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Des scientifiques transforment par erreur des hamsters en "monstres" agressifs

Publié par wikistrike.com sur 8 Juin 2022, 11:08am

Catégories : #Science - technologie - web - recherche

Des scientifiques transforment par erreur des hamsters en "monstres" agressifs

Des scientifiques utilisent depuis quelques années un outil de biotechnologie développé par la Française Emmanuelle Charpentier et l'Américaine Jennifer Doudna, double prix Nobel de chimie en 2020. Cette technique permet de modifier génétiquement des animaux pour leur faire acquérir différentes caractéristiques et aptitudes. Mais une récente expérience a montré que cette avancée scientifique révolutionnaire, qui permet d'activer ou de désactiver des gènes dans les cellules, peut donner des résultats... inattendus. C'est ce qui s'est produit pour une équipe de chercheurs en neurosciences qui a transformé des hamsters en “monstres” agressifs.

CRISPR-Cas9 : une technologie révolutionnaire

Dans une déclaration, des chercheurs de la Georgia State University (GSU) aux États-Unis ont souligné que leur nouvelle étude publiée dans les Actes de l'Académie nationale des sciences (PNAS) visait à utiliser la technologie CRISPR-Cas9 de désactivation des gènes dans les cellules, pour éliminer un récepteur de la vasopressine, une hormone associée à une agressivité accrue, afin de rendre les hamsters plus sociaux et pacifiques. Ce gène est censé réguler des comportements tels que l’entraide et la coopération. Les scientifiques étaient convaincus que ces comportements positifs allaient être amplifiés en désactivant la production de vasopressine.

Chassez le naturel...

Mais à leur grande surprise, les animaux dociles sont devenus plus agressifs. L'un des principaux chercheurs de l'étude, H. Elliot Albers, a déclaré : "Nous avions prévu que si nous éliminions l'activité de la vasopressine, nous réduirions à la fois l'agressivité et la communication sociale. Mais c'est le contraire qui s'est produit.”

Les hamsters ont développé des comportements agressifs dont la poursuite, la morsure et “l'épinglage”, selon l'étude. Cela s'expliquerait par le fait que les hamsters altérés (sans récepteur de la vasopressine)  montraient des "niveaux beaucoup plus élevés" de comportement de communication sociale que leurs homologues avec des récepteurs intacts. De plus, l'équipe a observé que les différences sexuelles typiques observées dans l'agressivité étaient éliminées ; les hamsters mâles et femelles affichant des "niveaux élevés d'agressivité" envers les autres individus du même sexe.

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Les chercheurs ont donc conclu que même si la vasopressine (Avpr1) augmente l'agressivité en agissant dans un certain nombre de régions du cerveau, il est possible que les effets plus globaux du récepteur Avpr1a soient inhibiteurs. "En fait, nous ne comprenons pas aussi bien ce système que nous le pensions", ont-ils avoué.

La vasopressine, également importante dans le comportement humain

Produite par certains neurones cérébraux, la vasopressine régule diverses fonctions comme la soif et la tension artérielle, mais joue aussi un rôle dans les interactions sociales. Chez les humains, on suspecte la vasopressine de jouer un rôle dans le trouble du spectre autistique et l’anxiété sociale. En 2019, un essai clinique américain avait montré qu’un spray nasal de vasopressine améliorait certains symptômes chez les enfants atteints de trouble du spectre autistique. Les scientifiques soulignent maintenant le besoin d’une meilleure compréhension du rôle de cette hormone dans le comportement social, pour mieux développer de nouvelles stratégies de traitement des troubles psychiatriques chez l'homme, allant de l'autisme à la dépression.

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