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Publié par wikistrike.com

Covid-19: les cas de myocardites après la troisième dose de vaccin ont augmenté de 800%, selon une étude prospective

Depuis le lancement de la vaccination en population générale, de nombreuses études scientifiques confirment un risque de myocardite survenue après la vaccination anti-Covid. L'inflammation du myocarde toucherait majoritairement des hommes jeunes, des adolescents ou des enfants. Cependant, les myocardites étudiées sont généralement les cas les plus graves qui ont nécessité une prise en charge hospitalière. Qu'en est-il des patients qui présentent des lésions myocardites peu symptomatiques ou asymptomatiques, et qui, par conséquent, n'ont fait l'objet d'aucune prise en charge médicale ? Si aucun diagnostic n'est posé sur ces personnes, comment appliquer d'éventuelles mesures de prévention et de protection ? Enfin, comment évaluer l'incidence réelle des cas de myocardites survenues après une injection de vaccin anti-Covid-19 dans la population ? 

Pour pallier l'absence de données cliniques chez les sujets qui ne présentent pas de lésions symptomatiques, des chercheurs ont publié une étude prospective dont les résultats ont été présentés le 24 octobre 2022 à la Société européenne de cardiologie. Cette étude avait pour objet d'évaluer l'augmentation de probabilité de myocardite après la troisième dose de vaccin contre le Covid-19. Dans le compte rendu de cette étude publiée sur le site cardio online, il est rapporté qu’en tenant compte de tous les cas de myocardite post vaccinale, l’incidence réelle serait non pas de 0,0035 %, mais de 2,8 %, soit un chiffre 800 fois supérieur à celui de l'incidence habituelle des myocardites. 

Vaccination contre le Covid-19 et problèmes cardiaques

Depuis le début de la campagne de vaccination contre le Covid-19, de très nombreux problèmes cardiaques ont été rapportés et inscrits auprès des différentes agences de pharmacovigilance dans le monde. Aux États-Unis, les données du VAERS montrent une explosion exponentielle des cas de myocardites et de péricardites qui sont des inflammations du cœur potentiellement mortelles.

Or, contrairement à ce qu'il a parfois été avancé pour minimiser la gravité de ces pathologies, elles ne peuvent être considérées comme bénignes, d’autant plus que 90 % des cas enregistrés dans le VAERS ont effectué un séjour en établissement de santé disposant d’assistance cardiaque. En effet, comme l'explique le Dr Steven Hatfill, la « myocardite provoque des cicatrices sur le tissu cardiaque, des cicatrices qui peuvent mener à des défauts de conduction, notamment lorsque l'enfant va grandir puis vieillir ». Par conséquent, il existe toujours un risque de dégradation de l’état général du patient avec défaillance viscérale, voire un arrêt cardiaque.

Si l'imputabilité de la preuve n'est pas toujours établie entre un accident cardiaque et une vaccination, de nombreuses études scientifiques publiées ces derniers mois ont montré qu'il pouvait exister des liens entre la vaccination et les myocardites ou péricardites post vaccinales.

Par ailleurs, l'affirmation selon laquelle les cas de myocardites post vaccinales sont rares semble un peu plus fausse chaque jour. Depuis le début de la vaccination en population générale, le nombre de cas a explosé. D’après les données du VAERS, on pouvait recenser près de 25 000 cas de myocardites ou péricardites pour l’année 2021. En 2022, au 25 février, plus de 10 000 rapports étaient déjà enregistrés dans cette base de données.

Le nombre de myocardites et de péricardites enregistré sur le site de pharmacovigilance européen EudraVigilance a, lui aussi, augmenté rapidement dès lors que la population jeune a commencé à se faire vacciner contre le Covid, c'est-à-dire à partir des mois de juin-juillet 2021, avec une accélération impressionnante à la fin de l'année 2021 et au début de l'année 2022.

La myocardite reconnue comme un effet indésirable des vaccins à ARN messager Pfizer et Moderna

En novembre 2021, Santé publique France reconnaît la myocardite comme un effet indésirable des vaccins anti-Covid à ARN messager (Comirnaty ou Spikevax). 

Epi-Phare, un groupement d'intérêt scientifique constitué par l'ANSM et le Cnam, instauré pour évaluer les risques des produits de santé concernés par la crise de Covid-19, a conduit une étude de pharmaco-épidémiologie sur le risque de myocardite après la troisième dose de vaccin.

Mené sur 4 890 cas de myocardites chez les personnes de 12 ans et plus ainsi que sur 48 900 personnes admises dans les hôpitaux français entre le 27 décembre 2020 et le 31 janvier 2022, cette étude révèle que le risque de myocardite est augmenté après l'administration de la deuxième injection de vaccin et de manière plus significative après la dose de rappel.

L'examen de l'étude dans le détail montre que "l'excès de cas de myocardites associé à la troisième dose est estimé globalement à 0,25 cas pour 100 000 doses du vaccin Comirnaty et 0,29 cas pour 100 000 doses du vaccin Spikevax, correspondant à 1 cas de myocardite attribuable à la vaccination pour l’administration de 398 000 troisièmes doses de Comirnaty et de 340 000 troisièmes doses de Spikevax. Les excès de cas les plus importants ont été observés chez les hommes de moins de 30 ans, avec un maximum de 1,2 cas pour 100 000 troisièmes doses de Comirnaty, ce qui correspond à 1 cas de myocardite pour 87 000 troisièmes doses."

Une étude prospective sur les risques de myocardites après la troisième dose de vaccin

Le 24 octobre 2022, le professeur Christian Eugen Mueller, directeur de l'Institut de recherche cardiovasculaire de Bâle est venu présenter une étude intitulée "Myocardial Inflammation/Myocarditis after Covid-19 mRNA Booster Vaccination" écrite par Guillaume Le Pessec, relue par Théo Pezel, tous deux membres du Collège des cardiologues en formation, et supervisée par Albert Hagège, président du comité éditorial de cardio-online. 

Cette étude a été conduite dans le but de pointer les failles qui existent dans les études rétrospectives publiées dans les revues scientifiques afin de mieux révéler l'incidence réelle des lésions myocardites beaucoup plus importante au sein de la population vaccinée selon les chercheurs. Pour ce faire, ils ont expliqué ce qui était pour eux le principal biais de sélection dans les études existantes, à savoir la sous-évaluation des lésions myocardites post vaccinales due aux patients qui présentent des lésions asymptomatiques alors que seules les personnes hospitalisées en raison de la gravité de la pathologie auraient été comptabilisées. 

Cette étude prospective monocentrique avec un bras de contrôle a été menée sur 835 personnes, toutes employées du CHU de Bâle en Suisse et vaccinées soit avec une dose de vaccin de Pfizer, soit de Moderna. 

Afin d’évaluer la survenue ou non d’une lésion myocardite, les chercheurs ont utilisé un critère de jugement principal, à savoir "l’élévation de la troponinémie au-dessus de la norme, dosée à J3 post vaccination" et deux critères de jugement secondaires qui étaient d’une part "la comparaison de la population totale avec des patients ayanété admis pour douleur thoracique sans qu’aucune cause cardiaque ne soit retrouvée" et d’autre part, la survenue des MACE (major adverse cardiovascular events) à 30 jours (1). Ces événements cardiovasculaires indésirables majeurs sont la mort d’origine cardiovasculaire, l’hospitalisation pour insuffisance cardiaque, l’arythmie ventriculaire et l’infarctus du myocarde.

Cette étude révèle des résultats surprenants : d'abord, "l'incidence des lésions myocardiques est de 2,8%, soit 800 fois supérieure à l'incidence habituelle des myocardites". Ensuite, contrairement aux myocardites virales habituelles, cette pathologie, lorsqu'elle survient après une vaccination, se retrouve majoritairement dans la population féminine qui est touchée à hauteur de 3,7% versus 0,8 % chez les hommes.

Loin de se contenter de leurs découvertes, les auteurs n'hésitent pas à pointer les limites de leur étude en signalant les points qui n'ont pas été élucidés. D'abord, la réalisation du dosage de la troponinémie à J3 pourrait entraîner selon eux "une sous-estimation de l'incidence des lésions précoces à J1 potentiellement déjà normalisées à J3" alors qu'une faible atteinte pourrait ne pas être détectée par imagerie (IRM cardiaque).

Ensuite, l'absence d'inclusion de patients de moins de 18 ans dans la population étudiée ne permet pas de préciser les estimations des risques parmi les adolescents et les enfants. Enfin, si aucun MACE n'a été rapporté dans la population étudiée pendant 30 jours, les auteurs pensent qu'il serait judicieux de poursuivre les recherches en pratiquant un essai randomisé au long cours afin de vérifier si la répétition des injections ne pourrait pas entraîner des séquelles sur le long terme. 

Depuis la mise à disposition des vaccins à ARN messager contre le Covid-19, les lésions myocardites ont été rapportées avec une prévalence très faible. Cette étude est la première qui avance une cause majeure de biais avec une évaluation et une déclaration des cas non exhaustives. Certaines questions, de l'aveu même de leurs auteurs, n'ayant pas été résolues, des travaux ultérieurs devraient être entrepris afin de confirmer ou infirmer ces résultats.
 

(1) : La troponinémie est le dosage des troponines cardiaques qui sont les marqueurs cardiaques qui permettent d'établir un diagnostic chez les patients qui souffre de douleur thoracique. Un dommage myocardique peut être défini par la détection d'une élévation de ces biomarqueurs cardiaques.

Source F-S

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