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Publié par wikistrike.com

Opération diversion en Iran: La police des moeurs a été abolie

Même si la police des mœurs est abolie dans sa forme actuelle, le voile est toujours obligatoire en Iran donc le régime doit toujours l’appliquer. Cela semble être une opération de diversion en amont des grandes mobilisations prévues en Iran la semaine prochaine.

Toutefois, cette abolition est une première victoire pour des manifestants désireux de changements profonds et de liberté. (WS)

Après des mois de contestation, le procureur général annonce l’abolition de la police des mœurs par les autorités compétentes. Une annonce intervenant alors que samedi la porte à de possibles changements concernant le port du voile obligatoire a été ouverte. 

 

Le début d’une ère du changement ? Ou d’une quête de l’apaisement ? Ce samedi, le procureur général d’Iran, Mohammad Jafar Montazeri a annoncé l’abolition de la police des mœurs, a rapporté l’agence Isna. Une annonce qui intervient après que le sang de centaines d’Iraniens et d’Iraniennes a coulé pour modifier la loi relative au port du voile obligatoire. Pour rappel, le mouvement de contestation a commencé après la mort de la jeune kurde Mahsa Amini, arrêtée par la police des mœurs pour avoir enfreint le code vestimentaire il y a presque trois mois.

«La police des mœurs n’a rien à voir avec le pouvoir judiciaire, et elle a été abolie par ceux qui l’ont créée», a-t-il affirmé samedi soir dans la ville sainte de Qom. Lors d’une conférence religieuse, le procureur général répondait à la question d’un participant qui lui demandait «pourquoi la police des mœurs a été fermée». La police des mœurs, connue sous le nom de Gasht-e Ershad (patrouilles d’orientation), a été créée sous le président ultraconservateur Mahmoud Ahmadinejad, pour «répandre la culture de la décence et du hijab». Elle est formée d’hommes en uniforme vert et de femmes portant le tchador noir, qui couvre la tête et le haut du corps. Cette unité a commencé ses premières patrouilles en 2006.

Dans la journée de samedi, le procureur général a annoncé que «le Parlement et le pouvoir judiciaire travaillaient» sur la question du port du voile obligatoire, sans préciser ce qui pourrait être modifié dans la loi, d’autant que le président ultra-conservateur, Ebrahim Raïssi, a imposé cet été de nouvelles restrictions vestimentaires. Mais lors d’une conférence de presse samedi à Téhéran, le chef de l’Etat semble avoir ouvert la porte à de possibles changements : «Notre constitution a des valeurs et des principes solides et immuables […], mais il existe des méthodes de mise en œuvre de la Constitution qui peuvent être infléchies», a-t-il dit.

Il s’agit d’une question très sensible en Iran, sur laquelle s’affrontent deux camps : celui des conservateurs qui s’arc-boutent sur la loi de 1983 rendant le port du voile obligatoire et celui des progressistes qui veulent laisser aux femmes le droit de choisir de le porter ou non. Le voile est devenu obligatoire en Iran quatre ans après la révolution islamique de 1979. La police des mœurs, connue sous le nom de Gasht-e Ershad (patrouilles d’orientation), a été créée pour «répandre la culture de la décence et du port du voile». Selon le texte en vigueur depuis 1983, les femmes iraniennes et étrangères, quelle que soit leur religion, doivent porter un voile et un vêtement ample en public. Et depuis le 5 juillet, une loi «sur le voile et la chasteté du pays», mise en place par le président Raïssi, impose de nouvelles restrictions aux femmes. Le foulard obligatoire doit couvrir, en plus des cheveux, le cou et les épaules.

 

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