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Un excès d'oxygène dans le Système solaire

Publié par wikistrike.com sur 7 Mars 2012, 11:38am

Catégories : #Astronomie - Espace

 


Un excès d'oxygène dans le Système solaire

Les mesures du satellite IBEX semblent montrer que la concentration en atomes d'oxygène du milieu interstellaire diffère de celle du Système solaire.

Sean Bailly
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© NASA

Une onde de choc entre le vent galactique et le champ magnétique et le vent de l’étoile LL Ori, dans la nébuleuse d’Orion.

L'auteur

Sean Bailly est journaliste à Pour la Science.

Le Système solaire se déplace à 26 kilomètres par seconde par rapport aux nuages de gaz et de poussière qui l'entourent. Ce mouvement relatif crée un vent de particules du milieu interstellaire en direction du Soleil et de la Terre. Une grande partie de ce vent galactique est repoussée par le champ magnétique du Soleil et le vent solaire, flux de particules rapides émises par notre étoile. Néanmoins, les atomes neutres peuvent pénétrer dans le Système solaire. Le satellite IBEX, qui analyse la nature de ces atomes neutres, a ainsi mis en évidence que la composition en oxygène du Système solaire diffèrerait de celle du milieu interstellaire.

Depuis son lancement en 2008, le satellite IBEX étudie les atomes neutres qui franchissent l'héliopause – la région où le vent solaire rencontre le milieu interstellaire, située à une centaine d'unités astronomiques environ – et qui arrivent jusqu'à la Terre, ces atomes de distinguant de ceux du Système solaire par leur énergie et leur trajectoire. Les astrophysiciens ont en particulier étudié l'abondance d'oxygène et de néon dans le vent galactique. Les résultats des mesures indiquent que le Système solaire est plus riche en oxygène que le nuage de gaz qu'il traverse : pour 20 atomes de néon détectés, on compte 74 atomes d'oxygène dans le vent galactique. Dans le Système solaire, pour le même nombre d'atomes de néon, on recense 111 atomes d'oxygène.

L'incertitude sur ce résultat est importante, la détection directe d'atomes neutres étant techniquement bien plus difficile que la détection de particules chargées comme des ions ou des électrons. Mais si la mesure se confirmait, elle serait surprenante. L'oxygène et le néon sont produits principalement par des réactions de nucléosynthèse dans les étoiles massives, dont la vie est brève. Notre galaxie aurait ainsi été enrichie en oxygène et en néon rapidement et de façon uniforme par les premières générations d'étoiles. La composition chimique du milieu interstellaire ne devrait donc pas différer de celle du Soleil, qui est sensiblement celle du milieu interstellaire au moment de sa formation, il y a 4,6 milliards d'années.

Pour expliquer les observations de l'expérience IBEX, les chercheurs envisagent deux hypothèses. Selon la première, l'oxygène du milieu interstellaire pourrait être piégé dans des grains de poussière et dans de la glace, qui ne franchissent pas l'héliopause (la poussière, chargée, est repoussée par le champ magnétique, et les grains ont une énergie en général trop faible pour lutter contre le vent solaire). Selon la seconde hypothèse, le Système solaire se serait formé dans une région riche en oxygène et traverserait aujourd'hui une région plus pauvre. Mais il resterait dans ce cas à expliquer la répartition non uniforme de l'oxygène.

 

Source: Pour la science

 

 

 

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