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Les cochons et les rongeurs peuvent respirer par leur anus… peut-être l’humain

Publié par wikistrike.com sur 18 Mai 2021, 14:48pm

Catégories : #Ecologie - conso - biodiversité - énergie

Les cochons et les rongeurs peuvent respirer par leur anus… peut-être l’humain

Une équipe de scientifiques provenant d’institutions des États-Unis et du Japon a découvert que les rongeurs et les porcs peuvent respirer par leurs intestins. Il est possible qu’ils partagent cette surprenante capacité avec d’autres mammifères, voire avec l’humain.

L’auteur principal de l’étude, Takanori Takebe, de l’université médicale et dentaire de Tokyo (Japon) et du centre médical de l’hôpital pour enfants de Cincinnati (Etats-Unis), et ses collègues ont eu l’idée d’étudier la respiration intestinale chez les mammifères après avoir observé des loches, des poissons d’eau douce vivant au fond de l’eau qui utilisent leurs entrailles pour absorber un supplément d’oxygène dans leur environnement. En approfondissant leurs recherches, ils ont découvert que des chercheurs avaient déjà mené des explorations sommaires il y a plus d’un demi-siècle pour savoir si les humains et d’autres animaux avaient des pouvoirs similaires, avec des résultats très discutables. Takebe et ses collègues scientifiques ont cherché à réaliser des expériences similaires avec des techniques modernes et des méthodes plus rigoureuses.

Ils ont d’abord conçu un système permettant d’administrer de l’oxygène pur dans le rectum de souris. Ils ont ensuite exposé les souris à des environnements à faible teneur en oxygène et ils ont constaté que les souris recevant de l’oxygène par voie rectale vivaient au moins 60 % plus longtemps que celles qui n’en recevaient pas, soit environ 18 minutes contre 11 minutes. Les scientifiques ont ensuite découvert qu’en amincissant la paroi de l’intestin postérieur des souris, celles-ci pouvaient vivre radicalement plus longtemps lorsqu’elles étaient branchées au système. Grâce à cette méthode, 75 % des souris ont vécu plus de 50 minutes dans un environnement où l’oxygène était mortellement bas. La “respiration” intestinale leur permettait effectivement de survivre dans un environnement dépourvu d’oxygène.

Les chercheurs ont ensuite adapté leur méthode pour fournir de l’oxygène intestinal via un liquide. La perfluorodécaline est un composé inerte à base de fluor, doté d’une remarquable capacité à retenir l’oxygène. Les chercheurs ont placé des porcs dans un environnement à faible teneur en oxygène (mais non mortel) et ont donné à certains d’entre eux des lavements de perfluorodécaline hautement oxygéné. Les niveaux d’oxygène dans le sang de ces cochons se sont améliorés par rapport à ceux de leurs homologues qui n’en ont pas reçu. Les chercheurs ont noté que si les résultats étaient extrapolés à l’humain, ils représenteraient un effet cliniquement significatif, permettant potentiellement une “oxygénation vitale”.

Schéma de la méthode de ventilation entérale (EVA). En partant du fait que les loches ont une respiration intestinale dans des conditions hypoxiques, l’efficacité de la méthode EVA a été examinée chez des mammifères tels que les souris et les cochons. La méthode peut être efficace pour les patients souffrant d’insuffisance respiratoire. (Université médicale et dentaire de Tokyo )

Respiration rectale 1 21

L’étude ne montre pas clairement comment la “respiration” intestinale fonctionne, mais les chercheurs affirment que leurs données suggèrent qu’une sorte d’échange de gaz a lieu. Les intestins sont déjà conçus pour absorber les nutriments et les minéraux des aliments.

Takebe et ses collègues ne pensent pas que l’administration par voie rectale d’oxygène pur et gazeux fonctionnerait bien chez l’humain, mais l’administration de lavements de perfluorodécaline oxygénés le pourrait, d’autant que les porcs n’ont présenté aucun effet secondaire apparent par la procédure. Ils préviennent toutefois que des études à plus long terme sont nécessaires pour évaluer la sécurité et déterminer s’il y a des effets indésirables sur l’intestin.

Dans un commentaire connexe, le Dr Caleb Kelly, chercheur en gastroentérologie à L’université Yale, note que la thérapie expérimentale “pourrait occuper la niche créée lorsque la ventilation mécanique est indisponible ou inadéquate”, ajoutant :

Les auteurs doivent être félicités pour avoir réorienté cette technologie et pour avoir présenté cette étude de démonstration de faisabilité qui fera date et qui stimulera d’autres évaluations et développements.

L’étude publiée dans Med : Mammalian enteral ventilation ameliorates respiratory failure et présentée sur le site de l’Université médicale et dentaire de Tokyo : Ventilating the rectum to support respiration.

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