Wikistrike

Wikistrike

Rien ni personne n'est supérieur à la vérité

Thaïlande: les autorités confisquent des animaux à des ONG pour maltraitance

Publié par wikistrike.com sur 16 Mars 2012, 17:02pm

Catégories : #Ecologie - conso - biodiversité - énergie

Thaïlande : les autorités confisquent des animaux à des ONG

 

les-animaux-ont-ete-saisis-par-le-personnel-du-departement-.jpgDepuis le 13 février, des agents du Département des Parcs Naturels thaïlandais ont effectué plusieurs raids dans les centres de deux ONG pour confisquer des dizaines d'animaux. Une opération justifiée par des accusations de "détention illégale d'animaux sauvages" et de "maltraitance animale". 

C'est un véritable cri d'alerte que lancent aujourd'hui deux ONG de protection des animaux, la Wildlife Friends Foundation of Thailand(WFFT) et l'Elephant Nature Park(ENP). Tout a commencé en janvier dernier lorsque Edwin Wiek, président de la WFFT a adressé une lettre à un journal thaïlandais dans laquelle il accuse les responsables du pays d'être trop laxistes dans la lutte contre le braconnage des éléphants. Plus sérieux encore, il y suggère même que certains agents corrompus participeraient au trafic en aidant les braconniers.

Selon lui, la moitié des éléphanteaux qui se trouvent dans les parcs à touristes auraient en fait été capturés dans la nature. Comme l'explique The Scavenger, Edwin Wiek évoque dans son courrier le massacre récent d'au moins six éléphants dans les parcs nationaux de Kaeng Krachan et Kuiburi. Alors que des officiels ont déclaré que les animaux avaient probablement été abattus pour leur viande, le président de l'ONG suggère qu'ils ont plutôt été tués afin de récupérer leurs petits et de les envoyer dans des camps de touristes. 

Une centaine d'animaux saisis

Révélées, les accusations d'Edwin Wiek ont fait grand bruit et la réponse des autorités ne s'est pas fait attendre. Le 13 février, des représentants du Département des Parcs Naturels thaïlandais accompagnés par les forces de l'ordre ont investi le WFFT et ont exigé de se voir présenter immédiatement les licences de détention d'espèce protégée. Motif officiel : une dénonciation anonyme de maltraitance animale et de détention illégale d'espèces protégées. Le WFFT a pour vocation de récupérer les animaux sauvages détenus illégalement par leurs propriétaires ou victimes de mauvais traitements. S'il est possible, les animaux sont alors réintroduits dans les parcs, mais certains ne sont pas aptes à retourner à la vie sauvage et sont donc gardés au centre dans des enclos adaptés à chaque espèce.

En février, le centre comptait ainsi plus de 400 pensionnaires et au vu du temps imparti (deux heures), il a été impossible pour les responsables du WFFT de délivrer toutes les preuves demandées. Les raids quotidiens ont alors commencé dans cette ONG puis dans une autre, l'Elephant Nature Park (ENP) dont le fondateur s'était également exprimé sur le trafic d'éléphants. Depuis cette date, des agents armés se rendent régulièrement dans les centres pour leur confisquer des animaux. Selon les informations communiquées par la WFFT sur Facebook, pas moins de 103 animaux auraient été saisis parmi lesquels des macaques, des ours, des gibbons, des civettes mais aussi des oiseaux. Des opérations qui se sont révélées violentes et au cours desquelles les agents du DNP ont enfermé les animaux dans des cages  pour les conduire vers les Wildlife Rescue Center du DPN. 

Or, la situation dans les centres du DPN est loin d'être reluisante : on peut y voir une loutre dans un enclos bétonné sans eau, des animaux sous-alimentés, un gibbon dans une cage minuscule, le tout s'abreuvant d'une eau croupie, et dont l'état de santé ne laisse pas d'espoir à une réintroduction dans la nature. Pour autant, "le DPN continue de prétendre qu'il fait simplement son travail, faire respecter la loi et protéger la vie sauvage en Thaïlande", explique le WFFT qui a adressé de nombreuses lettres au département restées sans réponse. Aujourd'hui, seuls quatre animaux ont pu réintégrer leur enclos mais les responsables du WFFT gardent espoir.

Une pétition pour rendre les animaux aux ONG

Pour Antoinette van de Water, fondatrice du groupe Bring The Elephant Home (BTEH) qui travaille à protéger les éléphants de Thaïlande depuis une dizaine d'années, il n'y pas de doute que ces saisies visent à intimider les ONG suite à leur prise de position sur le braconnage des éléphants. "Je pense que le DNP a fait ça pour intimider les ONG et sauver la face", a t-elle expliqué citée par The Scavenger. Elle a d'ailleurs elle-même connu ce genre de pressions par le passé. "J'ai reçu quelques avertissements sérieux. Je ne m'effraie pas facilement, mais ceci m'a mise mal à l'aise en Thaïlande. Même des organisations avec qui j'avais l'habitude de travailler ne sont pas intervenues pour me défendre. Tout est une question de position politique, et ceci est plus important que le bien-être des animaux, j'ai compris", a t-elle témoigné.

Rapidement alertés, les médias du monde entier ont relayé l'évènement créant une vague de protestations sur internet. Une pétition a ainsi été créé pour demander l'arrêt des saisies et le retour immédiat des animaux. A ce jour, elle comptabilise 57.099 signatures mais en recueille des centaines par jour dans le but d'atteindre les 70.000 soutiens.

 

Source: Maxisciences

 

Archives

Articles récents