ses visées s'étendent à la Syrie aussi. C'est ça le cœur du conflit. Le gouvernement est censé écarter tout danger du Liban mais l'équipe actuelle est défaillante. Il y a une implication libanaise dans les événements en Syrie, à travers les trafics d'armes et l'accueil d'hors-la-loi syriens au Liban (...) Lors du meeting du CPL le 5 mai, j'avais dit que la visite de Joseph Lieberman et de Jeffrey Feltman ensemble visait à transformer le Liban-Nord en zone tampon avec la Syrie. Ils cherchent à saper le prestige de l'armée à cette fin, pour instaurer la zone tampon que l'Onu n'arrive pas à imposer en Syrie. Voilà ce qu'ils sont en train de faire. L'incident du Akkar est donc artificiel, planifié à l'avance. Le prestige de l'armée reste entier et la troupe reste la seule force en laquelle nous avons confiance. Quant à ce climat de folie dans le Akkar, ceux qui sont en train de l'instaurer le paieront cher. Ce n'est pas une menace, mais ceux qui sont à l'origine de tout cela le paieront, ainsi que les hommes politiques qui sont avec eux. L'instant viendra, et il viendra bientôt, si ce n'est déjà fait, où tous les hommes politiques qui ont attaqué l'armée et se sont livrés à des provocations contre cette dernière seront bientôt relégués aux oubliettes du passé. Ce genre de mouvement se dégonfle rapidement : que personne ne se sente fort par leur biais. Le mieux qu'ils pourront faire, c'est à peine rester debout. »
Général Jean Kahwaji, commandant en chef de l'Armée libanaise
« Les militaires doivent faire attention à la vie des Libanais en menant leur mission de manière responsable. Les derniers événements survenus au Liban-Nord prouvent une fois de plus que tout le monde compte sur vous pour empêcher la sédition et imposer la stabilité. Les missions de défense et de sécurité sont complémentaires dans la préservation de la souveraineté de la nation et des intérêts du pays. Il n'est pas permis de mettre en danger la sécurité du citoyen, ses propriétés et sa dignité, encore moins d'exploiter le climat de démocratie et les libertés publiques dont jouit le Liban. Je crois que le vent de déstabilisation qui souffle sur la région risque d'ébranler les fondements de l'État et l'unité de la nation en s'en prenant à ses acquis et en remettant en cause son avenir. La troupe doit resserrer les rangs afin de faire face aux difficultés. Le découragement n'a pas sa place au sein de l'institution militaire. »
  • Samir Geagea, chef des Forces libanaises
« La solution à la crise serait que le gouvernement démissionne immédiatement et qu'il soit remplacé par un cabinet neutre. Il ne peut y avoir de dialogue en présence d'un gouvernement de confrontation. Le gouvernement a besoin d'un dialogue entre ses membres avant tout autre dialogue avec les autres dirigeants. Le régime syrien s'affaiblit chaque jour un peu plus. Le Hezbollah et le Courant patriotique libre cherchent à tout prix à sauver le régime de Bachar el-Assad, même au détriment du Liban et de ses relations avec les pays arabes. »

Revue de presse 

As Safir (Quotidien libanais proche de la majorité, 25 mai 2012) 
Imad Marmal 

L'Armée libanaise sent depuis quelque temps que certains veulent l'entrainer dans la rue pleine de mines confessionnelles, sectaires et politiques, pour l'impliquer dans une aventure absurde et coûteuse et lui faire payer le prix des divergence autour de la crise syrienne et des armes du Hezbollah. Le commandement de l'armée, qui a très vite compris ce qui se passait, tente autant que possible d'éviter de tomber dans les pièges qui lui sont tendus. Il est clair pour le commandement que la classe politique, y compris certains hauts responsables officiels, n'hésitent plus à utiliser un discours de plus en plus sectaire pour faire plaisir à leurs bases populaires. Désormais, ce sont les politiciens qui suivent la rue et non pas le contraire, sans qu'ils prennent en compte les répercussions nationales et sécuritaires de tels agissements. 

Aussi, l'institution militaire estime que la sécurité intérieure a toujours été et restera une décision politique en premier lieu. Si cette décision existe, l'armée peut frapper d'une main de fer et contrôler le terrain d'une manière efficace. Et sans « sécurité politique », aucune armée au monde ne peut accomplir ses tâches convenablement. 

Le commandement de l'armée assure, dans ce contexte, que ce n'est pas vrai que les leaders politiques ont retiré leur couverture aux miliciens et hommes armés. Ceux-ci sont encore sur le terrain et jouissent de toute sorte de protection et d'immunité. Le commandement est convaincu que chaque groupe armé à Tripoli, par exemple, dispose d'un parrainage direct ou indirect de telle ou telle personnalité influente. Preuve en est les pressions officielles et politiques exercées pour faire libérer Chadi Mawlaoui, au détriment du prestige de la justice et des services de sécurité. Prenant en compte ces réalités, le commandement refuse de transformer l'institution militaire en bouc émissaire en prévision de son expulsion de l'équation nationale. S'il est vrai que les hommes politiques sont attachés à son rôle, pourquoi ne demandent-ils pas à leurs partisans de ne plus descendre dans les rues et de ne plus utiliser leurs armes. L'armée a défini clairement les limites de son action en cette période : « Notre devoir est de protéger la stabilité politique lorsqu'elle existe. Mais ce n'est pas à nous de créer cette stabilité et nous ne pouvons pas remplacer l'absence d'une telle stabilité. Nous n'accepterons pas d'être les victimes de son absence. Aussi, la prudence dont l'armée fait preuve n'est pas un signe de faiblesse mais de responsabilité pour éviter que l'institution militaire soit la victime des conflits politiques ». 

As Safir (24 mai 2012) 
Marlène Khalifé 

Dans son message, au président Michel Sleiman, le roi Abdallah Ben Abdel Aziz a exprimé la préoccupation de l'Arabie saoudite vis-à-vis de la situation au Liban, de l'équilibre entre ses différentes composantes et de la reprise du dialogue entre les formations libanaise, qui constitue le garant de la stabilité dans l'avenir. Le roi d'Arabie saoudite a, en outre, fait état de sa profonde confiance en la personne du chef de l'État consensuel, Michel Sleiman. Il l'a dans ce cadre appelé à prémunir le Liban contre les clivages qui pourraient torpiller la stabilité et la paix civile au sein du pays. 

En dépit du ton cordial et amical adopté dans le message, le roi ne s'est pas réservé de souligner que l'Arabie saoudite suit avec une « grande inquiétude » les évènements à Tripoli, d'autant plus que « l'une des principales communautés qui composent le tissu social libanais y est visée ». Ceci laisse entendre que « la monarchie ne se départira pas de son rôle de protecteur des musulmans », plus particulièrement, des sunnites au Liban. Le roi Abdallah a également ajouté dans son message qu'il est important pour le président libanais de distancier le Liban des conflits externes. 

Cependant, contrairement à la position prise par les autres pays du Golfe, le message du roi saoudien ne s'est pas adressé aux ressortissants saoudiens leurs conseillant de quitter les territoires libanais. En effet, l'Ambassadeur saoudien au Liban, Ali Awad El-Assiri, a rassuré les Saoudiens au Liban, à travers ses déclarations quotidiennes à la presse et aux médias, afin de faire savoir que le Liban n'est pas une poche de tension, et que les touristes n'y sont pas visés par les dissensions internes. C'est dire combien l'Arabie saoudite est soucieuse de préserver le dynamisme de la saison touristique au Liban et de ne pas resserrer l'étau sur son activité économique. Dans ce contexte, le message saoudien a mis l'accent sur l'importance de cerner les conflits internes et de retourner à la table du dialogue en vue de faire prévaloir l'intérêt du Liban et de restaurer la stabilité. 

As Safir (24 mai 2012) 
Nabil Haitham 

Selon un ténor de la majorité, le rapt des Libanais à Alep, à leur retour d'un pèlerinage en Iran, a apporté une lueur d'espoir aux Libanais. D'abord, le Hezbollah et le Mouvement Amal, en particulier Hassan Nasrallah, ont fait preuve d'une grande capacité de contenir la colère de la rue et d'empêcher tout débordement. Ensuite, l'initiative prise par Saad Hariri de contacter Nabih Berry, après une logue période de rupture, en vue de condamner l'opération d'enlèvement. Cependant, renchérit la source de la majorité, cette lueur d'espoir, ne portera ses fruits que si elle sera doublée d'actes tangibles visant à rétablir les liens entre les différentes formations politiques. 

Selon la même source l'enlèvement des libanais a permis de constater ce qui suit : 

- Il existe de nombreux points de similitude entre le bus des pèlerins et le bus de Aïn el-Remmané, qui fut l'étincelle de la guerre civile au Liban. 

- Les groupes armés en Syrie qui prétendent aspirer aux réformes et à la liberté ne sont que des brigands qui prennent pour cible des femmes et des citoyens désarmés. 

- L'incident a mis les alliés de l'opposition syrienne au Liban dans une situation embarrassante. 

- Il y a une crainte d'une tentative de transmettre le conflit sectaire de la Syrie au Liban. 

- Le régime d'Assad tient toujours les leviers de commande, et l'opposition est en voie d'effritement, ce qui portera les acteurs régionaux et internationaux à changer leur approche vis-à-vis de la crise syrienne. 

- La politique de dissociation est la meilleure formule pour le Liban. Dans ce cadre, la même source a souligné que le roi saoudien, dans son message au président Sleiman, a encouragé le retour à la table du dialogue, exprimant en outre la nécessité pour le Liban de se mettre à l'écart des conflits externes. 

As Safir (23 mai 2012) 
Denise Atallah Haddad 

Les incidents du Liban-Nord, de Beyrouth et d'autres régions, ont réveillé les démons de la discorde et de la guerre. La première réaction des chrétiens a été de se replier sur leurs peurs originelle. Mais ils sont revenus très vite à leurs dissensions et à leurs alliances. Pouvait-on espérer qu'ils réaliseraient la gravité du danger de miner l'idée de l'Etat ? 

Un homme politique du Nord regrette l'absence de toute possibilité de dialogue entre les leaders chrétiens afin d'aboutir à des dénominateurs communs. 

Une source ecclésiastique maronite estime que les dissensions interchrétiennes dépassent le cadre de la diversité et du pluralisme qui sont d'ailleurs souhaités. Les divisions sont devenues tellement profondes que les chefs chrétiens en ont perdu leur boussole. Chaque camp défend « aveuglément » son allié musulman, à tort ou à raison. Les dénominateurs communs qui devraient cristalliser des constantes indiscutables sont tombés. 

Et l'évêque de poursuivre : « Les récents incidents ont ravivé les nouvelles-vieilles angoisses. Ils ont montré à quel point notre situation est fragile. Tous sont responsables de cette situation, personne ne peut prétendre à l'innocence. Autant les chrétiens que les musulmans sont moralement responsables. Nous partageons tous l'échec dans l'édification d'une patrie et d'un Etat. Nous avons entendu beaucoup de critiques sur les hommes barbus, les abaya. Mais les gens ont le droit d'exprimer par leur apparence extérieure et leurs tenues vestimentaires leurs croyances. En revanche, l'extrémisme et le fondamentalisme constituent une source d'inquiétude pour nous et pour les autres modérés. Mais ce qui fait le plus peur aux chrétiens, c'est l'apparition et l'utilisation des armes, les accusations lancées contre l'Armée libanaise et les appels à l'expulsion de la troupe de certaines régions. Ces propos sont inacceptables et contribuent à instaurer une animosité avec l'idée de l'Etat et de ses institutions. » 

Qu'un évêque prenne la défense de l'institution militaire n'est pas surprenant et s'inscrit dans une logique historique. Mais tout en défendant l'armée, l'évêque critique les agissements des hommes politiques chrétiens qui ont été, selon lui, « incapables de développer un discours national et de prendre du recul pour jouer le rôle de médiateur entre les protagonistes. » 

As Safir (22 mai 2012) 
Imad Marmal 

Le paysage qui s'est offert aux observateurs à Beyrouth, dimanche 20 mai, était surréaliste : des hommes encagoulés barrant les routes entre un poste de l'armée et une caserne des Forces de sécurité intérieur à Verdun, alors que les rues de la capitale connaissaient une situation chaotique qui aurait pu provoquer des accrochages si les partis du 8-Mars n'avaient pas pris la décision d'éviter d'être entrainés dans un conflit sunnite-chiite. 

Commentant les événements des derniers jours, le président du Parlement Nabih Berry a estimé que ce sont les armes absurdes, utilisées dans des combats de rues pour effrayer les gens, qui menacent la paix civile, et non celles de la Résistance, dirigées vers Israël. 

M. Berry déclare que les événements de Akkar et de Tarik Jédidé lui ont montré la pertinence de son appel à réunir la table du dialogue. Et si le dialogue avait repris, il aurait été possible d'éviter ce qui s'est produit ensuite. 

Le fait que Saad Hariri et le Courant du Futur aient tenté de prendre leur distance (virtuelle) avec les groupes armés qui ont semé le désordre, signifie deux choses : 

Hariri a perdu le contrôle sur sa rue et il est tellement affaibli qu'il n'a plus le pouvoir de faire ouvrir une route bloquées ou de faire cesser le feu. Les groupes islamistes sont devenus des partenaires dans la décision sur le terrain, comme cela est apparu à Tripoli, dernièrement. Les défenseurs de cette thèse soulignent à cet égard que Hariri pourraient subir le même sort que les Etats-Unis et l'Arabie saoudite, qui ont créé Al-Qaïda pour combattre l'Union soviétique, avant qu'ils ne deviennent les victimes de cette organisation. 

Deuxième possibilité, Hariri a couvert ces événements pour réaliser trois buts : 1- établir une sorte d'équilibre avec les armes du Hezbollah, en instituant l'équation suivante : les armes de la banlieue sud contre celles du Liban-Nord. 2-Accentuer les pressions sur le Premier ministre Najib Mikati pour qu'il apparaisse faible et incapable devant les gens. 3-Adresser un message à l'armée afin qu'elle change son attitude sur le terrain, concernant la crise syrienne. 

An Nahar (Quotidien libanais proche du 14-Mars, 25 mai 2012) 
Paris, Samir Tuéni 

Le chef de la diplomatie française, Laurent Fabius, s'est dit inquiet de voir la crise syrienne être importée au Liban. « Nous suivons avec une vive inquiétude les conséquences du drame syrien sur le Liban. Nous espérons que ces crispations s'apaiseront et que le drame syrien ne contaminera pas le Liban ». 

Laurent Fabius a indiqué que le président russe visitera Paris le 1er juin prochain, il sera accompagné du ministre russe des Affaires étrangères, Serguei Lavrov. « Durant la visite, notre rencontre qui sera utile, nous discuterons de toute les questions, y compris certainement de la question syrienne, vu le danger que représente ce dossier, ainsi que des positions russes de ce dossier, de la mission de l'émissaire des Nations Unies et de la Ligue Arabe, Kofi Annan, et des autres initiatives relatives à ce dossier. Les discussions seront certainement utiles ». 

Il a ajouté que la date de la Conférence des Amis de la Syrie qui devrait avoir lieu en France, n'a pas encore été fixée « parce que j'espère prendre bientôt contact directement avec Annan, avant de procéder à l'analyse de la situation. Il est souhaitable de tenir une conférence en vue d'avancer sur ce dossier », a-t-il conclu. 

Pour sa part, le porte-parole du Quai d'Orsay, Bernard Valero a déclaré que la France se tient aux côtés des autorités libanaises dans leur volonté d'apaiser les tensions et de sauvegarder la paix civile. Il a salué le discours responsable tenu par les dirigeants libanais qui ont aussitôt adressé des messages afin de calmer le peuple libanais. La déclaration a été faite à l'issue de l'enlèvement des pèlerins libanais chiites en Syrie. 

Des sources françaises ont exprimé leur préoccupation de l'escalade de l'instabilité au Liban depuis une semaine, faisant état de la conviction grandissante de la France quant au rôle joué par la Syrie dans la déstabilisation de ce pays. Les mêmes sources considèrent que le régime a tenté de profiter de cette situation pour faire passer des messages à la communauté internationale et aux acteurs régionaux, de donner un caractère confessionnel au conflit interne et de mettre l'accent sur ses dimensions régionales. 

Le régime syrien serait en train de bouger ses pions sur la scène libanaise, après avoir perdu l'influence qu'il exerçait ces dernières années sur son allié le Hezbollah. Dernièrement, le Hezbollah a fait preuve d'une grande retenue face aux développements, en dépit du fait qu'il a perdu une partie de son ascendance sur la rue chiite. Ceci s'est constaté quant le Hezbollah a affiché une position neutre lorsque des éléments du Courant du futur sont intervenus à Tarik Jdidé pour faire échec à un plan entrepris par des groupes inféodés au régime syrien, visant à prendre le contrôle du quartier. 

Face à la montée du rôle des organisations islamiques au sein de la communauté sunnite, le Courant du futur est appelé à faire face aux changements majeurs survenus et qui ont semé la confusion parmi les modérés et les extrémistes sunnites. En contrepartie, La position du Premier ministre Najib Mikati qui tente de contenir l'ire de sa communauté devient de plus en plus difficile et compliquée. 

An Nahar (25 mai 2012) 
Mazen Hayek 

Les évènements sanglants qui ont secoué le Liban ces derniers jours sont plus violents et plus dangereux que le coup d'Etat du Hezbollah à Beyrouth le 7 mai 2008. Ces incidents ont porté au grand jour une nouvelle facette fondamentaliste et sectaire, bien financée et armée, qui fera contrepoids au Hezbollah, par ses extensions idéologiques et ses liens régionaux, et qui mettra le Liban face à une équation fatale, où les Libanais seront appelés à choisir entre le dangereux et le plus dangereux. 

Face à l'effritement de l'Etat, toutes les composantes de la catastrophe sont combinées pour faire brandir le spectre d'une nouvelle guerre. Mais à la différence des guerres passées, cette fois aucun médiateur, parrain ou filet de sécurité ne se profile à l'horizon, et c'est la dimension sectaire qui vient supplanter le facteur confessionnel, avec tous ses résidus historiques, ses extensions idéologiques, ses liens régionaux, et ses influences géographiques. Autant de facteurs qui élèvent donc le risque de l'éruption d'une nouvelle guerre au Liban. Y aurait-t-il quelqu'un qui considère que la force des armes et les séismes régionaux pourraient être bénéfique ? Y aurait-t-il un politicien sage et modéré qui considère qu'un rôle lui sera réservé face à la montée de l'extrémisme ? Le dialogue, les concessions mutuelles, ne seraient-ils pas le meilleur moyen pour parvenir à des ententes, qui, même si ne seront pas à la hauteur de nos aspirations, seraient moins coûteuses que le prix à payer dans une guerre ? 

An Nahar (24 mai 2012) 
Rosanna Bou Mouncef 

Les événements des dix derniers jours à Tripoli, au Akkar et à Beyrouth sont une source de vive inquiétude. Le député Walid Joumblatt espère un dialogue entre les principaux acteurs, notamment entre le président Nabih Berry et le Hezbollah d'une part, et le président Saad Hariri d'autre part. Le [r2sident du pqrti socialiste progressiste (PSP) appelle de ses vœux un dialogue conduit par le président de la République Michel Sleiman, mais reconnaît que ce ne sera pas de toute facilité, en attendant que les parties concernées soient convaincues du fait que tous les sujets sans exception doivent être mis sur la table. Il n'approuve pas l'appel du 14-Mars à la démission du gouvernement. Selon lui, en effet, ce gouvernement est irremplaçable à l'heure actuelle, et il y a donc tout lieu de craindre un vide en l'absence de tout accord sur un substitut, à moins qu'un dialogue entre les parties concernées ne conduise à un nouveau gouvernement. Selon lui, un accord minimum doit être mis en place à l'heure actuelle, portant sur l'organisation du différend ayant pour objet la crise syrienne, en dépit des points de vue divergents. 

Al Akhbar (Quotidien libanais proche de la majorité, 25 mai 2012) 
Hassan Olleik 

L'affrontement dû à une affaire de cœur à Hamra, mercredi soir, a duré huit heures et a fait deux morts et dix blessés. La folie ne s'arrête pas là. Un des morts et une des personnes arrêtées étaient des activistes dans les rangs d'Al-Qaïda. La première surprise vient du nom de la personne arrêtée : Hani el-Chanti. Elément important de la « cellule des 13 », liée à Abou Massaab Zerquaoui et qui était dirigée par l'ancien émir d'Al-Qaïda en Syrie, le Libanais Hassan Nabaa. Un autre membre de ce groupe, le saoudien Fayçal Akbar, avait avoué être impliqué dans l'assassinat de l'ancien Premier ministre Rafic Hariri, au niveau de la planification et de l'exécution. C'était aux premiers jours de 2006. Puis en présence d'enquêteurs de la section des renseignements des FSI, il s'était rétracté et avait changé sa déposition pour des raisons qui restent inconnues. El-Chanti est l'un des plus proches amis de Khaled Taha, qui seraient impliqué dans la disparition d'Ahmad Abou Adas, le jeune palestinien qui a revendiqué l'attentat contre Hariri. El-Chanti a passé cinq années en prison. Dès qu'il a été blessé dans l'accrochage et arrêté par l'armée, mercredi, il a décliné son identité. Lors de l'interrogatoire préliminaire, il a raconté qu'il avait fait de la prison pour terrorisme. Les militaires ont senti une poussée d'adrénaline et ont appelé des renforts « qualitatifs », puis ont pris d'assaut l'appartement où étaient retranchés les hommes armés. Ils y ont découvert un Syrien appelé Yaman Mounzer Sleimani, né en 1984. Il y a quatre ans, ce dernier avait été arrêté au Liban pour falsification de passeports. Le jeune homme avait des liens avec Al-Qaïda. Il avait été recruté en 2007 par un adjoint du cheikh syrien Mahmoud Ghoul Aghassi, qui avait été assassiné devant sa mosquée à Alep la même année. Cette année-là, le nom de Sleimani était apparu dans l'affaire d'un groupe tchétchène affilié à Al-Qaïda dans un Etat du Golfe. Il avait été arrêté, interrogé, jugé, puis libéré le 21 décembre 2008. Cependant, il n'a pas été expulsé. Personne ne sait pourquoi. 

Al Akhbar (24 mai 2012) 

L'Arabie saoudite envisage de rappeler son ambassadeur à Beyrouth et de nommer un autre diplomate à sa place. Ali Awad el-Assiri a, semble-t-il, accompli la tâche pour laquelle il était venu au Liban : mobiliser les mouvements salafistes. Quelqu'un d'autre doit en exploiter les résultats. Le Royaume a semé le salafisme au Liban et le temps de la récolte est venu. 

Al Akhbar (24 mai 2012) 
Jean Aziz 

Les chrétiens de l'opposition ont toujours cru qu'un inconnu tenterait d'assassiner un de leurs ténors. Mais ils n'auraient jamais imaginé qu'ils seraient assassinés tous par un allié. Voilà dans quelle situation ils se trouvent ces jours-ci. Preuve en est leur silence éloquent et la distance qu'ils ont pris des développements graves qui ont frappé de plein fouet les slogans et les discours sur lesquels ils misaient beaucoup. 

Ce qu'il y a de pire dans l'assassinat des chrétiens de l'opposition, c'est qu'il a été commis par des tirs amis ; qu'il a eu lieu dans un timing qui a fait beaucoup de dégâts ; enfin, qu'il s'agissait d'un assassinat collectif, qui a touché toutes leurs composantes. 

Il suffit de se remémorer les slogans électoraux brandis par les chrétiens de l'opposition à la face de leurs adversaires, et vérifier ce qu'il en reste aujourd'hui, pour réaliser à quel point ils sont dans l'embarras. Le premier slogan concerne la Syrie. Ils ont mobilisé autour du refus de la tutelle syrienne, accusé Damas de continuer à tenir les rênes politiques et sécuritaires au Liban, et ont assuré que les aiguilles de la montre ne reculeront pas ... Aujourd'hui, leur principal allié, le Courant du futur, vit en symbiose avec les « révolutionnaires de Burhane Ghalioun ». La Syrie sombre dans une guerre civile absurde, marquée par des actes terroristes et du sang qui coule à flot. Brandir la menace du régime syrien pour faire peur aux chrétiens est terminé. 

Autre slogan exploité pendant des années pour effrayer les chrétiens est celui des armes du Hezbollah, du projet du parti, de la Wilayat al-Faqih, du croissant chiite, du rattachement à I'Iran... Subitement, et en l'espace de quelques jours, les alliés des chrétiens de l'opposition ont montré une image pire, à Tarik Jdidé, Verdun, Kandahar-Tripoli, Tora Bora-Akkar : chaos, désordre, armes. La rue chrétienne proche de l'opposition a été choquée par ces scènes. Comment peut-on encore leur faire peur avec les armes du Hezbollah, qui n'apparaissent que sur quelques clips d'al-Manar, après ce qu'ils ont vu chez leurs alliés ? 

Al-Joumhouria (Quotidien libanais proche du 14-Mars) 
Paris, Georges Sassine 

Les milieux dirigeants en Europe ont perdu espoir de voir la Russie changer de position sur le dossier syrien, et ont commencé une autocritique qui englobe des aspects de la propagande politique. Certains centres de décision en Europe ont été atteints de déprime après l'annonce de la composition du nouveau gouvernement russe, surtout que Sergueï Lavrov reste à la tête du ministère des Affaires étrangères. Les Européens sont maintenant convaincus et résignés qu'aucun changement dans les stratégies de Moscou est possible, dans les dossiers syrien, irakien et iranien. 

Les milieux européens qui procèdent à une autocritique ne sont pas surpris pas cet état de déprime, car il est dû à des positions idéologiques qui priment sur les considérations stratégiques lesquelles dictent l'attitude de la Russie. Surtout que Moscou a une grande expérience dans la confrontation avec les groupes extrémistes en Tchétchénie, en Afghanistan, du temps de l'Union soviétique, lorsqu'Al-Qaïda était considérée comme un bras exécutant la politique des Etats-Unis. 

Par ailleurs, les positions européennes étaient bâties sur des conclusions erronées, présentées par des experts qui ont procédé à une mauvaise lecture. Ils ont ainsi minimisé le rôle de la Syrie sur l'échiquier régional et international ; ils ont estimé que l'alliance russo-syrienne est une relation passagère entre deux oligarchies ; que les Syriens n'apprécient pas les Russes ; ils ont travaillé sur le slogan que les Russes participent au massacre du peuple syrien ; ils disaient que Vladimir Poutine est induit en erreur par Bachar al-Assad ; que le port de Tartous n'a pas de réelle importance stratégique. 

Mais les positions de la Russie étaient dictées par de toutes autres considérations. Moscou refuse d'une manière catégorique, dorénavant, que des régimes hostiles à l'Occident soient renversés de force. De même que la relation militaire entre la Russie et Damas est très ancienne. Les trois-quarts des dirigeants militaires syriens parlent le russe, qu'ils ont appris en Union soviétique ou dans les anciennes Républiques soviétiques. Ensuite, cent mille russes sont installés en Syrie et ils transmettent à leur pays les vraies informations sur ce qui se passe. Aussi, il est difficile pour le commandement syrien de fournir des données erronées à son allié. Enfin, Tartous est le dernier et seul port d'attache pour la flotte russe en Méditerranée.

Source: Réseau Voltaire

Tag(s) : #Politique internationale
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