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manifestation des Gilets jaunes le 12 septembre à ParisAprès le Covid, le chaos social? Le FMI s'inquiète pour la France

Publié par wikistrike.com sur 5 Mars 2021, 14:37pm

Catégories : #Economie, #Social - Société

manifestation des Gilets jaunes le 12 septembre à ParisAprès le Covid, le chaos social? Le FMI s'inquiète pour la France

Le FMI craint une explosion sociale après la crise. Deux études publiées par l’institution internationale signalent la possibilité d’une montée des tensions sur le long terme, une fois la crise sanitaire passée. Des hypothèse corroborées en France par certains épisodes historiques similaires et une indéniable fragilité sociale.

Anticiper l’avenir à la lumière du passé. C’est l’exercice auquel le FMI vient de se livrer. Et le résultat n’a rien de rassurant

Paru le 3 mars sur le blog de l’organisation basée à Washington, un article intitulé «Les répercussions sociales des pandémies» signé par trois chercheurs alerte du risque de conflits liés à la fracture sociale. Laquelle est devenue un fossé durant la crise sanitaire. Et en envisageant le pire, il se pourrait bien que l’épidémie ne soit que l’élément déclencheur d’un phénomène plus catastrophique encore…

 

S’appuyant sur deux précédentes études du Fonds, cette tribune rappelle ainsi les points communs troublants de plusieurs soulèvements populaires survenus dans le passé. En particulier au cours de l’histoire de France. On retrouve dans le contexte actuel des éléments déclencheurs de ces révoltes.

«Avec le temps, le risque d'émeutes et de manifestations antigouvernementales augmente. En outre, l'étude met en évidence un risque accru de crise gouvernementale majeure –un événement qui menace de faire tomber le gouvernement et qui survient généralement dans les deux années suivant une grave épidémie», rappellent Sophia Chen, Nan Li et Philip Barrett

Une révolte populaire est d’ailleurs déjà redoutée par le gouvernement depuis plusieurs semaines après les récentes émeutes qui ont frappé les Pays-Bas ou le Liban. Ce serait, sans doute, une des raisons qui le dissuadent d’infliger un troisième confinement général.

Vers un éternel retour de l’histoire?

Pourtant, si l’on en croit les rapports du FMI remis sur la table cette semaine, c’est plutôt l’après-Covid qui risque de dégénérer. En cause, les conséquences économiques et sociales liées au bond de la dette publique et au taux de chômage record. Pour prendre l’exemple de la France, le taux de chômage a augmenté sur l’année de 8 % pour la seule catégorie A (recherche active), celui des moins de 25 de presque 9%, avec une hausse spectaculaire chez les jeunes à Paris: +31,8 %.

En France, Le Canard enchaîné relatait à ce propos, le 24 février, une prédiction de la secrétaire d’État Marlène Schiappa qui, selon l’hebdo satirique, aurait confié à certains ministres sa crainte que l’après-Covid puisse «tourner au cataclysme. La faute aux gens qui vont se lâcher.» Elle aurait, en outre, pronostiqué des «violences en tout genre», des «débordements permanents» ou encore une «prolifération des affrontements». Des propos qu’elle a ensuite publiquement démentis, mais qui n’ont rien d’irréaliste au vu des mises en garde du FMI.

Depuis  juillet 2020, un indicateur créé par le FMI permet de mesurer le niveau des perturbations internes d’un pays en se fondant sur la couverture médiatique des troubles sociaux.

Repris dans l’étude menée en février par Philip Barret et Sophia Chen –signataires du billet d’alerte du 3 mars–, cet indice a alors été croisé avec les épisodes d’épidémies connus dans 130 pays. Le résultat est sans appel: la corrélation entre les tensions et les désordres sociaux est établie. Ces résultats confirment même ceux d’une précédente étude.

S’appuyant sur des exemples historiques, les experts concluent même que «les pandémies conduisent à des risques significativement plus élevés de désordres sociaux après quatorze mois», de même que, au cœur de la crise sanitaire, un effet inverse s’observe en général, à savoir un renforcement de «la cohésion sociale et [de] la solidarité».

En France comme ailleurs, l’histoire permet de vérifier ces angoissantes conjectures. Deux études du FMI sur le sujet évoquent des précédents frappants. Ainsi l’épidémie de choléra qui a endeuillé l’Europe dès 1832, a tué 100.000 personnes en France et occasionné des manifestations d’ampleur.

«La progression de la maladie avive les tensions de classes, les riches reprochant aux pauvres de propager la maladie et les pauvres pensant qu’on les empoisonne. Bientôt, l’animosité et la colère se portent sur la figure du roi, déjà impopulaire.»

Et de citer, même, Les Misérables de Victor Hugo qui ont immortalisé ces soulèvements.

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