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Un temple du VIIe siècle mise au jour au Cambodge par un archéologue français

Publié par wikistrike.com sur 18 Mars 2013, 10:06am

Catégories : #archéologie - Histoire - Préhistoire - Patrimoine

 

 

Un temple du VIIe siècle mise au jour au Cambodge par un archéologue français

 

Les archéologues ont mis au jour l'un des plus importants temples pré-angkoriens de ces dernières décennies.
Ce qui ressemble à un temple du VIIe siècle a été retrouvé enterré dans les murs duBaray occidental (un immense réservoir d'eau à Angkor), une découverte qui devrait apporter une plus grande connaissance sur la période pré-angkorienne.


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Christophe Pottier dans les tranchées initiales qui ont été élargies lorsque l'importance du temple est devenue évidente. Photo: Alistair Walsh


 Depuis 2000, Christophe Pottier, un archéologue français, s'efforce d'en savoir plus sur les débuts de l'empire angkorien: "Le début d'Angkor est très peu connu, pour diverses raisons, notamment parce que de nombreuses anciennes colonies ont été effectivement détruites par les habitations postérieures au cours de la période d'Angkor. Ma principale préoccupation dans cette mission archéologique était d'étudier les premières grandes villes angkoriennes" explique-t-il.

La zone du Baray était une capitale ancienne et importante, mais la plupart des vestiges y ont été détruits lors de la construction du Baray aux alentours du XIe siècle.
Pottier et son équipe ont fouillé les sites de la zone du Baray pendant quatre à cinq ans avant de passer à un autre site: une ancienne capitale près de Bakong.
Sur ce second site, ils ont appris ce qu'il fallait chercher et comment mieux comprendre le tracé urbain des sites pré-angkorienne. 

"Nous avons décidé l'année dernière, avec toutes les conclusions que nous avons obtenus sur cette zone proche de Bakong et d'après sa disposition, que nous étions maintenant dans une meilleure position pour comprendre le peuplement urbain", a déclaré Pottier, "cette année, nous avons voulu en savoir un peu plus sur le développement et les caractéristiques de cette période, notamment en termes chronologiques. Nous n'avons que peu de connaissance sur le peuplement dans cette région entre le VIIe siècle et la construction du Baray. "

Dans cette optique, Pottier a commencé à chercher des sites où il pourrait trouver un temple pré-angkorien près du Baray qui pourrait montrer des signes d'une occupation continue sur quelques siècles. Mais il n'avait rien trouvé avant le XIe siècle.
Il savait qu'il devait se regarder dans les murs du Baray pour trouver un tel temple.
Après avoir trouvé quelques briques éparses et un linteau brisé dans la forêt, Pottier a eu l'intuition que cela pourrait être son site...


Mais ce qui a été révélé était un temple beaucoup plus important que prévu. 

La taille du temple est difficile à évaluer, mais de vastes fouilles ont révélé des socles et des structures qui indiquent qu'il devait être l'un des plus importants de son temps.
Le temple est impressionnant, mais ce qui rend Pottier encore plus heureux, ce sont les traces d'occupation continue du site jusqu'au XIe siècle, lorsqu'il a été délibérément détruit et enfoui sous les murs du Baray: "C'était probablement un sanctuaire très riche. Compte tenu de la taille énorme du piédestal, il devait être un temple important. Et puis ils se sont mis à l'enfouir sous la digue. Nous sommes en train d'analyser les choses, mais il semble clair que dans ce laps de temps, ils ont décidé de se débarrasser du temple, d'aplatir le tout".

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Christophe Pottier inspectant un ouvrage de briques dans le temple dont certaines parties sont identifiées comme pré-angkoriennes. Photo: Alistair Walsh


La découverte donne un aperçu extraordinaire des activités des angkoriens lorsqu'ils sont passés à des capitales et cela révèle en partie la façon dont le Baray a été construit.

"Maintenant, nous devons traiter les données, nous devons obtenir les dates des hydrocarbures, nous devons analyser les céramiques que nous avons trouvées. Ensuite, nous aurons les réponses aux questions que nous nous posions" ajoute Pottier, "des questions telles que, par exemple, s'il était encore en usage tout au long du VIIe siècle jusqu'à ses derniers jours lorsqu'il a été enterré par le Baray. Et apparemment, la réponse est oui. Et c'est quelque chose de nouveau. Personne n'a vraiment imaginé que les temples pré-angkoriens remontant jusqu'au septième siècle puissent avoir été utilisés au dixième ou onzième siècle. Il est très difficile de savoir si les colonies sont restées occupées en permanence à Angkor, ou si c'était un mouvement de capitales avec abandon successif des colonies antérieures. Apparemment, ici, nous allons avoir une preuve concluante montrant que ce site était encore activement utilisé."

Pour le moment, il faut d'abord confirmer la présence d'un sanctuaire pré-angkorien, vérifier son importance, et s'assurer qu'il était toujours actif au XIe siècle.

Il y a aussi suffisamment d'éléments pour analyser précisément la construction du Baray et ses différents phases successives: les couches dans le sol enterrant le temple semblent confirmer que le Baray a été construit en plusieurs étapes. Le Baray aurait vu ses murs surélevés à un moment donné. C'est une théorie que confirment ici les fouilles de Pottier.

Il concède que sa découverte peut ne pas sembler si importante pour l'observateur extérieur, car après tout, c'est juste un autre temple dans une région qui en a des milliers.
Mais les informations fournies par cette découverte apportent une pièce importante dans le puzzle de l'histoire pré-angkorienne.


A propos de Christophe Pottier:

Diplômé de l'École d'architecture de Nantes en 1990, Christophe Pottier complète sa formation en soutenant, en 1999, un doctorat de Langues, civilisations et sociétés orientales à l'université Paris-III, sous la direction de B. Dagens (Carte archéologique de la région d'Angkor - Zone Sud). 
Il est recruté comme membre de l'EFEO (Ecole Français d'Extrème-Orient) en 1999. Parallèlement à ses activités de restauration, il mène depuis son affectation à Siem Reap des travaux de recherche dans trois domaines liés à l'architecture et à l'archéologie d'Angkor.
Par ailleurs, il dirige depuis 1999 la Mission archéologique franco-khmère sur l'aménagement du territoire angkorien, dont les premières campagnes de fouilles se sont attachées à l'étude des phases initiales d'occupations historiques de la région d'Angkor 

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