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CA DEBORDE - Bayonne (BAB) : 255 000 hab, 14 lits en réanimation

Publié par wikistrike.com sur 21 Août 2021, 08:50am

Catégories : #Santé - psychologie, #Social - Société

CA DEBORDE - Bayonne (BAB) : 255 000 hab, 14 lits en réanimation

A l'instar de la Martinique et de la Guadeloupe, Le covid est d'abord dangereux là où les lits n'existent pas. Petite pensée à la grippe qui s'est évadée depuis deux ans (wanted)

Au Centre hospitalier de la côte basque (CHCB), à Bayonne, «on est sur le point de rupture», souffle Franck Calleja, délégué CDFT, qui sera samedi de retour dans son service de réanimation. Avec 13 patients actuellement en réanimation Covid sur les 14 lits disponibles, le taux d'occupation atteint son maximum.

De ce groupement hospitalier de 1200 lits au total, six patients ont dû être transférés ces derniers jours vers les hôpitaux voisins de Dax et Pau. Et les prochaines semaines inquiètent personnel soignant et direction, en raison de l'effet retard des contaminations après le pic de fréquentation touristique de la première quinzaine d'août sur le littoral basque : «Les soignants sont fatigués. Nous avons plusieurs mois de crise derrière nous. Cet été, on espérait souffler un peu», dit Michel Glanes, directeur de l'hôpital bayonnais.

Le plan blanc activé «par anticipation» fin juillet

Le plan blanc, qui permet d'augmenter les capacités en réanimation et des rappels de personnels, a été déclenché le 9 août dans les établissements hospitaliers de Nouvelle-Aquitaine. Elle était alors touchée d'un taux d'incidence de 198,9 pour 100.000 habitants, de 280,8 dans les Pyrénées-Atlantiques.

À Bayonne, l'hôpital avait pris les devants dès le 26 juillet. Le taux d'incidence alors élevé justifiait un déclenchement «par anticipation», explique le directeur. Jusqu'au 27 juillet pourtant, seuls trois lits étaient occupés. «Mais ça poussait très fort et ça s'est accéléré très rapidement dès le 29 juillet», ajoute-t-il.

Le plan blanc, qui compte 4 seuils, est, à Bayonne, à son maximum. Les 13 personnes en réanimation, âgées de 30 à 45 ans, sont «pour la très grande majorité» non-vaccinées. Trente autres patients Covid sont aussi pris en charge dans d'autres services comme la pneumologie ou en soins de suite post-réanimation. La réanimation «classique», obligatoire pendant l'été et son lot d'accidents ou de noyades, est elle aussi pleine, avec 13 lits occupés sur 14 disponibles.

«On arrive à s'en sortir» malgré tout

À la hausse des contaminations, s'ajoutent aussi les problèmes d'effectifs, inhérents aux périodes de vacances. Le taux d'absentéisme est également plus important avec des salariés «en éviction» pour cause de grossesse par exemple, et des recrutements de plus en plus difficiles.

«Il y a des postes qui ne sont pas pourvus car on ne trouve personne», souligne le délégué syndical Franck Calleja. Certains salariés ont aussi quitté leur poste par «saturation» ou «lassitude». «On n'avait jamais vu ça, il y a eu plusieurs démissions, les gens craquent et abandonnent», avance un autre représentant syndical, de la CGT. «On arrive à s'en sortir mais c'est quand même très tendu», abonde le directeur de l'établissement.

Si quatre blocs opératoires ont déjà été fermés afin de pouvoir basculer des personnels du bloc et de la chirurgie vers la réanimation, la direction de l'hôpital envisage d'autres mesures, pour pallier la hausse d'activité attendue.

Une rentrée «très compliquée» redoutée

Fermetures de lits ou de services, transferts et rappels de personnels, transfert de patients vers d'autres établissements ou renforts de soignants de zones moins touchées sont toujours possibles. Déjà, pendant l'été, certains salariés de réanimation ont été rappelés, «mais toujours sur la base du volontariat», précise Michel Glanes.

La «fatigue accumulée depuis un an et demi» et l'obligation vaccinale des soignants en vigueur dès le 15 octobre prochain font craindre une rentrée «très compliquée» aux syndicats. Au Centre hospitalier de la côte basque, 83% des personnels soignants sont déjà vaccinés. Les 17% restants y sont incités «tous les jours» par la direction, «pour éviter les problèmes d'effectifs» à la rentrée.

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