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Une nouvelle idée pour détecter les extraterrestres

Publié par wikistrike.com sur 1 Avril 2012, 21:17pm

Catégories : #Science - technologie - web - recherche

Une nouvelle idée pour détecter les extraterrestres

Star-Destroyer-1024x640.jpg"Le silence éternel de ces espaces infinis m'effraie", écrivait Blaise Pascal face au cosmos. Une manière moderne de réinterpréter cette phrase célèbre consiste à la rapprocher de l'échec qui, jusqu'à présent, a sanctionné toutes les tentatives des astronomes pour découvrir les signes d'une vie extraterrestre. E.T. se tait et son silence obstiné nous fait nous demander, encore et toujours, si nous sommes seuls dans l'Univers. Nous sommes d'autant plus impatients de détecter d'autres civilisations que cette possibilité ne nous a jamais paru aussi proche. Depuis 1995, date de la découverte de la première planète extra-solaire, nous avons mis la main sur des centaines d'autres mondes (763 à la seconde où j'écris ces lignes) et les exobiologistes ne peuvent s'empêcher d'imaginer les meilleures manières de détecter des biomarqueurs sur des exoplanètes. D'autres scientifiques, depuis plus d'un demi-siècle, écoutent le cosmos avec différents programmes SETI (Search for Extra-Terrestrial Intelligence), en espérant y capter des signaux radio d'origine artificielle émis par des civilisations technologiques vivant sur des exoplanètes en orbite autour d'étoiles proches. Mais ces signaux radio ne sont pas les seuls indices technologiques que nous pourrions chercher. Ainsi, fin 2011, il a été proposé d'observer la partie non-éclairée des exoplanètes (donc l'hémisphère de ces astres plongé dans la nuit) pour essayer d'y voir les traces d'un éclairage artificiel, tout comme nos grands centres urbains illuminent le ciel et servent de repères aux locataires de la Station spatiale internationale.

Aujourd'hui, dans un article paru sur le site de pré-publications arXiv, deux chercheurs espagnols soumettent à la communauté scientifique une nouvelle idée. Pourquoi ne pas essayer de détecter un autre aspect d'une civilisation extraterrestre hautement technologique, à savoir ses croiseurs interstellaires ? Le concept avait déjà été évoqué en 1994 par l'ingénieur américain Robert Zubrin, insatiable promoteur des odyssées de l'espace et fondateur, en 1998, de la Mars Society. A l'époque, Zubrin cherchait à observer les rayons gamma que ne manqueraient pas de laisser d'immenses vaisseaux spatiaux fonctionnant soit avec de l'antimatière, soit avec une propulsion nucléaire. Nos deux Espagnols ont, eux, exploré un chemin différent en proposant de détecter la lumière stellaire réfléchie par les astronefs.


Ils sont partis de l'hypothèse selon laquelle une civilisation avancée serait capable d'explorer d'autres systèmes solaires que le sien, soit pour la science, soit pour exploiter leurs ressources, soit pour s'éloigner de son étoile en fin de vie avant qu'elle n'explose. Effectuer un tel voyage interstellaire – c'est-à-dire parcourir plusieurs années-lumière – implique de disposer d'une source d'énergie considérable (fusion nucléaire, antimatière, trou noir, pour aller du plus "simple" au plus exotique) afin de pouvoir avancer à une fraction non négligeable de la vitesse de la lumière, sans quoi il y a fort à parier que l'aventure, en s'éternisant, se solderait par un échec. Pour donner un exemple, l'étoile la plus proche de nous, Proxima du Centaure, se situe à 4,2 années-lumière, ce qui signifie que lorsque nous l'observons dans un télescope, nous voyons la lumière qu'elle a émise 4,2 années auparavant. Si nous souhaitions nous y rendre à la vitesse des missions Apollo (11 kilomètres par seconde), plus de 110 000 ans seraient nécessaires. En admettant que nous soyons un jour capables d'y aller à une vitesse moyenne de 30 000 kilomètres par seconde (soit un dixième de la vitesse de la lumière, ce qui est énorme), il nous faudrait tout de même 42 ans pour y parvenir. Long, mais plus jouable.

De la vitesse donc, et aussi un énorme vaisseau contenant la colonie qui se lancera dans l'aventure,  et tout le chargement nécessaire pour la nourrir, l'habiller, l'équiper, etc. Si d'éventuels extraterrestres ont suivi le même raisonnement, ils sepromènent dans des engins plus ou moins analogues aux destroyers spatiaux que l'on voit dansStar Wars (voir la photo au début de ce billet). Ces engins peuvent aussi  ressembler au vaisseau du projet Icare lancé par la Tau Zero Foundation et la British Interplanetary Society. Comme on peut le remarquer sur la vue d'artiste ci-contre, signée Adrian Mann et qui met Icare à côté de l'Empire State Building, on a affaire à une belle bête en terme de masse (plusieurs dizaines de milliers de tonnes) et de taille, l'essentiel de la machine étant représenté par les réserves de carburant.


Taille et vitesse. C'est exactement sur ce duo que misent les deux scientifiques espagnols. La taille pour réfléchir le maximum de lumière, soit de l'étoile dont on s'éloigne, soit de celle dont on s'approche. La vitesse pour décaler, par effet Doppler, la longueur d'onde de cette lumière et tout son spectre électromagnétique. Un astronome terrestre découvrant dans notre galaxie un point lumineux doté de cette signature très particulière serait forcé de conclure qu'il s'agit là d'un signal artificiel, aucun objet naturel ne se déplaçant à quelques centièmes de la vitesse de la lumière (sauf les hypothétiques planètes hypervéloces éjectées par des trous noirs). Les auteurs de l'article recommandent donc de recenser, dans notre voisinage galactique, des couples d'étoiles proches l'une de l'autre, entre lesquelles pourraient transiter de spacieux vaisseaux spatiaux. Reste ensuite à disposer d'un télescope assez puissant pour détecter, à plusieurs années-lumières de distance, le reflet d'une étoile sur un objet artificiel de quelques centaines de mètres de long... Probabilité de réussite : extrêmement voisine de zéro. Il existe néanmoins un cas de figure  où cette méthode de détection des extraterrestres pourrait être plus efficace : si un vaisseau se dirigeait droit vers nous, nous renvoyant la lumière du Soleil, dont nous connaissons le spectre électromagnétique dans les moindres détails. Nous pourrions enfin crier à la face de la planète que non, nous ne sommes pas seuls dans l'Univers. Avant de nous demander ce que nous veulent ces visiteurs...

 

 

Pierre Barthélémy (@PasseurSciences sur Twitter)

 

 

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