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Emmanuel Macron installe une commission sur le complotisme

Publié par wikistrike.com sur 1 Octobre 2021, 13:47pm

Catégories : #Culture - médias - Livres - expos - rencontres, #Politique intérieure

Emmanuel Macron installe une commission sur le complotisme

Une équipe d’une quinzaine d’universitaires et personnalités, présidée par le sociologue Gérald Bronner, a été chargée, ce mercredi par Emmanuel Macron, de faire des propositions face à l’emprise des théories complotistes et de la désinformation dans le débat public, d’ici fin décembre.

Intitulée « Les lumières à l’ère numérique », la commission « devra formuler d’ici la fin de l’année des propositions concrètes dans les champs de l’éducation, de la régulation, de la lutte contre les diffuseurs de haine et de la désinformation », indique la présidence de la République dans un communiqué, qui ajoute qu’elle recevra les membres de la Commission ce mercredi en fin d’après-midi.

Une tentative de déstabilisation attribuée à la Russie

La nouvelle initiative d’Emmanuel Macron intervient à quelques mois de la campagne des élections présidentielles, période particulièrement propice aux manipulations et désinformations de toutes sortes. Victime d’une tentative de déstabilisation lors des derniers jours de la campagne électorale de 2017, qu’il a par la suite attribuée à la Russie, Emmanuel Macron a multiplié depuis avec sa majorité les initiatives pour tenter de réduire le risque.

Le Parlement a notamment adopté en 2018 une loi relative à la manipulation de l’information en période électorale, qui a attribué de nouvelles compétences au Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) face aux plateformes numériques en période électorale. Le gouvernement a également créé mi-2021 Viginum, une agence rattachée au secrétariat général à la défense nationale (SGDSN) et chargée de traquer la désinformation en période électorale.

Surprésence de fake news sur les réseaux sociaux

Et l’exécutif tente de pousser les feux au niveau européen pour faire adopter rapidement la nouvelle loi européenne dite « DSA », qui doit notamment renforcer les obligations faites aux grandes plateformes Internet en matière de modération des contenus. L’enjeu de la commission lancée mercredi sera de faire des propositions pour que le débat public soit un exercice « d’intelligence collective » où la profusion d’informations est un atout, et non une menace, a expliqué Gérald Bronner.

Aujourd’hui, la surabondance d’information s’accompagne d’une certaine « cacophonie », avec une « mise en concurrence directe de toutes les visions du monde », qu’elles relèvent « de la science, de la rationalité, de la croyance, de la magie, de la superstition », a-t-il souligné en particulier. Les études ont montré par exemple la tendance que les réseaux sociaux avaient à surpondérer les fausses informations dans leurs algorithmes de recommandation, a-t-il rappelé. En 2019, une étude sur YouTube a montré qu’une requête avec le mot « climat » menait à « plus de 50 % sur une vidéo climatosceptique », a-t-il dit.

Un « asservissement numérique »

Gérald Bronner a évoqué huit thématiques de travail pour la commission, à commencer par la façon dont les algorithmes des réseaux sociaux et des grandes plateformes Internet peuvent provoquer un « asservissement numérique », en modelant la conversation au sein de la société. La commission s’intéressera aussi à la façon dont le marché publicitaire tire profit de ces fausses nouvelles, mais aussi aux moyens de développer l’esprit critique, à la liberté éditoriale des médias face à la pression des plateformes, ou encore aux ingérences étrangères, a-t-il indiqué.

La commission est composée de chercheurs comme le sociologue Laurent Cordonier, la spécialiste du cyberespace Frédérick Douzet, l’historien Jean Garrigues, l’anthropologue Rahaf Harfoush, mais aussi des personnalités comme Rudy Reichstadt (directeur de Conspiracy Watch), la professeure des écoles Rose-Marie Farinella, la journaliste Web Aude Favre ou Rachel Kahn, ancienne athlète de haut niveau devenue juriste, actrice et écrivaine. En février 2020, Emmanuel Macron avait prévenu que la Russie « allait continuer à essayer de déstabiliser » les démocraties occidentales en s’ingérant dans leurs élections et en manipulant les réseaux sociaux. « Face à ces attaques, nous avons extrêmement peu d’anti-corps », avait-il ajouté.

 

Macron nomme un médecin déjà épinglé pour des mensonges à la Commission contre la désinformation
La Commission Bronner, mandatée par Macron pour lutter contre le complotisme et la désinformation, compte dans ses rangs un spécialiste récemment sanctionné par l'Ordre des médecins.
À peine mandatée par Emmanuel Macron, la Commission Bronner fait déjà parler d’elle. Ce nouvel organe, présidé par le sociologue Gérald Bronner, est censé lutter contre le complotisme et la désinformation. Mais il compte dans ses rangs une personnalité controversée.
Aux côtés de l’historien Jean Garrigues ou de l’écrivain Rachel Khan, connu pour sa critique du mouvement décolonial, figure en effet l’urologue du Tout-Paris: Guy Vallancien. Problème: le spécialiste, qui a notamment soigné François Mitterrand, vient tout juste d’être sanctionné par l’Ordre des médecins, rapporte Marianne.
L’urologue a effectivement reçu un blâme pour la rédaction d’un certificat médical "mensonger". Le professeur Guy Vallancien avait produit ce document pour soutenir un patient qui reprochait à son généraliste de ne pas lui avoir prescrit un dosage de PSA (antigène prostatique spécifique), dans le cadre d’un dépistage du cancer de la prostate.L’Ordre des médecins a notamment statué que le rapport du Pr Vallancien contenait "des affirmations caricaturales et des jugements de valeur catégoriques", détaille Le Quotidien du médecin.
Guy Vallancien est également connu pour avoir dirigé le Centre du don des corps de l’université Descartes, de 2004 à 2014. Une structure pointée du doigt pour son insalubrité et décrit comme un véritable charnier par les observateurs. Début juillet, le président de l'établissement d'enseignement, Frédéric Dardel, avait d’ailleurs été mis en examen pour "atteinte à l'intégrité d'un cadavre" dans cette affaire.
Une commission décriée
La Commission Bronner, baptisée "Les Lumières à l’ère numérique", auscultera tout particulièrement les réseaux sociaux et Internet. Elle devra formuler des propositions dans les "champs de la prévention et de la judiciarisation des entrepreneurs de haine".
Des missions derrière lesquelles certains voient poindre l’ombre d’une possible censure. Frédérique Douzet, membre de la commission et spécialiste du cyberespace, se défend pourtant de tout manichéisme.
 
"On n’est pas là pour juger des contenus qui doivent être autorisés ou interdits. On ne pense pas en termes de “vrai” et de “faux” mais selon un spectre d’acteurs qui s’étend de ceux qui agissent avec transparence et des méthodes journalistiques jusqu’à d’autres qui utilisent des moyens artificiels d’amplification de message et cherchent à tromper la population", explique-t-elle à Libération.
La commission doit remettre son rapport courant décembre, il sera rendu public et envoyé à tous les candidats à la présidentielle.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
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