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Massacre au Yémen: Le peuple américain n'en sait toujours rien

Publié par wikistrike.com sur 13 Août 2018, 08:30am

Catégories : #Politique internationale, #Culture - médias - Livres - expos - rencontres

Massacre au Yémen: Le peuple américain n'en sait toujours rien

Vendredi 10 août, CNN a titré : « La frappe menée par les Saoudiens tue des dizaines d’enfants en voyage scolaire au Yémen » et a décrit la tragédie comme si les Etats-Unis ne jouaient pas un rôle important dans le ciblage et dans la fourniture de bombes et de missiles à ce que l’article appelle « la coalition dirigée par les Saoudiens ». Il est dit à la 15ièmeminute de la vidéo : « L’Arabie Saoudite, à travers des frappes aériennes, dirige une coalition qui comprend les Etats arabes unis, le Bahreïn, l’Egypte et le Soudan ». Il n’y a aucune mention de l’acteur principal, en dehors de la famille royale Saoud, à savoir le gouvernement américain lui-même, qui fournit non seulement des renseignements détaillés sur chaque cible mais aussi les armes, et la formation nécessaire à leur utilisation. L’article de CNN qui accompagne la vidéo ne parle pas de la participation du gouvernement américain avant la toute fin de l’article, où il cite les paroles d’un propagandiste américain :

« Après la frappe, les États-Unis, qui soutiennent largement la campagne de la coalition, ont publié une déclaration.

« Le soutien militaire étasunien à nos partenaires atténue les pertes civiles », a déclaré la porte-parole du Pentagone, Rebecca Rebarich.

« Notre soutien à la coalition se limite au ravitaillement en vol et à du renseignement pour aider nos partenaires à protéger leurs frontières contre les attaques transfrontalières des Houthis. Notre soutien n’est pas militaire, il est axé sur l’amélioration des processus et des procédures de la coalition, en particulier pour ce qui concerne le respect du droit dans les conflits armés et les meilleurs moyens de réduire le risque de pertes civiles », a déclaré le communiqué. »

Voir ici d’autres photos et vidéos des victimes de l’attaque aérienne, postées sur Twitter par les opposants de l’Arabie Saoudite, des Émirats Arabes Unis et des dictatures du continent américain.

L’article de CNN prétend que la guerre au Yémen oppose « le gouvernement internationalement reconnu du Yémen et les rebelles Houthis soutenus par l’Iran ».

Mais le 3 février 2018, le Washington Post avait titré « La guerre du Yémen est tellement hors de contrôle que les alliés se retournent les uns contre les autres« . L’article apportait, sans le vouloir, la preuve irréfutable que CNN donne une représentation tellement faussée de la réalité qu’on peut la qualifier de mensonge. Voici les passages concernés:

Le conflit au Yémen, qui dure depuis trois ans, a été largement présenté comme une guerre qui oppose un gouvernement internationalement reconnu à des rebelles, soutenus par l’Iran, qui l’ont renversé. … selon April Longley Alley, principale analyste du Yémen de l’International Crisis Group, « Affirmer qu’un « gouvernement légitime » combat les « Houthis soutenus par l’Iran » masque une réalité locale complexe et entrave les efforts pour parvenir à la paix. …

Hadi [The leader du Yémen choisi par les Saoudiens]  …. a présidé la plupart du temps depuis Riyad, la capitale saoudienne. …

Ce que nous voyons maintenant, c’est que les Émirats arabes unis et [l’Arabie saoudite] s’efforcent de surmonter leurs différends pour pouvoir maintenir, au moins pendant que la guerre avec les Houthis se poursuit, le mythe d’un front unifié sous un gouvernement reconnu internationalement. …

« Les Emirats[les 7 émirs qui possèdent collectivement les EAU] ont des ambitions dans le sud, et l’une de ses principales ambitions est de [s’emparer] du port d’Aden », a déclaré Hassan Aljalalal, un journaliste yéménite. …

Hesham Alghannam, chercheur saoudien à l’Université d’Exeter, a dit : « Où est passé l’argent ? … La coalition, a-t-il ajouté, devait également faire davantage pression sur le gouvernement pour qu’il « donne au peuple ce dont il a besoin ».

Toutefois cet article du Washington Post ne mentionnait pas non plus le rôle du gouvernement américain dans l’invasion du Yémen.

Le propriétaire du Washington Post est Jeff Bezos, qui est également le principal propriétaire d’Amazon, dont la division Web fournit de services informatiques en nuage* au gouvernement fédéral américain, une division qui – du fait qu’elle est au service du Pentagone, de la CIA, de la NSA, etc. au lieu d’être au service de ses usagers – est la seule division rentable d’Amazon, et donc le nerf de la guerre pour que Bezos puisse posséder environ le dixième de la fortune du roi saoudien.Aux États-Unis, les lois sur les conflits d’intérêts ne s’appliquent pas aux médias d’information. Cependant, un arrêt historique du 26 juin 2017 de la Cour suprême de l’État de Californie, dans l’affaire le Peuple contre la Cour suprême (Sahlolbei), pourrait conduire à une transformation de l’Amérique en une démocratie (ce qu’elle n’est pas actuellement), et cela signifierait la fin de l’empire américain, y compris de l’OTAN, qui n’avait aucune raison démocratique, mais seulement une raison impériale, de continuer à exister après la chute en 1991 de l’Union Soviétique, de son communisme et du Pacte de Varsovie qui était le pendant de l’OTAN.

Le reportage de CNN sur le bombardement du bus scolaire yéménite se conclut ainsi :

La porte-parole du département d’État américain, Heather Nauert, a déclaré que les États-Unis n’avaient pas « tous les détails de ce qui s’est passé sur le terrain », mais que « ces rapports nous préoccupent ».

« Nous demandons à la coalition dirigée par l’Arabie Saoudite de mener… une enquête », a ajouté M. Nauert.

Eric Zuesse

L’historien d’investigation Eric Zuesse est l’auteur, de They’re Not Even Close: The Democratic vs. Republican Economic Records, 1910-2010, et de CHRIST’S VENTRILOQUISTS: The Event that Created Christianity.

Note : *En Anglais, Cloud computing : De plus en plus utilisé par les entreprises de toutes les industries, le Cloud Computing est la nouvelle forme de stockage de données du 21ème siècle.

Article original:  Yemen: Fake ‘News’ That’s Mixed Into America’s Mainstream News — And Why

Traduction : Dominique Muselet

source: https://arretsurinfo.ch/yemen-des-fake-news-melangees-aux-nouvelles-des-medias-institutionnels-et-pourquoi/

Les assertions et opinions exprimées ici sont le fait de leur auteur et ne peuvent en aucun cas être imputées à Arrêt sur Info.

Yémen : Le massacre des enfants et le déshonneur du silence

 

 

Encore un massacre au Yémen après tant d’autres massacres depuis plus de trois ans, dans une guerre dont les objectifs ne paraissent toujours pas clairement définis et qui pourrait durer encore longtemps, tout simplement parce que son règlement ne semble pas faire partie des priorités du moment et certainement pas parce que les yéménites ne se sont pas défendus ou n’ont pas su se défendre.

 Maintenant que le faux prétexte d’une guerre menée par l’Arabie saoudite pour restituer la légitimité d’un président illégitime est tombé, remplacé par le prétexte de brider l’hégémonie iranienne dans la région avec la bénédiction des États-Unis et tous les subalternes, on comprend mal comment les corps déchiquetés d’enfants yéménites pourraient affaiblir l’Iran.

 Au journal du soir du 9 août, le porte-parole du mouvement Ansarullah a parlé de 47 enfants martyrs et de 77 blessés suite au bombardement par les avions de la coalition saoudo-américaine d’un bus scolaire transportant des enfants âgés de moins de 10 ans, lors de son passage dans un marché de la région de Dahyane au nord de Saada [1][2].

 

Nous traduisons ici le cri de douleur de M. Ghaleb Kandil, sans être sûrs d’avoir réussi à traduire l’étendue de sa juste colère qui est la nôtre et, normalement, celle de toute personne saine d’esprit et de coeur [Mouna Alno-Nakhal].

________________________________

Nous parlons du Yémen, là où toute parole devient muette devant l’horreur des massacres commis par les avions de la coalition américano-saoudienne contre de pauvres gens, des va-nu-pieds, mais de fiers va-nu-pieds.

Nous parlons du Yémen, là où toute parole perd de son sens devant les petits corps d’écoliers déchirés et déchiquetés par les missiles d’une haine aveugle larguée sur ceux-là qui ont osé refuser leur hégémonie, ceux-là qui ont osé les affronter jusqu’à exceller dans leur résistance et leur résilience.

L’épopée de la résistance yéménite suscite admiration et respect. Mais elle suscite aussi de l’embarras devant sa persistance en dépit du manque de moyens et du peu de soutien, face à un blocus criminel marqué du sceau d’États petits et grands ; certaines capitales étant criminelles pour avoir organisé cette agression barbare afin d’affamer les Yéménites et les mettre à genoux, d’autres capitales étant criminelles pour avoir couvert les agresseurs assassins ne serait-ce qu’en gardant le silence et en fermant les yeux sur leurs crimes.

En effet, nombre de gouvernements ont témoigné de leur honteuse décadence morale en s’abstenant de réagir, même timidement, devant ces massacres à répétition. Des massacres qui ont pourtant utilisé les dernières armes et munitions sorties des usines américaines, britanniques et françaises et ont transformé le Yémen, au vu et au su du monde entier, en terrain d’essai d’armes nucléaires dites « tactiques » et de toute une série d’instruments de propagation de la mort et des épidémies par mer, par air et par terre : guerre bactériologique, éradication des récoltes et de toutes sortes de plantes et d’arbres, interdiction de la pêche en mer et du transfert de toute nourriture par les ports bloqués.

Mais malgré tous les radars et cuirassés des assaillants massés devant leurs rivages sinueux, les Yéménites arrivent toujours à briser leur siège avec leurs petits bateaux primitifs habitués à chuchoter aux oreilles des vagues pour qu’elles se calment ; ce qu’elles font, accueillant leurs filets et accompagnant leurs pagaies selon une tradition respectée depuis des siècles et des siècles.

Ces gens démunis de tout ne s’agenouilleront pas. Collés à leur terre rocailleuse depuis la nuit des temps, ils teintent leurs habits de la couleur de ses poussières qui s’enfoncent dans les pores de leur peau brunie, tandis que leurs pieds nus la foule comme s’ils traversaient un champ fleuri. Et aujourd’hui, les pieds nus de ces amoureux de leurs montagnes et de leurs chemins escarpés s’acclimatent avec les pierres colorées du sang versé par des criminels de guerre venus jouer aux plus forts en usant des technologies les plus récentes pour tirer sur un bus scolaire, transformé en mare de sang.

Dans leur communiqué militaire, ils disent avoir ciblé les ingénieurs et les lanceurs de missiles balistiques, mais manque le mot « futurs » pour que ce communiqué corresponde à la vérité. Car il est certain que parmi les enfants yéménites, assassinés dans ce bus, se trouvaient quelques-uns qui seraient devenus, dans une quinzaine d’années environ, des ingénieurs en missiles balistiques conçus pour défendre leur patrie contre les tyrans agresseurs, les repousser et les écraser.

C’est donc la même logique de la rhétorique sioniste justifiant l’assassinat des enfants palestiniens afin d’éviter la confrontation avec leurs pères, leurs frères adultes parmi les « Fedaiyine » et les héros des champs de bataille. La signature saoudienne, reconnaissant avec arrogance cette agression, n’est là que pour exécuter l’ordre reçu par les véritables acteurs du massacre : les États-Unis, Israël et les membres de l’OTAN associés à ce crime.

 

Mais le sang des enfants est indélébile. En terre yéménite et sur ses montagnes pousseront des forêts de bras prêts à se battre ; puisque, de l’Océan au Golfe, il est peu probable que ceux qui sont restés silencieux sur tous ces crimes, leurs fronts  marqués du stigmate du déshonneur, se mettent à parler alors que les pétrodollars, trempés du sang de ces enfants, continuent à affluer dans les poches des dirigeants, des fonctionnaires, des scribes et orateurs. Les montagnes finiront par parler tandis qu’ils continueront à se taire, car le pétrole lie les langues et empoisonne les esprits. Mais le scandale s’amplifie et leur prostitution se découvre devant les rêves brûlés d’une enfance trahie dans son bus scolaire, devant les petits corps déchiquetés en prévision du festin de partage de sordides intérêts.

Sont marqués du même stigmate du déshonneur tous ceux qui les ménagent en bégayant de peur, et tous ceux qui échangent la morale et les valeurs contre l’argent et la bienveillance des Saoudiens en inventant des prétextes, tantôt au nom d’un prétendu réalisme, tantôt au nom d’une arabité qu’ils ont assassinée et dont leurs élites ont bu le sang lorsqu’elles se sont tues sur les massacres des Yéménites.

Quant aux pédants bavards sur les droits de l’homme, ils sont les professionnels de la négation de ces mêmes droits et, par leur odieux silence sur ces crimes, ils ne font que tuer toute personne humaine arabe sur toute terre arabe.

Vous les complices silencieux… les massacres des enfants du Yémen révèlent votre scandale, le scandale de votre asservissement aux réseaux du renseignement et de l’esclavagisme mondial des Temps modernes, lequel recrute des leaders d’opinion pour des armées d’esclaves. Des armées d’esclaves destinées à couvrir des criminels assassins de millions de gens et motivées par la haine du moindre souffle de liberté, du moindre râle de protestation, sortis de la gorge d’un enfant immolé ou d’une mère blessée.

En conséquence, le sang yéménite triomphera de vos monstres métalliques, de vos cœurs de pierre et de vos esprits diaboliquement criminels. Les enfants du Yémen vous poursuivront dans vos chambres à coucher et vos horribles cauchemars. Ils finiront par écraser vos prétextes fallacieux et vos gueules « pétrolisées » [3].

Ghaleb Kandil

10/08/2018

 

Article original : New Orient News

http://www.neworientnews.com/index.php/news-analysis/62844-2018-08-10-07-41-12

Traduit de l’arabe par Mouna Alno-Nakhal pour Mondialisation.ca

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