Lundi 1 avril 2013 1 01 /04 /Avr /2013 07:54

La "Porte de l'Enfer" de Hiérapolis trouvée et fouillée par des archéologues italiens !

Une "porte de l'enfer" a émergé des ruines dans le sud-ouest de la Turquie, d'après des archéologues italiens.



Reconstruction numérique de la Porte de Pluton. Francesco D'Andria
Connue sous le nom de Porte de Pluton (Ploutonion en grec, en latin plutonium), la grotte était désignée comme le portail de l'enfer dans la mythologie gréco-romaine. 

Des sources historiques sur le site de l'ancienne ville phrygienne de Hiérapolis, aujourd'hui appelée Pamukkale, décrivent l'ouverture comme remplie de vapeurs méphitiques mortelles. 

"Cet espace est plein d'une vapeur si dense que l'on voit à peine le sol. Tout animal qui passe à l'intérieur meurt instantanément", écrit le géographe grec Strabon (64/63 avant JC à 24 après JC environ). "J'y ai mis des moineaux et ils ont immédiatement cessé de respirer et ils sont tombés", a-t-il ajouté. 

Annoncée ce mois-ci lors d'une conférence sur l'archéologie italienne à Istanbul, en Turquie, la découverte a été faite par une équipe dirigée par Francesco D'Andria, professeur d'archéologie classique à l'Université de Salento. 

D'Andria a mené de nombreuses recherches archéologiques sur le site du patrimoine mondial de Hiérapolis. Il y a deux ans, il déclarait avoir trouvé la tombe de Saint Philippe, l'un des 12 apôtres de Jésus-Christ. 

Fondée vers 190 avant J.-C. par Eumène II, roi de Pergame (197 BC-159 BC), Hierapolis passe sous l'autorité de Rome en 133 avant JC 

La cité hellénistique grandit dans une ville romaine florissante, avec des temples, un théâtre et des eaux thermales sacrées populaires. "Nous avons trouvé le plutonium en reconstruisant la voie d'une source thermale. En effet, les sources de Pamukkale , qui produisent les fameuses terrasses en travertin blanc proviennent de cette grotte," explique D'Andria.

Vue d'ensemble du site.
Avec de nombreuses structures abandonnées et cassées, peut-être à cause de tremblements de terre, le site a révélé encore plus de ruines après avoir été été fouillé. 

Les archéologues ont trouvé des demi-colonnes ioniques et, au-dessus d'elles, une inscription avec une dédicace aux divinités du monde souterrain: Pluton et Koré. 

D'Andria a également trouvé les restes d'un temple, d'une piscine et d'une série de marches placées au-dessus de la grotte. Tout cela correspondant aux descriptions du site dans les sources antiques: "Les gens pouvaient regarder les rites sacrés de ces marches, mais ils ne pouvaient pas accéder à la zone près de l'ouverture. Seuls les prêtres pouvaient se tenir devant le portail". 

Selon l'archéologue, il y avait une sorte d'organisation touristique sur le site. Des petits oiseaux étaient donnés aux pèlerins afin de tester les effets mortels de la grotte, tandis que des prêtres hallucinés sacrifiaient des taureaux à Pluton. La cérémonie comprenait l'entrée des animaux dans la grotte, ce qui entraînait leur mort. 

«Nous avons pu constater les propriétés létales de la grotte lors des fouilles. Plusieurs oiseaux sont morts alors qu'ils tentaient de se rapprocher de l'ouverture chaude, tués sur le coup par les fumées de dioxyde de carbone », a dit D'Andria. 

Seuls les eunuques de Cybèle, une ancienne déesse de la fertilité, pouvaient entrer par la porte de l'enfer sans aucun dommage apparent. "Ils retiennent leur souffle autant qu'ils le peuvent", écrit Strabon, ajoutant que leur immunité pouvait provenir de leur "providence divine" ou de "certaines forces physiques qui sont des antidotes contre la vapeur." 

Selon D'Andria, le site était une destination célèbre pour les rites d'incubation. Les pèlerins prenaient l'eau dans la piscine près du temple, ne dormaient pas trop loin de la grotte et recevaient des visions et des prophéties, dans une sorte d'oracle. En effet, les vapeurs provenant des profondeurs de la nappe phréatique souterraine d'Hierapolis donnait des hallucinations. 

"C'est une découverte exceptionnelle, car elle confirme et précise les informations que nous avons à partir des sources littéraires antiques et historiques", explique Alister Filippini, chercheur en histoire romaine à l'Université de Palerme, en Italie, et de Cologne, en Allemagne. 

Entièrement fonctionnel jusqu'au 4ème siècle après JC, et parfois visité au cours des deux siècles suivants, le site représentait "un lieu de pèlerinage important pour les derniers intellectuels païens de l'Antiquité tardive", selon Filippini. 

Au cours du 6ème siècle après JC, le plutonium a été détruit par les chrétiens. Les tremblements de terre peuvent avoir alors achevé sa destruction. 

D'Andria et son équipe travaillent actuellement sur la reconstruction numérique du site. 

Source: 

 

  Pluto's gate uncovered in Turkey


A "gate to hell" has emerged from ruins in southwestern Turkey, Italian archaeologists have announced. 

Known as Pluto's Gate -- Ploutonion in Greek, Plutonium in Latin -- the cave was celebrated as the portal to the underworld in Greco-Roman mythology and tradition. 

Historic sources located the site in the ancient Phrygian city of Hierapolis, now called Pamukkale, and described the opening as filled with lethal mephitic vapors. 

"This space is full of a vapor so misty and dense that one can scarcely see the ground. Any animal that passes inside meets instant death," the Greek geographer Strabo (64/63 BC -- about 24 AD) wrote. "I threw in sparrows and they immediately breathed their last and fell," he added. 

Announced this month at a conference on Italian archaeology in Istanbul, Turkey, the finding was made by a team led by Francesco D'Andria, professor of classic archaeology at the University of Salento. 

D'Andria has conducted extensive archaeological research at the World Heritage Site of Hierapolis. Two years ago he claimed to discover there the tomb of Saint Philip, one of the 12 apostles of Jesus Christ. 

Founded around 190 B.C. by Eumenes II, King of Pergamum (197 B.C.-159 B.C.), Hierapolis was given over to Rome in 133 B.C. 

The Hellenistic city grew into a flourishing Roman city, with temples, a theater and popular sacred hot springs, believed to have healing properties. 

"We found the Plutonium by reconstructing the route of a thermal spring. Indeed, Pamukkale' springs, which produce the famous white travertine terraces originate from this cave," D'Andria told Discovery News. 

Featuring a vast array of abandoned broken ruins, possibly the result of earthquakes, the site revealed more ruins once it was excavated. The archaeologists found Ionic semi columns and, on top of them, an inscription with a dedication to the deities of the underworld -- Pluto and Kore.

D'Andria also found the remains of a temple, a pool and a series of steps placed above the cave -- all matching the descriptions of the site in ancient sources. 

"People could watch the sacred rites from these steps, but they could not get to the area near the opening. Only the priests could stand in front of the portal," D'Andria said. 

According to the archaeologist, there was a sort of touristic organization at the site. Small birds were given to pilgrims to test the deadly effects of the cave, while hallucinated priests sacrificed bulls to Pluto. 

The ceremony included leading the animals into the cave, and dragging them out dead. 

"We could see the cave's lethal properties during the excavation. Several birds died as they tried to get close to the warm opening, instantly killed by the carbon dioxide fumes," D'Andria said. 

Only the eunuchs of Cybele, an ancient fertility goddess, were able to enter the hell gate without any apparent damage. 

"They hold their breath as much as they can," Strabo wrote, adding that their immunity could have been due to their "menomation," "divine providence" or "certain physical powers that are antidotes against the vapor." 

According to D'Andria, the site was a famous destination for rites of incubation. Pilgrims took the waters in the pool near the temple, slept not too far from the cave and received visions and prophecies, in a sort of oracle of Delphi effect. Indeed, the fumes coming from the depths of Hierapoli's phreatic groundwater produced hallucinations. 

"This is an exceptional discovery as it confirms and clarifies the information we have from the ancient literary and historic sources," Alister Filippini, a researcher in Roman history at the Universities of Palermo, Italy, and Cologne, Germany, told Discovery News. 

Fully functional until the 4th century AD, and occasionally visited during the following two centuries, the site represented "an important pilgrimage destination for the last pagan intellectuals of the Late Antiquity," Filippini said. 

During the 6th century AD, the Plutonium was obliterated by the Christians. Earthquakes may have then completed the destruction. 

D'Andria and his team are now working on the digital reconstruction of the site.

Par wikistrike.com - Publié dans : archéologie - Histoire - Préhistoire - Patrimoine
Voir les 0 commentaires
Retour à l'accueil

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés