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Les billes noires des terrains synthétiques, sources de cancers ?

Publié par wikistrike.com sur 25 Novembre 2017, 10:05am

Catégories : #Santé - psychologie, #Sport - exploit

Les billes noires des terrains synthétiques, sources de cancers ?

Ces granulés noirs en caoutchouc qui jonchent les pelouses artificielles contiendraient de nombreuses substances potentiellement cancérigènes.

 
 
 

Quel footballeur amateur réduit à jouer sur un terrain en ghorre n'a jamais rêvé, ces quinze dernières années, que son club investisse dans un terrain synthétique "nouvelle génération" ? Probablement aucun.

Mais la tendance pourrait changer après l'enquête du mensuel So Foot. Dans son édition de novembre, publiée ce jeudi, le magazine spécialisé dans le ballon rond s'est penché sur l'impact sanitaire de ces pelouses artificielles recouvertes de petites billes noires.

Des billes de caoutchouc indispensables

Vous savez, ces petits granulés qui pénètrent dans vos chaussettes, vous gênent dans vos crampons, infestent vos sacs de sport et collent à votre peau dès lors que la pluie fait son apparition ?

Oui, ceux-là, qui jonchent les terrains synthétiques par dizaines de milliers. Composées de restes de pneus broyés, ces petites billes de caoutchouc permettent aux brins d'herbe artificielle de tenir debout, d'améliorer la résistance du terrain face aux multiples chocs subis et ainsi d'en améliorer la durée de vie (de quatre à dix ans).

23 000

Il faut 23 000 pneus en fin de vie pour produire le nombre de granulés nécessaire à la création d'un seul terrain de onze contre onze.

Cela, vous le saviez sans doute. Ce que vous ne saviez peut-être pas, c'est qu'elles contiendraient près de 200 substances "nocives". Dont certaines potentiellement cancérigènes. L'Université de Yale (États-Unis) en a recensé exactement 190 et devrait les citer avec précision dans une étude à paraître prochainement.

Arsenic, plomb...

So Foot rappelle en outre qu'en 2008, des chercheurs américains avaient relevé la présence d'arsenic, de chrome et de plomb dans ces billes noires. Ces mêmes substances signalées cinq ans plus tard par un journal néerlandais.

Leur concentration varie d'un échantillon à l'autre, mais des scientifiques s'inquiètent notamment de l'effet "cumulatif" de ces hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP). Des particules fines qui ont tendance à coller à la peau, dans les cheveux, ou, pire, à s'infiltrer dans les plaies.

Or les blessures sont monnaie courante sur ce type de surface. Une chute ou un tacle sur ces terrains synthétiques provoque presque systématiquement une brûlure. Les supporters lyonnais gardent certainement en mémoire la blessure infectée de la joueuse suédoise Lotta Schelin après un tacle sur une pelouse artificielle.

Or, comme le rappelle So Foot, "les risques de transmission de substances toxiques sont encore plus élevés quand le sang est directement en contact avec les granulés".

4700

D'après le dernier recensement établi, la France comptait pas moins de 4700 grands terrains synthétiques en 2012. Un chiffre largement supérieur à 5000 aujourd'hui, sans prendre en compte les nombreux complexes de foot à 5, qu'ils soient publics - les "city" - ou privés.

Le mensuel s'appuie également sur l'enquête personnelle d'une entraîneuse américaine, qui a compté 239 cas de cancer du sang chez des footballeurs et footballeuses ayant évolué exclusivement sur des fausses pelouses.

Le poste de gardien de but, le plus exposé

Le poste le plus exposé aux particules dégagées par les granulés serait celui de gardien de but, à l'image d'Amy Griffin, championne du monde 1991 avec les USA et victime d'un lymphome non hodgkinien, qui frappe le système lymphatique, sans qu'on sache si sa maladie est liée à la pratique du football sur ce type de terrain.

 Jusqu'à présent, le matériau utilisé pour produire ces billes noires a été autorisé "sans aucune vérification sérieuse quand à sa dangerosité", rappelle le magazine.

Les fausses pelouses se multiplient en France

A l'inverse, plusieurs études complémentaires tendent à confirmer le caractère toxique de ces granulés. Une très mauvaise nouvelle alors que les terrains synthétiques fleurissent aux quatre coins de l'Hexagone, en partie grâce au "boom" de la pratique du foot à cinq dans des complexes privés.

Doit-on s'attendre à un scandale sanitaire avec l'apparition de plusieurs centaines de cancers chez les joueurs amateurs dans les années à venir ?

 

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