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Crous: Le monde estudiantin au bord de l'insurrection, après l'immolation d'un jeune

Publié par wikistrike.com sur 13 Novembre 2019, 10:00am

Catégories : #Politique intérieure, #Social - Société, #Culture - médias - Livres - expos - rencontres

Crous: Le monde estudiantin au bord de l'insurrection, après l'immolation d'un jeune

Attention danger, ça peut péter...

Trop de jeunes abandonnent leurs cursus pour des raisons financières. Il est temps que l'Etat protège les étudiants.

WikiStrike se positionne derrière les travailleurs du papier qui ont droit à une vie estudiantine décente. Car ces étudiants quasi-abandonnés sont aussi des apprentis, ils méritent évidemment une autre attention, plus respectueuse. La précarité est intolérable, il est plus que temps d'agir.

Jeunesse, envoyez-nous vos témoignages de vos difficultés, et proposez-nous vos solutions, nous les passerons.

WikiStrike milite pour un statut d'apprentis et tout ce que cela entraîne. 

Enfin, nous tenons ici à soutenir Anas, que son acte de désespoir  ne soit pas vain.  

 

wikistrike.civilisations@gmail.com 

MANIFESTATION - “Vidal, démission!” Les étudiants qui manifestaient le 12 novembre contre la précarité en ont profité pour régler leurs comptes avec la ministre de l’Enseignement supérieur, Frédérique Vidal. Parti devant le siège du Crous à Paris, dans le 5e arrondissement, le rendez-vous s’est terminé dans un siège improvisé du ministère, comme vous pouvez le découvrir dans la vidéo en tête de cet article.

Le déclencheur de la manifestation était bien sûr le drame qui s’est déroulé vendredi 8 novembre devant le Crous de Lyon: un étudiant en difficulté financière s’est immolé par le feu, restant aujourd’hui encore entre la vie et la mort. Comme à Lille où François Hollande a été empêché de donner une conférence, des centaines d’étudiants s’étaient donné rendez-vous avec pour mot d’ordre “la précarité tue”. 

Une fois le rassemblement fini, un cortège de plusieurs centaines de personnes s’est détaché, en continuant à scander slogan contre la politique du gouvernement. En passant devant le ministère de l’Enseignement supérieur, la foule s’en est alors prise aux grilles protégeant le bâtiment: ces dernières n’ont pas résisté très longtemps, cédant sous la pression. Les forces de l’ordre sont alors intervenues, et le cortège s’est dispersé dans le calme. 

Les retards de versements sont aussi très fréquents et mettent la jeunesse en danger.

 Source

Qui est Anas K., l’étudiant de 22 ans qui s’est immolé devant le Crous de Lyon ?

Crous: Le monde estudiantin au bord de l'insurrection, après l'immolation d'un jeune

Vendredi 8 novembre, Anas K. s’est aspergé d’essence avant de s’immoler devant un bâtiment du Crous, dans le 7e arrondissement de Lyon. « Aujourd’hui, je vais commettre l’irréparable », avait-il écrit sur Facebook. Il voulait alerter sur sa précarité et celle de nombreux autres étudiants. « Brûlé à 90 % » selon un syndicat, il se trouvait encore entre la vie et la mort mardi matin, alors que des dizaines de rassemblements ont eu lieu devant les Crous de toute la France. Qui était-il ? Comment a-t-il pu en arriver à un tel désespoir ? La question est dans tous les esprits.

Selon Lyon 2, l’université où il est inscrit en licence de sciences-politiques depuis quatre ans, Anas K., 22 ans, est un jeune homme « très impliqué au sein des instances de l’établissement ». Secrétaire fédéral du syndicat Solidaires Etudiant-e-s où il y est décrit comme un « pilier », il siège également au conseil de sa faculté et à la commission de la formation et la vie universitaire, comme le rapporte « le Monde ». Sa ligne directrice, résumée par Laetitia, sa compagne depuis un an : le « syndicalisme révolutionnaire ». La jeune femme, qui a prévenu les secours après avoir reçu un sms inquiétant d’Anas, le décrit comme fier de sa ville d’origine, Saint-Etienne, « ouvrière et populaire ».

Anas K. n’était pas en dépression, n’avait jamais fait de tentative de suicide auparavant. Ni sa compagne ni ses amis n’ont vu son geste arriver. Ils le décrivent comme « très entouré », « ni en rupture familiale » « ni en situation d’isolement ». Au contraire : le jeune homme est « souriant et joyeux »« C’était un des plus engagés de notre groupe. Il y a deux semaines, il rigolait et blaguait avec nous »décrit son camarade Nelson au « Progrès ».

Il s’investit dans son syndicat, particulièrement ces deux dernières années, et se bat contre la réforme de Parcoursup, contre la hausse des droits d’inscriptions pour les étudiants étrangers et pour l’accueil des migrants. Selon une camarade témoignant auprès du « Monde », Anas K. était même présent « à toutes les réunions » de la semaine passée.

Si le geste du jeune homme a été commis pour protester contre la précarité de nombreux étudiants, il évoquait rarement ses propres difficultés : « Il ne se plaint jamais de sa situation, il s’exprime toujours dans une optique collective, raconte Nelson au “Monde”. C’est quelqu’un qui pense énormément aux autres. »

« Il avait du mal à payer ses factures avec sa seule bourse »

Pourtant, selon certains de ses amis, le jeune homme était en « très grande précarité ». Les premières années de sa licence, il avait vécu chez ses parents à Saint-Etienne, où il faisait quotidiennement des trajets jusqu’à sa fac de Lyon. Puis, il avait emménagé à la résidence étudiante Jean-Mermoz l’an dernier, comme le rapporte « le Monde ». Ses études d’un côté et son engagement syndical de l’autre l’empêchent de prendre un job en parallèle.

« Il avait du mal à payer ses factures avec sa seule bourse, se souvient Beverly Rubin auprès de “Libération”. En plus, son logement étudiant était insalubre, avec des punaises de lit, des cafards, mais il n’aimait pas s’attarder sur sa situation personnelle. » Pour un professeur, bien qu’il ait eu « du mal pour les examens », il était impliqué « dans son travail ». Mais les problèmes s’enchaînent : en « triplant » son année, il a perdu sa bourse ainsi que son logement en résidence, explique Lyon 2. Depuis il vivait entre chez sa copine, à Lyon, et chez ses parents.

Dans son message publié sur Facebook quelques heures avant son geste, Anas K. écrivait : « Cette année, faisant une troisième L2, je n’avais pas de bourse, et quand j’en avais, 450 euros par mois, est-ce suffisant pour vivre ? » Faisant part de ses inquiétudes pour l’avenir (le chômage, la retraite…), il accuse « Macron, Hollande, Sarkozy et l’UE de [l]’avoir tué, en créant des incertitudes sur l’avenir de tous ». « J’accuse aussi Le Pen et les éditorialistes d’avoir créé des peurs plus que secondaires », écrit-il.

« Nous n’avons pas suffisamment de mots pour exprimer notre douleur et notre tristesse », a rapidement réagi Solidaire étudiant.e.s., qui a dénoncé une « précarité qui tue nos vies ». Le syndicat étudiant est l’origine de l’appel aux rassemblements devant les Crous de France, en signe de protestation et afin de « continuer la lutte ».

 

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