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Le plus ancien alphabet de l'humanité mis au jour

Publié par wikistrike.com sur 21 Avril 2021, 10:05am

Catégories : #Civilisations anciennes, #Les anciennes écritures, #archéologie - Histoire - Préhistoire - Patrimoine

Le tesson découvert en 2018 à Tel Lachish. J. Dye/Austrian Academy of Sciences

Le tesson découvert en 2018 à Tel Lachish. J. Dye/Austrian Academy of Sciences

ARCHÉOLOGIE - Un fragment de céramique découvert en 2018 pourrait confirmer la diffusion au Levant du système alphabétique avant les conquêtes égyptiennes.

Ce serait le chaînon manquant de la diffusion du plus ancien système alphabétique : un petit graffite peint sur un tesson de céramique identifié en 2018 à Tel Lachish, la Lakish biblique, pourrait amener les historiens à réévaluer l'histoire du premier alphabet historiquement attesté. D'après une nouvelle étude autrichienne, ce système primitif dérivé des hiéroglyphes se serait non seulement exporté hors d'Égypte au moins un siècle plus tôt qu'on ne le pensait, mais il se serait en outre développé au cours d'échanges et d'interactions avec le royaume nilotique plutôt que sous la contrainte de la domination égyptienne du Levant, à l'époque du Nouvel Empire.

 

«L'inscription récemment découverte à Tel Lachish est, à ce jour, l'exemple le plus ancien et le mieux daté d'une écriture alphabétique précoce dans le sud du Proche orient», ont écrit dans la revue scientifique Antiquity les chercheurs de l'Institut archéologique de l'Académie autrichienne des sciences et de l'université hébraïque de Jérusalem. Exhumé dans un bâtiment adossé à l'enceinte antique de Lakish, dans une couche archéologique datée de la première moitié du XVe siècle av. J.-C., le fragment de céramique appartenait à un petit bol de lait dont le type était apprécié à cette époque de l'occupation du site. Décoré d'une frise géométrique brune, ce minuscule tesson peint de 40 x 35 mm était annoté, au revers, d'un graffite peint à l'encre. Mal visibles quoique déchiffrables, les deux petites lignes désignent un ou deux noms, peut-être ceux du propriétaire ou du marchand de la poterie. Mais ce qui a surtout étonné les chercheurs était l'emploi d'un système d'écriture alphabétique sur un objet censé précéder d’un à deux siècles son arrivée dans le Levant.

Une diffusion plus précoce de l'alphabet

Comme l’ont rappelé les chercheurs autrichiens, l'apparition du premier système d'écriture alphabétique est traditionnellement située en Égypte, entre 1800 et 1500 av. J.-C.. Celui-ci serait apparu au sein des populations sémitiques cananéennes du Sinaï à une période où cette région riche en turquoise fait l'objet de nombreuses prospections minières égyptiennes. Outre le Sinaï, d'autres anciennes inscriptions auraient été retrouvées dans l'ouest du delta du Nil. Bien que leur interprétation varie, ces premiers exemples d'alphabets pourraient dater de la XIIe dynastie égyptienne, dans les environs de 1800 av. J.-C., soit près de cinq siècles avant les premiers vestiges solidement datés d'inscriptions alphabétiques sur la côte levantine. Or les chercheurs supposaient de longue date qu'un transfert de cette écriture au Proche orient devait tout de même s'être effectué bien avant les premières traces archéologiques sûres, qui ne remontent pas avant les environs de 1300 av. J-.C..

 

C'est en cela que les vestiges de Lakish prennent toute leur importance. Aujourd'hui situé à une trentaine de kilomètres de Jérusalem, le site archéologique mentionné dans l'Ancien Testament était une cité importante de la région pendant l'âge du Bronze puis l'âge du Fer. Une expédition d'archéologues britanniques y avait déjà découvert en 1934 une dague en bronze ornée de quatre signes interprétés par une partie de la communauté scientifique comme pouvant être des lettres alphabétiques. Bien que datée sans l'ombre d'un doute de la fin du Bronze moyen, vers le XVe siècle av. J.-C. - au contraire d'autres inscriptions alphabétiques du site - la dague de Lakish ne peut cependant fournir un repère fiable, une certaine incertitude nimbant encore l'interprétation de ses graffites.

Or c'est précisément ce qu'autorise le tesson découvert en 2018 : daté avec certitude et interprété sans difficulté, il permet de confirmer l'hypothèse d'une alphabétisation précoce de la région. «Nous pensons que l'écriture alphabétique s'est diffusée dans le sud du Levant à la fin de l'âge du Bronze moyen - la dague de Lakish étant probablement le premier exemple attesté - et était utilisée au moins au milieu du XVe siècle avant J.-C. à Tel Lachish», ont résumé les chercheurs autrichiens. Cette diffusion du système alphabétique pourrait remonter à l'époque qui correspond, en Égypte, à la Deuxième Période intermédiaire, un temps marquée par la domination des Hyksos dans le pays.

Cette validation de l'alphabet au Levant dès le XVe siècle indique par extension qu'elle semble s'y être diffusée en même temps que l'écriture hiératique égyptienne, dont la présence a aussi pu être attestée à Lakish pour la même époque. La plus ancienne mention de la cité par une source égyptienne date également de la fin du XVe siècle av. J.-C. ; signe des échanges matériels et culturels qu'il existait entre les deux régions, bien avant les échanges martiaux et l'asservissement du Levant à partir de la XIXdynastie. Distinct du système d'écriture cunéiforme de la Mésopotamie et des hiéroglyphes égyptiens dont le hiératique est la simplification, le système alphabétique est adopté par les Cananéens puis par les Phéniciens avant de se diffuser à la Méditerranée orientale et au monde grec où il est se développe à l'époque archaïque. De la Grèce, l'alphabet fait florès dans la péninsule italienne, chez les Étrusques puis chez les Latins et le reste de l'Europe, avec un succès qui a de quoi laisser sans mots.

La dague en bronze de Lakish est gravée avec ce qui pourrait être l'une des plus anciennes inscriptions proto-alphabétiques du Levant. The Israel Museum/Neta Dror

La dague en bronze de Lakish est gravée avec ce qui pourrait être l'une des plus anciennes inscriptions proto-alphabétiques du Levant. The Israel Museum/Neta Dror

«L'inscription récemment découverte à Tel Lachish est, à ce jour, l'exemple le plus ancien et le mieux daté d'une écriture alphabétique précoce dans le sud du Proche orient», ont écrit dans la revue scientifique Antiquity les chercheurs de l'Institut archéologique de l'Académie autrichienne des sciences et de l'université hébraïque de Jérusalem. Exhumé dans un bâtiment adossé à l'enceinte antique de Lakish, dans une couche archéologique datée de la première moitié du XVe siècle av. J.-C., le fragment de céramique appartenait à un petit bol de lait dont le type était apprécié à cette époque de l'occupation du site. Décoré d'une frise géométrique brune, ce minuscule tesson peint de 40 x 35 mm était annoté, au revers, d'un graffite peint à l'encre. Mal visibles quoique déchiffrables, les deux petites lignes désignent un ou deux noms, peut-être ceux du propriétaire ou du marchand de la poterie. Mais ce qui a surtout étonné les chercheurs était l'emploi d'un système d'écriture alphabétique sur un objet censé précéder d’un à deux siècles son arrivée dans le Levant.

Une diffusion plus précoce de l'alphabet

Comme l’ont rappelé les chercheurs autrichiens, l'apparition du premier système d'écriture alphabétique est traditionnellement située en Égypte, entre 1800 et 1500 av. J.-C.. Celui-ci serait apparu au sein des populations sémitiques cananéennes du Sinaï à une période où cette région riche en turquoise fait l'objet de nombreuses prospections minières égyptiennes. Outre le Sinaï, d'autres anciennes inscriptions auraient été retrouvées dans l'ouest du delta du Nil. Bien que leur interprétation varie, ces premiers exemples d'alphabets pourraient dater de la XIIe dynastie égyptienne, dans les environs de 1800 av. J.-C., soit près de cinq siècles avant les premiers vestiges solidement datés d'inscriptions alphabétiques sur la côte levantine. Or les chercheurs supposaient de longue date qu'un transfert de cette écriture au Proche orient devait tout de même s'être effectué bien avant les premières traces archéologiques sûres, qui ne remontent pas avant les environs de 1300 av. J-.C..

 

C'est en cela que les vestiges de Lakish prennent toute leur importance. Aujourd'hui situé à une trentaine de kilomètres de Jérusalem, le site archéologique mentionné dans l'Ancien Testament était une cité importante de la région pendant l'âge du Bronze puis l'âge du Fer. Une expédition d'archéologues britanniques y avait déjà découvert en 1934 une dague en bronze ornée de quatre signes interprétés par une partie de la communauté scientifique comme pouvant être des lettres alphabétiques. Bien que datée sans l'ombre d'un doute de la fin du Bronze moyen, vers le XVe siècle av. J.-C. - au contraire d'autres inscriptions alphabétiques du site - la dague de Lakish ne peut cependant fournir un repère fiable, une certaine incertitude nimbant encore l'interprétation de ses graffites.

Or c'est précisément ce qu'autorise le tesson découvert en 2018 : daté avec certitude et interprété sans difficulté, il permet de confirmer l'hypothèse d'une alphabétisation précoce de la région. «Nous pensons que l'écriture alphabétique s'est diffusée dans le sud du Levant à la fin de l'âge du Bronze moyen - la dague de Lakish étant probablement le premier exemple attesté - et était utilisée au moins au milieu du XVe siècle avant J.-C. à Tel Lachish», ont résumé les chercheurs autrichiens. Cette diffusion du système alphabétique pourrait remonter à l'époque qui correspond, en Égypte, à la Deuxième Période intermédiaire, un temps marquée par la domination des Hyksos dans le pays.

Cette validation de l'alphabet au Levant dès le XVe siècle indique par extension qu'elle semble s'y être diffusée en même temps que l'écriture hiératique égyptienne, dont la présence a aussi pu être attestée à Lakish pour la même époque. La plus ancienne mention de la cité par une source égyptienne date également de la fin du XVe siècle av. J.-C. ; signe des échanges matériels et culturels qu'il existait entre les deux régions, bien avant les échanges martiaux et l'asservissement du Levant à partir de la XIXdynastie. Distinct du système d'écriture cunéiforme de la Mésopotamie et des hiéroglyphes égyptiens dont le hiératique est la simplification, le système alphabétique est adopté par les Cananéens puis par les Phéniciens avant de se diffuser à la Méditerranée orientale et au monde grec où il est se développe à l'époque archaïque. De la Grèce, l'alphabet fait florès dans la péninsule italienne, chez les Étrusques puis chez les Latins et le reste de l'Europe, avec un succès qui a de quoi laisser sans mots.

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