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Publié par wikistrike.com

La CIA mène de nombreuses opérations de sabotage en Russie sous couverture

La CIA mène depuis le début la guerre en Ukraine des opérations de sabotage à l’intérieur de la Russie sous couverture d'une agence de renseignements d’un pays allié de l’Otan. La révélation a été faite dans un article publié le 24 décembre par un journaliste d’investigation américain, Jack Murphy, qui cite des anciens responsables de l’agence de renseignement et d'anciens responsables militaires américains. Selon ses informations, les États-Unis pourraient ainsi être impliqués dans l’incendie en avril à l'institut de recherche des Forces de défense aérospatiales russes, entre autres opérations.

Dans son article, Jack Murphy relate les révélations qui lui ont été faites par un ancien responsable des opérations spéciales américaines. Celui-ci explique que la CIA a recours aux services de renseignement d’un pays allié de l'Otan pour pouvoir bénéficier de la possibilité, juridique notamment, de nier son implication. Selon cette même source, cette couverture a constitué un “atout majeur dans la décision du président Biden de donner son feu vert pour ces frappes”. Si aucun ressortissant américain n'est présent sur le territoire russe, les opérations restent néanmoins dirigées par la CIA, selon le rapport.

Le journaliste n’a pas dévoilé le nom du pays membre de l’Otan dont les services de renseignement ont été utilisés par l’agence américaine, car "cela pourrait mettre en danger la sécurité opérationnelle des cellules qui sont toujours opérationnelles à l'intérieur de la Russie". Son article retrace la manière avec laquelle la CIA et son allié européen ont implanté leurs “cellules dormantes” et fait introduire en Russie les équipements nécessaires à la conduite de ces opérations.

“Des explosions mystérieuses” et des “sabotages”

La campagne remonte à des années : selon deux responsables militaires, des équipements et des explosifs ont été introduits en Russie plus d'une décennie plus tôt. La planification des opérations d'infiltration de la CIA remonte à 2014, année de l’annexion de la Crimée par la Russie. Les premières infiltrations de “cellules dormantes”, dirigées par l’agence de renseignements américaine et son homologue européenne, ont eu lieu en 2016, après que les services de renseignements américains aient conclu, à tort, que la Russie avait interféré avec les élections présidentielles américaines qui ont conduit Donald Trump à la Maison-Blanche.

Dans son article, Murphy souligne que ces “cellules dormantes” ont été actionnées après le déclenchement de la guerre en Ukraine, le 24 février 2022. “Les renseignements alliés par l'intermédiaire desquels la CIA mène ses opérations de sabotage ont utilisé un système de communication secret pour activer ses cellules dormantes à travers la Russie”, révèle-t-il.

Le nombre d’opérations dans lesquelles sont impliquées ces cellules, sous la supervision de la CIA, n’est pas connu. Il s’agit essentiellement d'une “série d’explosions mystérieuses dans des installations militaires, des centrales électriques et des chemins de fer russes”, survenues depuis le début de cette guerre. Dans cet article, il est affirmé que l’incendie en avril à l'institut de recherche des Forces de défense aérospatiales russes, situé à plus de 150 kilomètres de Moscou, dans lequel plus de 20 personnes ont péri, pourrait être l'œuvre de la CIA.

Jack Murphy insiste sur le fait que de telles opérations ne peuvent être menées sans l’aval du chef de l’État américain, qui doit donner son feu vert par décret présidentiel. Il rappelle que Barack Obama a signé un décret avant de quitter ses fonctions, suite aux accusations selon lesquelles Moscou aurait interféré dans les élections présidentielles de 2016. Le Washington Post a révélé que ce décret autorise "l'implantation de cyberarmes dans les infrastructures russes, auxquelles les États-Unis pourraient recourir en cas d’escalade avec Moscou". L’ancien responsable de la CIA cité par Murphy confirme et ajoute que le décret “permet également des opérations de sabotage contre la Russie”. 

La supervision de ces opérations par la CIA ne signifie pas, poursuit le journaliste, que son allié de l’Otan se contente du rôle de mandataire. “Le service de renseignements de ce pays européen a son mot à dire, puisque c'est son peuple qui prend les risques (...) Il s'agit d'un partenariat étroit”, lit-on. D’ailleurs, ajoute-t-il, cette collaboration “n'est que l'un des nombreux efforts d'opérations secrètes entrepris par les pays occidentaux en Russie, selon deux anciens responsables des opérations spéciales américaines”.

Toutefois, ces “nombreux efforts”, à savoir les missions de sabotage de lignes ferroviaires ou de réseaux électriques, se sont maintes fois chevauchés, menant parfois à la mort ou à la capture d’agents.

La CIA nie tout en bloc

Le même article cite Mick Mulroy, ancien officier paramilitaire de la CIA, qui fait par ailleurs savoir que “la valeur de ces opérations est considérable et sert à plusieurs fins. La Russie a eu un problème important pour suivre ses lignes d'approvisionnement logistique. Ces attaques compliquent davantage ses efforts”, a-t-il estimé. Ces opérations servent également à semer le doute à Moscou, car, estime-t-il, elles démontrent que le président russe Vladimir Poutine "n'a aucun contrôle sur ce qui se passe dans son propre pays".

La CIA a nié les allégations publiées par Murphy dans son article. Sa porte-parole, Tammy Thorp, a nié “toute implication de l'agence dans la vague d'explosions mystérieuses qui ont frappé les infrastructures de défense et de transport de la Russie en 2022. L'allégation selon laquelle la CIA soutient d'une manière ou d'une autre des réseaux de saboteurs en Russie est catégoriquement fausse".

Mais l'agence d'espionnage peut légalement nier l'existence de ses opérations secrètes, fait remarquer le journaliste d’investigation, sauf “devant les présidents et des membres minoritaires des commissions du renseignement du Congrès, le président de la Chambre des représentants, et des membres du Sénat”, entre autres.

Jack Murphy précise que “le gouvernement russe sait parfaitement qui parraine ces opérations. De plus, la communauté du renseignement veut qu'ils sachent. La seule partie laissée dans l'ignorance est le grand public, inconscient de la guerre de l'ombre qui se déroule dans les coulisses". Raison pour laquelle son article a été publié sur son site Internet et “non pas dans un média”.  "J'ai senti qu'un haut responsable de la CIA était capable de modifier mon article en faisant des déclarations confidentielles, avant qu'il ne fasse fuiter un article au New York Times pour saper le mien", justifie-t-il.

 

Source F-S

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