Wikistrike

Wikistrike

Rien ni personne n'est supérieur à la vérité

Témoignage de l'authenticité des inscriptions de Glozel

Publié par wikistrike.over-blog.com sur 18 Mars 2011, 15:34pm

Catégories : #Les anciennes écritures

Un témoignage de l’authenticité des inscriptions de Glozel



Le lieu sacré de Glozel
Fig.1a Inscription sur une omoplate avec le nom P(e)rti (cf. Fig. 1b)

Dans les années 1924 – 1928, on détecte dans le champ de Glozel, un hameau près de Vichy, France, presque 3000 objets anciens en os, en terre cuite et en pierre, dont à peu près 250 sont munis de signes étranges et inconnus.
Sur le 'Champ des Morts', comme il est appelé, se trouve 'le lieu sacré de Glozel'. – Ce qu’on peut lire aujourd’hui sur une tablette comme nemu Chlausei, comparable au gaulois nemeton, 'lieu sacré', et au languedocien clausèl, 'petit enclos' (Fig. 7). C’était le sanctuaire avec les tombes, situé sur une terrasse justement au-dessus du ruisseau le Vareille. L’endroit était entouré de buissons et d’arbres, et les pèlerins y apportaient leurs offrandes votives et leurs inscriptions dédiées aux divinités.
A côté du sanctuaire, une source jaillit (d’après 'L’énigme de Glozel' par A. Audollent, 1927). Sur ce constat on peut suggérer que les pèlerins espéraient recevoir une guérison par l'eau de cette source. C’est précisément là qu’a été découverte une omoplate, 'vidée de sa moelle osseuse comme si on avait voulu en faire un récipient' (d’après le texte sur une carte postale) et contenant une inscription P(e)rti (Fig. 1a). Ce nom se laisse comparer avec Perta, une divinité gauloise de la source Le Peïroou près d'Uchaud, Dept. Gard, France. Y a-t-il ici matière à considérer que Glozel représentait également un sanctuaire de source en l'honneur de la divinité Perta?

L’énigme de Glozel

En 1927, Auguste AUDOLLENT décrit les circonstances de l’endroit des fouilles de Glozel et il mentionne la présence de la source au 'Champ des Morts':
’A 23 km au Sud-Est de Vichy, dans la commune de Ferrières-sur-Sichon, se trouve le petit hameau dont je viens d'écrire le nom (de Glozel). Quelques maisons le composent, situées en haut d'une pente rapide, qui dévale vers le Vareille, ruisseau tributaire du Sichon, lui-même affluent de l'Allier. Dans un repli du terrain, vers le milieu de la pente, une source jaillit; elle se déverse dans ce ruisseau par un long émissaire. Un peu avant d'atteindre la rive gauche du Vareille, à 200 mètres plus bas, la pente s'adoucit en une sorte de terrasse et forme un champ long d'une quarantaine de mètres, large d'une quinzaine, il s'appelle 'Duranthon' ou les 'Duranthons', (aujourd’hui 'Champ des Morts'). C'est là qu'ont eu lieu des fouilles dont toute la presse a parlé l'été dernier, et qui ont provoqué à l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres une mémorable discussion entre les savants les plus réputés’ …

L’écriture de Glozel

Les inscriptions de Glozel sont basées sur un alphabet étrusque du Nord, apparenté à l’alphabet lépontique qui fut importé de la Gaule cisalpine en Gaule transalpine et ainsi à Glozel. Les graveurs de Glozel en créèrent l'alphabet primaire aux environs de 300 av. J.-C.
Avec des innovations propres aux signes de Glozel, ainsi que l’incorporation de certaines lettres et autres signes des alphabets latin, grec et étrusque, il résulte un alphabet développé, intitulé l'alphabet glozélique, vers 200 av. J.-C.
Les textes en corps d’écriture de Glozel devraient également contenir une langue locale gauloise, voire d’un dialecte proche gaulois où se retrouverait l’influence du lépontique.

La présence des inscriptions typiques et atypiques de Glozel

Divers experts considèrent jusqu’à nos jours les inscriptions de Glozel, partiellement ou dans leur ensemble, comme de notoires falsifications, pendant que pour d’autres spécialistes en la matière ces mêmes gravures sont tenues pour illisibles.
Cependant, quelques scientifiques osèrent s'attaquer à un déchiffrement dont les tentatives aboutirent à des résultats très différents, mais sans le succès espéré. En échange, aujourd’hui, certains linguistes conviennent d’une parenté de ces signes avec les textes en gaulois, voire vieux-celtique …

Les textes typiques de Glozel sont lisibles depuis le vieux-celtique

Mais, qui rédigeait de tels textes atypiques ou sans aucun sens?

Comme la présentation ci-dessus le démontre clairement, on peut distinguer depuis les inscriptions de Glozel des textes à la fois typiques et atypiques. Les textes typiques sont rédigés en écriture de Glozel et peuvent être déchiffrables à l’aide de la langue gauloise, voire vieux-celtique? Par contre, les textes atypiques, présents surtout sur os et tablettes d’argile, sont illisibles et incompréhensibles en raison de leur graphisme généralement irrégulier et maladroit, et (ou) parce qu’ils se distinguent par des signes étranges, en comparaison à l’écriture de Glozel. C’est ainsi que ces derniers ne laissent pas deviner de relation avec une écriture ou langue connue.
L’origine de ces textes atypiques ne laisse percer aucune explication satisfaisante ou abordable. Il pourait s’agir, par exemple, d’exercices d’écriture réalisés par des 'scribes celtes' sur lesquels pouvaient se trouver des textes maladroitement rédigés. Il peut s’agir, toutefois, d’autres textes mal rédigés par des personnes ayant pu arbitrairement recopier des signes vus sur des objets du sanctuaire tels qu’os et tablettes d’argile.
En raison des traces de vitrification, relevées sur quelques tablettes, certains experts suggéraient que des verriers, installés sur cet emplacement de Glozel au Moyen-Age vers le XIVe siècle, pouvaient être les auteurs de ces 'falsifications' insolites.

La plupart des gravures et signes se retrouve sous forme d’illustrations dans l’ouvrage 'Glozel - Corpus des inscriptions' (MORLET, 1978’). Quelques photographies sont tirées du livre 'Glozel - Les graveurs du silence' (LIRIS et al., 1994), reçues directement de R. Liris, à Vichy. D’autres clichés sont contenus dans les Actes du VIe et VIIe colloque international sur Glozel, Vichy, 'Mobilier en os et en ivoire / Tablettes à inscriptions' (GERMAIN, 2004, 2005).
Mais, il faut remarquer qu’un 'Corpus complet des inscriptions de Glozel avec du matériel photographique' n’existe malheureusement toujours pas à nos jours... ce qui rend difficile, voire impossible une lecture précise de certains textes. On ne peut, de fait, conclure que la totalité des inscriptions lisibles, et typiques, de Glozel soit délicate à recenser en raison d’un certain nombre de textes devant être qualifiés comme atypiques et 'nonsense artefacts'. Dans mon livre 'Der altkeltische Hintergrund der Inschriften von Glozel' (HITZ, 2007), les déchiffrages sont limités à 52 textes lisibles et typiques, à partir d’au minimum 250 inscriptions connues (Tab. 1).

inscriptions

 

substrat

typiques

(dont publiés

comme            lisibles)

atypiques

'nonsense'

total

Pierre

65                    (13)

10

75

urnes / vases

15                    (11)

0

15

Os

65                    (13)

30

95

tablettes

45                    (15)

20

65

Total

190                  (52)

60

250

Tab. 1 Distribution estimée des inscriptions typiques et atypiques de Glozel à l’aide de dessins et photographies

Les inscriptions de Glozel ont été déchiffrées à l’aide d’informations sur la grammaire gauloise et celtique ancien: DELAMARRE (2003) 'Dictionnaire de la langue gauloise', LAMBERT (2003) 'La Langue Gauloise – Description linguistique, commentaire d'inscriptions choisies', HOLDER (1896) 'Alt-Keltischer Sprachschatz. I – III' et STOKES (1894) 'Wortschatz der Keltischen Spracheinheit'.

Les inscriptions typiques sur os

Prti*
P(e)rti

(en l'honneur de la déesse de source)
Perta (?)

Pdoi*
P(a)doi

(pour) Pados

dilvi* Pad
Glistone
Sve

a figuré (?) Pados
(pour) Glistone Sve(ios).

*cf. Perta, déesse gaul. de la source chez Le Peïroou, près d’Uchaud, Dept. Gard, France.
*La désinence du dativ en -oi devrait représenter une forme gaul. ancienne.
*pt ê. un verbe dilvi (?), à comparer à irl. delb et ngall. delw 'figure', 'forme'.
Fig. 1b GLO-57.2
Fig. 2 GLO-67.7
Fig. 3 GLO-68.3
Les inscriptions atypiques sur os

GLO-38.3
(signes étranges)

VIe Colloque (GERMAIN, 2004, 128)
(signes étranges)

GF 309
(ductus irrégulier)

GLO-40.2
(ductus irrégulier)

Les inscriptions atypiques sur tablettes

GF 813
(signes étranges)

984 2 024
(ductus irrégulier)

984 2 027
(signes étranges)

GF 1008
(signes étranges)

GF 803
(ductus irrégulier)

GF 869
(signes étranges)

Les inscriptions typiques sur tablettes

Cuec
Unuttal*
olc(a)**
T(u)n L(i)ttaq***
Cuep

Cuec 
Unuttal (?)
le terrain labourable 
à Tun Littaq 
Cuep.

Isec Uolka
uneté*
avvot** 
Péru Eccu * 
Runik***
Auctochi Mutu

Isec Volca,
l'allié (?), 
a fait 
(pour) Péru Eccu. * 
Runik, 
(fils d') Auctochos (?), 
(en l'honneur de) Mutos (?).

*cf. gaul. -tal 'front'. 
**olc devrait représenter gaul. olca 'terrain labourable'.
***écrit avec la lettre <q>.
*uneté, <?> pour <é>, apparenté à gaul. uenet- 'allié'.
**avvot = gaul. avot 'a fait'.
***cf. gaul. run- 'secret'.
Fig. 4 GLO-80
Fig. 5 GLO-75

Kunut*
d(e)te**
Iiegi Qakhi
Inzito
Iaxto 
Mult***

Kunut 
a donné à 
Inzito Iaxto (?), 
(fils de) Iiegios Cacos, 
(en l'honneur de) 
Multinos (?).

Vun T(u)n 
Camu Eitutag 
Ekh(e)nhi Kousai 
eu* tul(u)siec** 
Kikic nemu*** 
Chlausei t(e)ct
Lap toul(u)siau** 
v(i)nke**** U(e)pa 
T(u)n L(a)p(i)t(ii) Vetii

Vun Tun 
à Camu Eitutag,
(fils d') Ekhen Kousaios (?),
a dédié (?). 
Le toulousain Kikic au lieu sacré (?) 
de Chlause (Glozel) est venu (?). 
Lapios à Toulouse a vaincu (?)
Vepa Tun, (fils de) Lapitios Vetios (?).

*cf. gaul. cun- 'chien'. 
**pt ê. apparenté à gaul. dede 'a donné'.
***cf. Moltinos, dieu gaul. des moutons.
*cf. gaul. eu 'a offert'.
**cf. gaul. Tolosa 'Toulouse'.
***cf. gaul. nemeton 'lieu sacré'.
****cf. lat. vinco 'vaincre', gaul. uic(o)- 'vainqeur'.
Fig. 6 GLO-73.1
Fig. 7 GLO-71
Conclusions

D’après mes recherches sur les inscriptions de Glozel, on peut remarquer qu’il y a – à côté des textes typiques et lisibles – une certaine quantité de textes atypiques et illisibles, mais l’origine de ces derniers reste des plus obscures. Nous sommes peut-être en présence d’un travail exécuté par des 'scribes celtes', mais ceci reste sans grande certitude. On retient toutefois qu’il peut tout aussi bien s’agir ici, avec une grande probabilité admettons-le, du fait de vitriers s’installant à Glozel au Moyen-Age, vers le XIVe siècle. Des traces montrent qu’ils pouvaient avoir disposé leur four près du sanctuaire et, qu’en fondant le verre, aient laissé des traces de vitrification sur certaines tablettes en argile. Par ailleurs, il est possible d’admettre que ces artisans se soient distrait en recopiant, arbitrairement, les signes trouvés depuis d’anciens objets, sur d’autres supports. Ces derniers peuvent être des tablettes en argile ou os qui deviendront à leur tour les 'nonsense textes' parce que ces ’auteurs’ furent incapables de lire et interpréter les inscriptions originales de Glozel. C’est pour le moment la thèse la plus convaincante pour justifier la genèse des inscriptions atypiques de Glozel.
Les inscriptions atypiques représentent pour moi le témoignage du pourquoi on avait parlé à Glozel d’une falsification des textes. S’il y a encore aujourd’hui des experts qui tiennent aussi les textes typiques pour une escroquerie, il serait difficile de comprendre comment les 'fausseurs' avaient acquis toutes ces connaissances.

Hans-Rudolf Hitz

 

 

Glozel

Datations et tests scientifiques à Glozel

Tableaux comparatifs d'écritures cunéiformes

 

Archives

Articles récents