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Un chercheur affirme qu’il y a un énorme trou dans la couche d’ozone au-dessus des tropiques, mais tout le monde n’en est pas convaincu

Publié par wikistrike.com sur 9 Juillet 2022, 08:36am

Catégories : #Astronomie - Espace

Un chercheur affirme qu’il y a un énorme trou dans la couche d’ozone au-dessus des tropiques, mais tout le monde n’en est pas convaincu

Un chercheur canadien a découvert dans l’atmosphère terrestre, au-dessus de la quasi-totalité de la région tropicale, un trou dans la couche d’ozone en toutes saisons, environ sept fois plus grand que le trou dans la couche d’ozone de l’Antarctique. Cette découverte, bien qu’intéressante et préoccupante, est remise en question par d’autres spécialistes de l’ozone, qui estiment que l’étude comporte plusieurs lacunes.

La couche d’ozone est une couche naturelle de gaz située dans la stratosphère, la deuxième couche de l’atmosphère terrestre. Elle est essentielle à la vie sur Terre, car elle nous protège, nous les humains et les autres êtres vivants, des rayons ultraviolets du soleil. Les concentrations d’ozone varient en fonction de la température, de la latitude, de l’altitude et d’événements tels que les éruptions volcaniques.

Dans les années 1970, des recherches ont suggéré que la couche d’ozone pouvait être appauvrie par des produits chimiques industriels, principalement les chlorofluorocarbones (CFC), substances utilisées dans certains aérosols, agents gonflants pour les mousses et réfrigérants. Cette constatation a ensuite été confirmée par la découverte d’un trou dans la couche d’ozone de l’Antarctique en 1985, une zone où elle est endommagée. Bien qu’on les appelle communément des trous, les dommages ressemblent plutôt à une tache très fine.

Le « trou » d’ozone a incité les gouvernements à agir rapidement. Réagissant à la nouvelle, les pays du monde entier ont adopté le protocole de Montréal en 1987 pour éliminer progressivement les substances qui appauvrissent la couche d’ozone, notamment les CFC. La situation s’est améliorée de façon spectaculaire : environ 99 % des substances ont été éliminées et la couche d’ozone se reconstitue. On estime que le trou de l’Antarctique devrait se refermer dans les années 2060.

Cependant, ce n’est pas le seul trou dont nous devrions nous inquiéter, selon le professeur Qing-Bin Lu, un scientifique de l’université de Waterloo dans l’Ontario, au Canada. Qing-Bin affirme avoir découvert un énorme trou dans la couche d’ozone qui est présent en toutes saisons depuis les années 1980, contrairement au trou dans la couche d’ozone de l’Antarctique, qui n’apparaît qu’au printemps.

Selon Qing-Bin :

Les tropiques constituent la moitié de la surface de la planète et abritent environ la moitié de la population mondiale. L’existence du trou d’ozone tropical peut susciter une grande inquiétude au niveau mondial. Cette découverte appelle des études plus approfondies sur l’appauvrissement de la couche d’ozone, la modification du rayonnement UV, l’augmentation des risques de cancer et d’autres effets.

La découverte du trou d’ozone sur toute l’année au-dessus des tropiques a surpris la communauté scientifique, car il n’était pas prévu par les modèles photochimiques classiques. L’étude s’appuie sur les précédents travaux de Qing-Bin et de ses collègues sur une théorie de l’appauvrissement de l’ozone, selon laquelle les rayons cosmiques provenant de l’espace réduisent l’ozone dans l’atmosphère.

Mais tout le monde n’est pas convaincu. En fait, certaines personnes ont eu des mots forts à propos de l’étude.

Paul Young, chercheur à l’université de Lancaster (Royaume-Uni) et auteur principal de la dernière évaluation scientifique de l’appauvrissement de la couche d’ozone, qui n’a pas participé à l’étude, a rejeté l’existence d’un trou d’ozone tropical. Selon lui, Qing-Bin a examiné les variations en pourcentage de l’ozone plutôt que les variations absolues, ces dernières étant plus pertinentes pour les UV atteignant la surface.

Selon Young :

Il n’y a pas de « trou d’ozone tropical », causé par les électrons des rayons cosmiques proposés par l’auteur ou autre. Les changements à long terme et la variabilité d’une année sur l’autre de la couche d’ozone dans la basse stratosphère tropicale (~15-20 km d’altitude) sont bien connus et résultent à la fois de processus humains et de facteurs naturels.

Si l’auteur parle d’un « trou d’ozone tropical », c’est parce qu’il s’intéresse aux variations en pourcentage de l’ozone plutôt qu’aux variations absolues, ces dernières étant beaucoup plus pertinentes pour les rayons UV nocifs qui atteignent la surface. Il est intéressant de noter que son étude ne s’appuie pas non plus sur la vaste littérature qui explore et documente les tendances de l’ozone dans toutes les régions de l’atmosphère.

De son côté, Marta Abalos Alvarez, chercheuse à l’Université Complutense de Madrid (UCM), qui n’a pas non plus participé à l’étude, a déclaré que celle-ci manquait de la rigueur scientifique nécessaire pour être considérée comme une contribution fiable. Alvarez a déclaré que l’étude comportait « de graves erreurs et des affirmations non fondées » qui contredisent des résultats antérieurs et que le journal avait un faible facteur d’impact.

Martyn Chipperfield, professeur de chimie atmosphérique à l’université de Leeds (Royaume-Uni), est d’accord et se dit surpris que l’étude ait été publiée telle quelle. Chipperfield a déclaré ne pas être convaincu que les résultats soient corrects, ajoutant :

Je suis surpris que cette étude ait été publiée sous sa forme actuelle. Les résultats de ce travail seront très controversés et je ne suis pas convaincu qu’ils soient corrects. La science ne devrait jamais dépendre d’une seule étude et ce nouveau travail doit être soigneusement vérifié avant d’être accepté comme un fait.

En fin de compte, l’étude a été publiée, et la controverse ne fait probablement que commencer. Comme le dit Chipperfield, la science ne se résume jamais à une seule étude, et il ne fait aucun doute que nous entendrons encore parler de ce débat.

L’étude publiée dans la revue AIP Advances : Observation of large and all-season ozone losses over the tropics et la réaction des experts interviewés dans SMC : expert reaction to research claiming ozone hole over tropics.

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