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Comment la Révolution verte de Bill Gates mène l’Afrique à sa perte

Publié par wikistrike.com sur 10 Août 2022, 06:37am

Catégories : #Ecologie - conso - biodiversité - énergie

Comment la Révolution verte de Bill Gates mène l’Afrique à sa perte

AGRA Watch, une campagne de la CAGJ (Alliance communautaire pour la justice globale), démontre dans deux courtes vidéos comment la Fondation Bill & Melinda Gates (BMGF) et sa filiale l’AGRA (Alliance pour une révolution verte en Afrique), sont littéralement en train de ruiner l’Afrique. La dictature des semences imposée par les gouvernements africains et le système monétaire basé sur la dette jouent ici les rôles décisifs.

Découvrez dans les deux courtes vidéos qui suivent comment Bill Gates, derrière son masque de philanthrope, empoche des bénéfices colossaux en Afrique, tout en faisant finalement avancer un génocide.

[Voir la vidéo à la fin de ce texte]

Épisode 2 : Semences

Globalement, nous produisons assez de nourriture pour 10 milliards de personnes dans le monde, soit 2 milliards de plus que la population mondiale actuelle. Pourtant, chaque année, près d’un milliard de personnes souffrent de la faim dans le monde. L’économie agricole industrielle, composée de grandes entreprises qui dominent les marchés des engrais, des semences et des denrées alimentaires, prétend être en mesure de « nourrir le monde ». Mais ce n’est pas le cas et ça ne le sera jamais. Au lieu de cela, l’agro-industrie étend son contrôle sur l’alimentation et l’agriculture et privilégie le profit au détriment du bien-être économique, social et environnemental général.

Dans une exploitation saine et résistante, les gens et les processus écologiques travaillent ensemble pour fertiliser le sol, contrôler les insectes et produire des aliments nutritifs. Mais l’agro-industrie voit les choses de la manière suivante : Dans leur approche, les agriculteurs doivent s’endetter pour pouvoir acheter leurs intrants commerciaux, tandis que les multinationales récoltent les fruits.

Pour assouvir leur insatiable appétit de profits encore plus importants, les entreprises et les investisseurs considèrent l’agriculture africaine comme la « dernière frontière » de la croissance.

Prenons l’exemple des semences et voyons ce qui se passe lorsque l’agro-industrie commercialise et privatise l’une des composantes les plus fondamentales de l’agriculture : les semences.

En Afrique il s’agit d’ une variété de maïs traditionnelle qui a été cultivée et adaptée par les agriculteurs pendant de nombreuses générations. Une entreprise de semences s’empare maintenant de cette variété de maïs et investit dans la recherche pour produire une protéine capable de repousser les insectes indésirables. Elle est ensuite brevetée, promue et vendue en tant que variété dite améliorée.

Pour que les entreprises puissent le faire, les pays concernés doivent d’abord adopter des lois qui autorisent les entreprises à breveter les semences et à les détenir à titre privé. Et dans certains cas, ces lois prévoient que seules les semences brevetées peuvent être vendues sur le marché. Partout en Afrique, des lois sur la privatisation des semences apparaissent, imposant la protection de la propriété intellectuelle développée par les pays riches qui en profitent le plus.

La loi sur la protection des variétés végétales était un projet de loi qui devait permettre au Ghana d’adopter une loi permettant à ce pays d’adhérer à l’Union internationale pour la protection des obtentions végétales de l’UPOV 91. Ce faisant, il est tenu de se conformer à une série de lois très strictes sur les semences. Des lois pour protéger les semences brevetées par les semenciers.

Ces lois ont beaucoup d’effets négatifs sur nous, les petits agriculteurs africains. Nos semences locales sont en principe disponibles pour tous les agriculteurs. Mon père était agriculteur et je ne me souviens pas d’avoir acheté des semences à chaque saison de culture. C’était plutôt : « Va voir ton oncle et dis-lui : je n’ai pas assez de semences, donne-m’en, j’en ai besoin. Ou va voir mon ami là-bas, tu peux en avoir » ! C’est comme ça que j’en avais, tout le monde peut venir en prendre. De cette manière, c’était disponible pour tous. Ils partageaient et personne n’avait honte de demander quelque chose à ses proches, car c’est ce qu’ils ont toujours fait.

Mais la nouvelle loi de protection encourage désormais un certain type de semences et un mode formel de distribution des semences. J’ai parlé précédemment du système informel pratiqué jusqu’à présent par les agriculteurs. Il s’agit d’un système formel dans lequel les semences sont produites exclusivement par des spécialistes.

La Fondation Bill et Melinda Gates et l’AGRA – l’Alliance pour une révolution verte en Afrique – utilisent leur influence pour faire avancer la privatisation des semences sur le continent. Elles financent et conseillent des institutions qui font du lobbying auprès des gouvernements africains pour qu’ils adoptent les lois correspondantes. Cela permet aux entreprises semencières d’entrer sur le marché, de générer davantage de bénéfices et d’accroître le soutien des entreprises à l’AGRA.

Parallèlement, les programmes financés par la Fondation Gates et l’AGRA poussent les agriculteurs à utiliser ces semences privatisées par le biais de démonstrations sur le terrain, de publicité dans les médias et de prêts. Ces méthodes lient de nouveaux consommateurs avant que des prix conformes au marché ne soient exigés par la suite.

Dans certains cas, les lois sur les semences peuvent même interdire aux agriculteurs de subsistance d’échanger des semences ou de les conserver pour les ressemer, comme ils l’ont fait pendant des générations. Le contrôle des semences par les entreprises va à l’encontre des droits des agriculteurs inscrits dans les conventions internationales. Il met en péril les moyens de subsistance des populations en augmentant la faim et en sapant les traditions culturelles.

Rappelez-vous que les agriculteurs africains, en particulier ceux du Ghana, ont l’habitude de sélectionner les meilleures plantes pour la saison suivante. Et ces semences mises de côté sont ensuite chaleureusement partagées avec leurs frères, leurs parents, leurs amis et toute personne qui en a besoin. Mais cette loi l’interdit. Si tu utilises leurs semences, tu ne peux pas les partager. Si tu les partages, cela est considéré comme illégal et tu peux être arrêté pour cela, voire emprisonné pour une durée pouvant aller jusqu’à dix ans si tu partages ou vends les semences qui sont protégées par cette loi.

Au Ghana, les aliments ne servent pas seulement à apaiser la faim. Ils sont également des médicaments. Les gens utilisent les semences non seulement pour manger, mais aussi pour des rituels et certaines pratiques culturelles. Par conséquent, si nous perdons la diversité des semences ou même une partie de celles-ci, nous serons coupés de certaines de nos pratiques culturelles. Certains des médicaments ou des remèdes que nous tirons de notre nourriture seront ainsi perdus.

Les partisans de la privatisation des semences affirment que les lois sur les semences et les brevets encourageront l’innovation et la concurrence et aideront les petits entrepreneurs. Mais ce n’est pas le cas. Depuis au moins 10 000 ans, les hommes développent et améliorent des variétés de semences. Les chercheurs, les phytogénéticiens et les petits agriculteurs travaillent ensemble depuis longtemps pour développer des variétés de semences bien adaptées et nutritives, en utilisant une grande partie des connaissances traditionnelles.

Les lois sur la privatisation des semences permettent une consolidation et un contrôle monopolistique. Quatre groupes semenciers contrôlent aujourd’hui déjà plus que la moitié du marché mondial des semences. En conséquence, plus de 75 % des variétés de semences traditionnelles ont disparu dans le monde au cours du siècle dernier. Alors que les petits agriculteurs utilisent des millions d’espèces végétales uniques, l’agro-industrie travaille avec moins de 200. Dans le contexte du changement climatique, cela représente une menace pour la résilience et la biodiversité.

Nos agriculteurs sont de véritables scientifiques, car ils sélectionnent, préparent, stockent et distribuent eux-mêmes leurs semences chaque année. Comment pouvons-nous inciter nos agriculteurs à travailler sur eux-mêmes afin d’améliorer cette pratique ? Par exemple, comment choisissons-nous les meilleures semences ? Quels sont les indices qu’ils utilisent pour faire leur choix ?

C’est ce que les agriculteurs recherchent. Ce qui les intéresse, ce n’est pas une taille particulière, des améliorations ou l’application de la science. Ils veulent utiliser leurs semences dans le contexte global de leur vie. Ils ne sont pas intéressés par quelqu’un quelque part qui joue avec les gènes, qui joue à Dieu et qui produit ainsi des semences dont ils ne savent pas à quoi elles servent et qui leur sont même imposées.

Les semences n’en sont qu’un exemple. La nourriture, l’eau, la terre et la nature sont également de plus en plus transformées en marchandises. Cela permet de produire des plantes moins nutritives, de pla cer les besoins de base sous le contrôle des entreprises et de traiter l’environnement uniquement comme une ressource que l’homme peut exploiter à l’infini.

Bill Gates et d’autres donateurs soutiennent ce modèle dirigé par l’entreprise, du haut vers le bas, et le présentent comme de la charité et un « scénario gagnant-gagnant ». Mais les seules personnes qui en tirent réellement profit sont les entreprises qui profitent de ce système. Les systèmes gérés par les agriculteurs sont mis à mal et de plus en plus de personnes, y compris les agriculteurs eux-mêmes, souffrent de la faim.

Et comment se fait-il qu’un seul homme blanc, riche, et sa fondation aient acquis une telle influence sur l’agriculture africaine ? Dans la prochaine vidéo, nous examinerons l’homme derrière l’argent et les flux financiers de sa fondation.

Épisode 3 : Argent (Homme – présentateur US)

« Une chose que nous annonçons aujourd’hui et dont nous sommes très heureux, c’est un don de logiciels. Des logiciels d’une valeur de plus de 10 millions de dollars. »

Faites connaissance avec Bill Gates – le fondateur de Microsoft et l’une des personnes les plus riches du monde. Les activités caritatives de sa fondation lui ont valu la réputation d’un philanthrope très intelligent qui essaie de faire du monde un endroit meilleur. Mais est-ce vraiment de la charité ?

Au cours des 17 dernières années, la Fondation Bill and Melinda Gates a dépensé environ 6 milliards de dollars pour l’agriculture et prétend aider les petits agriculteurs du Sud, principalement en Afrique. Cependant, la plus grande partie des subventions destinées au développement agricole de l’Afrique a été versée à des institutions aux États-Unis et en Europe. Sur l’argent versé en Afrique, 80 % sont allés à trois groupes principaux :

L’AGRA, une organisation enregistrée aux États-Unis qui favorise l’agriculture industrielle en Afrique.

L’AATF, qui sert d’intermédiaire entre les entreprises de l’agro-industrie et les scientifiques et décideurs politiques africains pour développer et étendre l’utilisation des plantes génétiquement modifiées, et des instituts appartenant au CGIAR, un réseau international de centres publics de recherche agricole, dont beaucoup ont été créés dans les années 1960 et 1970, lorsqu’on a tenté d’imposer l’agriculture industrielle aux agriculteurs du Sud mondial.

Bien que ces organisations soient basées en Afrique, un grand nombre de leurs programmes collaborent avec de grandes entreprises agricoles aux États-Unis et en Europe qui cherchent à se développer sur les marchés africains.

La Fondation Bill et Melinda Gates a investi beaucoup d’argent dans des organisations telles que le One Acre Fund, dans lequel elle a investi 11,6 millions de dollars. Cela représente environ 1,1 milliard de shillings kényans. L’idée est que chaque technologie, c’est-à-dire la technologie des semences, doit être utilisée en combinaison avec des engrais, des pesticides et herbicides spécifiques. Et de nombreux agriculteurs du One Acre Fund se sont même endettés. Et cela n’a pas rapporté autant que ce qui avait été annoncé.

Mais revenons à notre sujet. Comment Gates a-t-il obtenu tout cet argent ? Bill Gates, né dans une famille aisée de Seattle, a été cofondateur de Microsoft en 1975.

Le succès de l’entreprise était en partie dû à des innovations, mais un facteur encore plus important était une stratégie commerciale agressive et monopolistique qui supprimait la concurrence et assurait la domination de l’entreprise. Gates a ensuite transféré des milliards de dollars de bénéfices à sa fondation, profitant des lois américaines qui permettent aux personnes fortunées de ne pas payer d’impôts sur l’argent utilisé à des fins caritatives, à condition que 5 % de cet argent soit donné. Dans les années 1990 et au début des années 2000, quelques dons apparemment charitables ont effectivement aidé Microsoft à trouver de nouveaux clients.

Maintenant, la fondation Gates aide les entreprises agricoles à inciter les agriculteurs africains à utiliser leurs produits en utilisant des méthodes similaires dans un esprit de charité et de donation afin d’attirer de nouveaux clients. La fondation finance le travail de l’AGRA en convainquant les agriculteurs d’adopter des méthodes de culture industrielle. Elle finance l’AATF et l’OFAB (Forum ouvert sur la biotechnologie agricole en Afrique) afin d’influencer les régulateurs africains et de permettre aux entreprises étrangères de biotechnologie d’entrer sur le marché. Elle finance la création du Réseau africain d’expertise en biosécurité, qui a influencé la politique et la législation et a contribué à jeter les bases d’essais en plein champ de plantes génétiquement modifiées produites par Monsanto et d’autres entreprises. Son financement a également permis de créer l’Alliance Cornell pour la science, un programme de formation pour les journalistes qui font une propagande agressive en faveur des OGM.

À partir de 2022, le patrimoine de la Fondation Gates s’élèvera à plus de 50 milliards de dollars américains. C’est plus que le produit intérieur brut des trois quarts des pays africains. Avec une telle force de frappe financière, la Fondation Gates est l’une des forces les plus puissantes qui influencent le développement agricole en Afrique – et dans le monde.

Nous avons assisté à une prise de pouvoir de l’espace politique par ces philanthropes-capitalistes ainsi que par le gouvernement américain, car les ressources déterminent comment la politique est faite et ce qui est intégré dans la politique. Nous n’avons même pas encore vu la politique et la position de l’Union africaine sur les systèmes alimentaires qu’elle est censée avoir présentées lors du Sommet du Programme alimentaire mondial des Nations unies. Tout est opaque, mystérieux et dissimulé.

Nous constatons que l’AGRA et les organisations financées par la Fondation Gates ont plus facilement accès aux gouvernements que d’autres organisations, comme la mienne. Elles sont entendues avant même que nous ayons accès.

La fondation a également joué un rôle extrêmement important au sein d’organes influents des Nations unies, y compris le Comité de la sécurité alimentaire mondiale. Et ses dépenses ont fait basculer les priorités des grandes agences de développement financées par les contribuables vers une concentration encore plus forte sur l’agro-industrie. Malgré son influence internationale, qui rivalise avec celle des gouvernements élus, qui les éclipse même dans certains cas, la fondation n’est responsable devant personne d’autre que ses administrateurs – Bill Gates, Melinda French Gates et d’autres personnes de leur cercle interne.

Depuis des décennies, la Fondation Gates utilise des fonds non imposés, prétendument destinés à la charité et au bien commun, pour augmenter les bénéfices des entreprises et créer des marchés pour les sociétés qui font progresser la biotechnologie végétale, les produits agrochimiques et l’agriculture numérique.

Ce n’est pas de la charité. Les bénéficiaires présumés des programmes de la fondation – les agriculteurs africains et les associations d’agriculteurs – se sont élevés haut et fort contre cette approche de l’agriculture et ont souligné les dommages que ces investissements ont causés aux agriculteurs et aux écosystèmes. Au lieu de cela, ils demandent plus de fonds pour l’agroécologie, basée sur les principes de la souveraineté alimentaire, et un programme alimentaire conçu pour les gens et par les gens.

Au lieu de soutenir les souhaits de ces agriculteurs, la Fondation Gates a dépensé des milliards de dollars pour faire de l’agriculture africaine un commerce mûr pour de nouveaux investissements.

Ils cherchent par exemple à harmoniser la législation sur les investissements dans la biotechnologie des semences, car ils veulent faire du continent un poste commercial idéal. Et c’est en quelque sorte une nouvelle vague de néocolonialisme dans notre système alimentaire.

La Fondation Gates prétend utiliser le pouvoir modificateur de la science et de la technologie pour améliorer l’agriculture. Mais en réalité, la fondation modifie la science elle-même en facilitant la gestion des entreprises, en redéfinissant les termes du débat et en donnant une nouvelle définition de la science. Restez à l’écoute pour jeter un coup d’œil sur la bataille pour la science – et sur ce que les faits révèlent réellement sur une option pour l’avenir.

de hm.

Sources / Liens : Rich Appetites (Film 2: Seeds + Film 3: Money)

VIDÉO :

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