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Usine géante + salaire à 250 euros + Soleil du Maroc = Renault

Publié par wikistrike.com sur 9 Février 2012, 16:01pm

Catégories : #Economie

Renault étrenne au Maroc une usine géante qui fait polémique en France 


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Le Premier ministre du Maroc Abdelilah Benkirane (G) et l'homme d'affaire marocain Othmane Benjalloune (D) lors de l'inauguration de l'usine Renault à Melloussa à 30km de Tanger

Renault étrenne jeudi au Maroc son usine géante de Tanger, nouvelle base "low cost" aux portes de l'Europe et tête de pont vers l'Afrique, qui ravive en France une polémique sur les délocalisations attisée par l'approche de l'élection présidentielle.

Le PDG du constructeur automobile français Carlos Ghosn et le roi du Maroc Mohammed VI sont attendus pour l'inauguration en grande pompe du site flambant neuf dans la zone franche de Melloussa, à 30 kilomètres du port de Tanger Med et à un jet de pierre des côtes espagnoles.

Pour l'instant, une seule chaîne de montage est en fonction, d'où sortiront entre 150 et 170.000 véhicules par an quand elle tournera à plein. La capacité sera doublée à partir de 2013 avec une deuxième ligne.

A terme, 6.000 salariés travailleront sur place. Renault estime que les emplois indirects chez les fournisseurs pourraient se monter à 30.000.

L'usine est importante pour le Maroc, qui espère développer une industrie automobile quasi-inexistante aujourd'hui hormis l'usine de Somaca à Casablanca déjà contrôlée par Renault, mais aussi pour le constructeur français.

Le groupe de Carlos Ghosn va investir un milliard d'euros pour assembler à Tanger trois futurs modèles de sa gamme à bas prix, vendue en Europe et dans le pourtour méditerranéen sous la marque Dacia et ailleurs aux couleurs Renault.

Son usine roumaine de Pitesti, où sont fabriqués pour la zone Europe-Méditerranée la petite berline Logan et ses dérivés, la berline Sandero et le 4x4 Duster, des moteurs et des boîtes de vitesse, est en effet saturée.

La nouvelle usine marocaine "est une porte d'entrée vers l'Afrique et il y a, grâce au port de Tanger, la possibilité d'exporter", explique à l'AFP Jean-Christophe Kugler, qui chapeaute la région Euromed chez Renault.

Le groupe bénéficie de nombreux avantages de la zone franche (exonération de l'impôt sur les sociétés pendant cinq ans puis à taux réduit, pas de taxe d'exportation, formalités douanières accélérées). Mais sa discrétion sur la destination des véhicules relance la polémique en France.

Les syndicats craignent que la production, exportée à 85%, ne fasse concurrence à deux modèles fabriqués dans l'Hexagone, le monospace Scénic et l'utilitaire Kangoo.

Les politiques, eux, tombent à bras raccourcis sur le constructeur, détenu à 15% par l'Etat, alors que la désindustrialisation du pays s'est imposée comme un thème majeur de la campagne pour la présidentielle d'avril-mai.

L'ex-ministre de l'Industrie de droite Christian Estrosi a accusé jeudi Renault de faire "du dumping social au Maroc", un choix "dangereux et insoutenable".

"Ce n'est pas quelque chose qui se fait au détriment de la France", mais "qui vient au contraire ajouter à la charge de travail en France (...) dans nos ingénieries, dans nos usines moteurs, au niveau de nos fournisseurs", a défendu jeudi Carlos Ghosn sur la radio française RTL.

Renault assemblera au Maroc un monospace, le Lodgy, qui sera en vente au printemps, puis un utilitaire et un troisième modèle encore tenu secret. Les boîtes de vitesse, les moteurs et d'autres composants seront en revanche importés de France, d'Espagne et de Roumanie.

Pour M. Kugler, les véhicules produits à Tanger permettront surtout de tailler des croupières à la concurrence, par exemple à une petite fourgonnette à bas prix fabriquée par le français PSA et l'italien Fiat en Turquie.

Mais le constructeur profite aussi des salaires marocains, bien moins élevés qu'en Roumanie. "C'est du simple au double", résume M. Kugler, avec un salaire mensuel marocain moyen de 250 euros contre 450 euros en Roumanie.

S'il reconnaît l'inquiétude suscitée, il juge aussi, sans fard, "très important de maintenir la compétitivité des sites" en les mettant en concurrence.

 

Source: Boursorama

 

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