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Le meurtre de l'humanitaire Tetsu Nakamura ébranle l’Afghanistan et le Japon

Publié par wikistrike.com sur 8 Décembre 2019, 17:11pm

Catégories : #Social - Société

Le meurtre de l'humanitaire Tetsu Nakamura ébranle l’Afghanistan et le Japon

« Oncle Murad » a donné sa vie pour l’Afghanistan

 

La mort de l’humanitaire Tetsu Nakamura, 73 ans, ébranle l’Afghanistan et le Japon, son pays d’origine. Il a été tué par balles avec cinq de ses gardes du corps afghans dans l’est de l’Afghanistan.

Sur le cliché, la silhouette frêle de Tetsu Nakamura est soulevée dans les airs par Gul Agha Sherzai, un colosse qui occupait jadis le poste de gouverneur de la province du Nangarhar, à l’est de l’Afghanistan. Le médecin japonais y affiche un large sourire surmonté d’une moustache poivre et sel.

« Oncle Murad » a donné sa vie pour l’Afghanistan

La photo est l’une des plus partagées sur les réseaux sociaux dans le pays, depuis l’annonce de la mort de celui que les Afghans appelaient affectueusement « Oncle Murad ». Il a été tué avec ses 5 gardes du corps mercredi 4 décembre alors qu’ils circulaient à bord d’une camionnette à Djalalabad, capitale du Nangarhar frontalier du Pakistan.

Cela faisait près de 30 ans que l’humanitaire travaillait dans la région, une loyauté qui l’avait rendu populaire auprès des Afghans et lui avait valu d’être nommé citoyen d’honneur du pays par le président Ashraf Ghani, en octobre dernier.

Tetsu Nakamura était originaire de l’île montagneuse de Kyushu au sud-ouest du Japon, considérée comme le berceau de la civilisation nippone. En 1983, à sa sortie de l’université de Kyushu, diplômé de l’école de médecine, il s’engage au sein de « L’association de Peshawar », dont le siège se trouve dans la ville pakistanaise du même nom, à la frontière avec l’Afghanistan. Il y soigne les malades de la lèpre, et parmi eux de nombreux réfugiés afghans.


« J’aime voir un village ramené à la vie »Au début des années 1990, le médecin franchit la frontière pakistano-afghane pour créer de l’autre côté des cliniques dans la province de Nangarhar. Dans les années 2000, la région fait face à une grave sécheresse. Dans ses centres de santé, le médecin japonais, reçoit de nombreux patients atteints de malnutrition. C’est alors qu’il décide de s’attaquer au cœur du problème en lançant des projets d’irrigation.

Avec son ONG Peace Medical Services, et en mettant en pratique des anciennes techniques japonaises nécessitant peu de technologie, l’homme réussit à faire reverdir une vallée désertique grâce à la construction de tout un réseau de canaux dans le district de Khiwa, à 13 km au nord de Djalalabad.

Le projet commencé en 2003, s’achève en février 2010. Au final, le canal Marwarid permet d’irriguer plus de 16 000 hectares de terres et bénéficie à près de 600 000 habitants. « J’aime voir un village ramené à la vie », confiait récemment le septuagénaire à des journalistes.

Les Talibans, actifs dans cette région du pays, ont nié toute responsabilité dans cette attaque. Le gouvernement pour sa part a promis une enquête. Depuis le drame, plusieurs veillées ont été spontanément organisées à Djalalabad. Des portraits du ‘docteur héros’ s’affichent encore sur les murs de la ville, avec ces mots : « Nous sommes désolés de ne pas avoir pu vous protéger. »

 

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