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Un sarcophage dévoile un texte de 4000 ans, antérieur au Livre des Morts

Publié par wikistrike.com sur 25 Octobre 2020, 09:36am

Catégories : #Civilisations anciennes, #archéologie - Histoire - Préhistoire - Patrimoine, #Les anciennes écritures

4000 ans que ce manuscrit attendait, à l’intérieur d’un cercueil. Les archéologues effectuaient des fouilles dans la région de Saqqarah : leur découverte tient du petit miracle. On parle du plus ancien document sur la civilisation égyptienne : Le Livre des Morts


Livre des morts
 


Le ministère du Tourisme et des Antiquités avait mandaté chercheurs et scientifiques égyptiens début octobre. Leur mission : passer au crible quelque 59 cercueils anciens, une trouvaille qui sentait déjà bon le cadeau de Noël. En ouvrant l’un des sarcophages significativement décoré, l’équipe a évidemment exhumé les restes d’une momie embaumée : le tissu contenait des inscriptions hiéroglyphiques aux couleurs vives. 

Étonnant. Mais les textes qui l’entouraient, sur les parois du tombeau à ses côtés le furent plus encore.
 

Il faut trouver la voie...


Traditionnellement, les livres religieux accompagnaient les morts dans leur tombe, afin de leur prodiguer les instructions nécessaires à leur voyage vers l’au-delà. Un guide touristique, en somme. Le Livre des Morts, comme son nom l’indique, représentait le document idéal pour cette traversée : il sécurisait le chemin et donnait les meilleures indications.

Depuis les débuts du Nouvel Empire, dans l’ancien État égyptien, en 1550, jusqu’en 50 av. J.-C., cet ouvrage faisait office de référence. Il recense un large éventail de textes — sorts magiques, incantations, prières — rédigés au gré des temps par les prêtres. Entre les plaidoiries à réciter aux divinités, il compte aussi des chants spécifiques — et bien entendu, une description du destin qui attend les morts : paradis idéalisé ou enfer brûlant. 

Car on ne badine pas avec la résurrection chez les Égyptiens : les effets personnels, de la nourriture, des bijoux ou encore tout ce que le vivant appréciait avant de passer l’arme à gauche étaient enterrés avec lui. Et au fil du temps, pillés par les rapines menées dans les tombeaux. 
 

Le Lonely planet des défunts


Les amulettes, particulièrement prisées, et des formules gravées à même le sarcophage complétaient l’ensemble des mesures à prendre pour un trajet sans encombre. C’est qu’oublier les mots précis, voire le nom d’une divinité, ne plaiderait pas en faveur du défunt soucieux d’accéder au séjour des morts. Et quand le panthéon recense une quarantaine de dieux, avant de recevoir le jugement final, mieux vaut prévoir les antisèches. 

De là l’existence du Livre de Morts, compulsant, à la manière d’un Reader's Digest, toutes les informations. Et l’importance majeure de ce que les archéologues ont donc trouvé à Saqqarah, note L’Express




 

La doctrine post-mortem égyptienne repose sur un triptyque simple : la croyance aux enfers, la vie éternelle et la renaissance de l’âme. Le texte hiéroglyphique dessiné à l’intérieur du cercueil dévoile ainsi une version rédigée voilà 4000 ans de ce texte : le plus ancien exemplaire jamais trouvé.
 

Deux voies à emprunter


Pour les experts, il fait référence au Livre des Deux Chemins, précurseur du Livre des Morts. Et l’on a déniché d’autres artefacts qui remontent au règne du souverain Montouhotep II, décédé en 1995 av. J.-C.. Monarque de la XIe dynastie qui s’étendit de 2160 à 1938 avant notre ère, selon les historiens (voir la querelle), il donne des indications assez précises sur le contexte. 

Mais le bonbon, dans tout cela, c’est que le site des fouilles prend place non loin de la pyramide (ou mastaba…) de Djoser : cette dernière est vieille de 4700 ans, et pourrait déceler de nombreuses autres merveilles, estime le ministre du Tourisme et des Antiquités, Khaled el-Anani.  

Le Livre des Deux Chemins aurait été rédigé vers 2050 avant notre ère : il montre les deux voies possibles pour le mort, l’une fluviale, l’autre terrestre, afin de parvenir à une renaissance. Et s’accompagne, traditionnellement, d’une carte idoine. 

Bien que dans la tombe, ce soit une femme que les scientifiques aient découverte, le document donne les indications comme s’il s’adressait à un interlocuteur mâle. Les problèmes d’écriture inclusive remontent donc à loin. Mais qu’importe, à supposer que Ankh, la femme momifiée, ait su les lire et les prononcer correctement, elle repose pour l’éternité dans un éden…

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