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Tout sur l'affaire DSK

Publié par wikistrike.over-blog.com sur 3 Juillet 2011, 19:43pm

Catégories : #Politique internationale

Affaire DSK: Qui est Nafissatou Diallo selon les dernières révélations?

article_kenneth-thompson.jpgLe dossier DSK a pris une autre tournure depuis que des élements démontrent que la femme de chambre n'est pas si «exemplaire»...

Son avocat promet qu’elle parlera bientôt aux médias pour dire «ce que Dominique Strauss-Kahn lui a fait». Pour l’instant, elle reste un mystère: elle ne s’est jamais présentée publiquement et a gardé le silence. Mais à la lumière des dernières révélations, Nafissatou Diallo, cette femme de chambre «exemplaire», semblerait en fait mener une double vie. 20Minutes fait le point.

Une conversation troublante
Les enquêteurs ont désormais des doutes sur sa «crédibilité» et ont déterminé qu’elle avait menti à plusieurs reprises au cours de l’enquête. Elle avait notamment, ont révélé les enquêteurs, passé un coup de téléphone à un détenu d’une prison réservé aux immigrés dans l’Arizona vingt-quatre heures après les faits présumés. A cet homme, condamné pour blanchiment d’argent et trafic de stupéfiant, elle dit: «Ne t’inquiète pas, ce type a plein de fric. Je sais ce que je fais», rapporte une source fiable proche de l’enquête au New York Times. C’est lorsque cette conversation a été traduite du dialecte Fulani mercredi que les enquêteurs se sont vraiment alarmés pour la crédibilité de leur témoin. S’ils ont mis autant de temps pour disposer de cet élément clé, c’est qu’ils n’ont eu vent de la discussion il y a seulement quinze jours, par hasard. Ce n’était pas la femme de chambre mais bien le détenu qui était visé par les enregistrements. Les enquêteurs chargé du dossier du détenu n'ont pas compris tout de suite que la femme était la plaignante de l'affaire Strauss-Kahn et en ont ensuite informé les services du procureur.

Un deuxième mari
Ce fameu détenu, d’ailleurs, est le second mari de Nafissatou Diallo, révèle Le Journal du DimancheD’origine gambienne, il a vécu avec elle dans son appartement du Bronx. Le couple s’était marié religieusement il y a plus d’un an mais l’union n’était pas transcrit dans les registres d’état civil américains», précise le journal, qui ajoute que la pratique est courante dans la communauté africaine.

Une prostituée faisant partie d’un réseau?
Pour le New York Post, ça ne fait plus de doute: la femme de chambre pouvait arrondir ses fins de mois en monnayant ses faveurs sexuelles auprès des riches clients de l’hôtel, d’après des sources proches de l’enquête citées par le tabloïd. En contrepartie, elle toucherait des «pourboires extraordinaires». Elle ferait même partie d’un réseau de call-girl. «Il y a beaucoup de gens qui voyaient en elle une source de revenu», explique encore la source, ajoutant que «beaucoup de ses dépenses - tressage de cheveux,  frais de subsistance – étaient réglées par des hommes non liée à elle».

Le nouveau scénario des évènements du Post
Toujours d’après le New York Post, la femme de chambre est entrée dans la chambre volontairement, sachant qui était DSK et dans l’intention «de lui faire les poches» puisque ses collègues lui ont dit que DSK était «une mine d’or». Après que DSK et la femme de chambre ont eu une relation sexuelle, cette dernière a demandé à l’ex-patron du FMI du «cash». Mais DSK a refusé de la payer, et s’est montré «dédaigneux», selon une source proche de l’enquête. «Humiliée», elle aurait donc décidé de porter plainte pour viol.

Elle se serait prostituée après l’agression présumée
Là encore, c’est le New York Post qui enfonce Nafissatou Diallo. Selon les informations du tabloïd, qui a révélé l’affaire DSK le 15 mai dernier, la femme de chambre de 32 ans se serait prostitué après l’agression présumée, dans l’hôtel payé par les services du procureur. Dans sa chambre, elle a «accueilli un défilé des clients dans les semaines suivant l’arrestation de DSK», écrit le journal, citant des sources proches du procureur. Le bureau du procureur a en effet logé Nafissatou Diallo dans un hôtel de Brooklin pour la mettre à l’abris des médias et des éventuelles pressions du clan DSK. Si au début la surveillance était totale, à partir du 1er juin, l’arrangement a été modifié. La jeune femme, toujours logée dans cet hôtel, est redevenue libre comme l’air et sans surveillance. C’est à partir de ce moment qu’elle aurait reçu des clients dans sa chambre. Reste que l'information parait étonnante, puisque Nafissatou Diallo devait savoir que sa vie serait passée au crible par des enquêteurs payés par les avocats de DSK.  

Une série de mensonges
C’est le bureau du procureur qui a transmis jeudi à l’équipe d’avocats de DSK une lettre qui détaille les mensonges de la plaignante. On y apprend qu’elle a menti pour obtenir l’asile aux Etats-Unis. Elle avait expliqué qu’elle et son mari avaient été persécutés en Guinée et que son époux est mort de ses blessures. Devant les enquêteurs, elle a reconnu avoir menti et avoir préparé et répété son discours à l’aide d’une vidéo pour obtenir le précieux sésame. Elle avait également dit avoir été victime d’un viol collectif en Guinée, ce sur quoi elle est revenue devant les enquêteurs. Elle a également admis avoir falsifié sa déclaration d’impôt. Enfin, elle a menti sur les déroulé des faits présumés. Elle n’a pas alerté immédiatement ses supérieurs de la supposée agression comme elle l'a dit mais est  allée nettoyer une autre chambre. Elle est ensuite revenue dans la suite 2806 et a alerté son supérieur.

 20minutes
Le groupe Accor attaqué par des proches de DSK
Mis en cause par plusieurs proches de Dominique Strauss-Kahn, le groupe hôtelier français Accor a nié "formellement", dimanche 3 juillet, toute intervention de ses dirigeants, estimant que les propos tenus par plusieurs proches de l'ancien directeur général du FMI pourraient être "diffamatoires".

"Les dirigeants du groupe Accor démentent formellement les allégations proférées à leur encontre, laissant entendre qu'ils seraient intervenus d'une quelconque manière dans le déroulement et le traitement de cette affaire, a précisé le groupe, propriétaire du Sofitel de New York. Ces informations sont sans fondement et pourraient être considérées comme diffamatoires".

En fin d'après-midi, des sources citées par l'AFP assuraient cependant que le groupe Accor, contacté par la direction du Sofitel, a prévenu directement l'Elysée de l'arrestation de M. Strauss-Kahn samedi 14 mai vers 23 h 45 heure de Paris, soit une heure après les faits. Leur interlocuteur aurait été Ange Mancini, coordonnateur national du renseignement à l'Elysée. Ni les renseignements généraux, ni l'Elysée n'ont souhaité réagir.

"CONNEXIONS" ET "OFFICINES"

Alors que de nouveaux soupçons sont apparus sur le témoignage de la plaignante, plusieurs socialistes proches de Dominique Strauss-Kahn avaient publiquement mis en cause, dimanche, le comportement de la direction groupe Accor, dansl'affaire DSK.

Le député PS de l'Eure, François Loncle, a ouvertement évoqué l'hypothèse de"connexions" entre le groupe Accor et "certaines officines françaises", sans donner davantage de détails. "Tout n'est pas clair dans le comportement des dirigeants du Sofitel et du groupe Accor et il peut y avoir eu des connexions entre le groupe Accor avant ou après l'affaire et peut-être certaines officines françaises", a-t-il lancé sur France Info.

François Loncle, qui "n'accuse absolument personne"se pose néanmoins beaucoup de questions. "A qui les gens de l'hôtel Sofitel ont-ils téléphoné à Paris ? Au patron des renseignements généraux (DCRI) ? Qu'est-ce qu'ils ont dit ? (...)La question du timing est importante", a-t-il ensuite confié à l'AFP.

SABBAN : "IL Y A BEAUCOUP DE CHOSES QUI RESTENT SANS RÉPONSE"

 

La socialiste Michèle Sabban, en août 2006.

La socialiste Michèle Sabban, en août 2006.AFP/BERTRAND GUAY

 

Autre proche de DSK, la vice-présidente PS du Conseil régional d'Ile-de-France Michèle Sabban s'en est également pris à "l'attitude de la direction du Sofitel" sur la radio RCJMme Saban, qui avait déjà évoqué une possible manipulation, voire un complot, a jugé qu'il fallait "regarder l'attitude de la direction du Sofitel parce qu'il y a quand même quelque chose qui ne va pas" avec notamment le directeur de l'hôtel qui "a pris le temps aussi pour appeler Paris".

"Le Sofitel, le commissaire de police de New York qui a été décoré, je crois, de la Légion d'honneur par Nicolas Sarkozy il y a peu de temps, a-t-elle ensuite poursuivi, comment un commissaire de quartier ne prévient pas ses hautes autorités qu'une personnalité internationale est apparemment accusée d'un fait grave ? Comment expliquez-vous que deux jours avant l'audience surprise de DSK, l'inspectrice spécialisée dans les crimes sexuels a démissionné ? Comment vous expliquez tout ça ? Il y a beaucoup de choses qui restent sans réponse".

"ATTENTAT POLITIQUE"

Mme Sabban, qui a parlé d'un "attentat politique", a également souligné le silence actuel observé par la plupart des responsables de la droite, qualifié de "très embarrassant""Vous vous souvenez des propos de M. (Bernard) Debré ? Vous vous souvenez des propos de certains parlementaires dans la salle des Quatre Colonnes ?  Le 15 mai, les embarras n'étaient pas les mêmes, c'était presque un 'ouf' et là, par contre, l'embarras est gênant",  ajoutant que "ça ne doit pas arranger grand monde que DSK soit libéré aujourd'hui".

Prudent, le premier secrétaire par intérim, Harlem Désir, a demandé d'éviter "de faire des commentaires sur la base d'éléments qui ne sont pas encore confirmés par l'enquête". Le député  Pierre Moscovici préfère, lui, utiliser le terme "de piège plutôt que de complot", mais souligne, sur BFM TV, qu'il faut s'interroger sur un certain nombre de points, et notamment sur "le rôle de la chaîne Accor, de la direction de l'hôtel".

Le Monde

 

 

DSK et le mystère du grand hôtel

L’affaire DSK attire notre attention sur les coulisses des grands hôtels. Que se passe-t-il dans ce monde feutré où se côtoient de richissimes clients et des employés au salaire modeste ? Existe-il des relations particulières entre  les points de chute des grands de ce monde et les services de renseignements ? Les policiers sont-ils parfois amenés à fermer les yeux sur certaines pratiques pour obtenir des informations ou pour éviter des incidents diplomatiques ?

Inutile de se voiler la face, on sait bien qu’il se passe des choses bizarroïdes dans les palaces. Et cela, quelle que soit l’enseigne.

Si l’on en croit certains médias américains, Nafissatou Diallo monnayait occasionnellement ses charmes auprès de clients fortunés. Autrement dit, elle michetonnait. Je ne connais pas la législation américaine, mais en France, pour de tels faits, le responsable d’un hôtel est considéré comme un proxénète. Il tombe sous le coup de l’article 225-10 al.2 du Code pénal. Dix ans de prison et 750 000 € d’amende pour qui accepte ou tolère qu’une personne se livre à la prostitution à l’intérieur de l’établissement qu’il dirige. À noter que la personne morale, c’est-à-dire l’entreprise, peut également être poursuivie.

Bon, on imagine assez mal le PDG d’Accor (4 200 hôtels de par le monde) sur le banc des accusés...

Aujourd’hui, dans l’affaire DSK, on peut émettre plusieurs hypothèses, valables, que la femme de chambre soit ou non une prostituée :

1 – Mme Diallo a réellement été agressée. Quel que soit son passé et ses affabulations, elle a dit la vérité sur ce fait. Cette version est de moins en moins crédible.
2 – Il y a eu des relations sexuelles, tarifées ou pas, et elle décide de bâtir le scénario d’une agression pour en tirer profit. Ce qui pourrait coller avec le coup de fil passé à son ami.
3 – Elle a été manipulée. On l’a mise entre les pattes de DSK, et là, on rejoint la thèse du complot. Ce qui n’est pas absurde lorsqu’on sait que les grands hôtels sont souvent infiltrés par les services de renseignements. D’autant que M. Strauss-Kahn était attendu et son emploi du temps programmé. Hypothèse aujourd’hui envisagée en filigrane par deux députés socialistes. Et formellement démentie par le groupe Accor.

Dans cette enquête, les policiers sont partis sur un a priori, comme c’est souvent le cas lorsqu’il s’agit d’affaires de viol ou de pédophilie : tant ces actes sont révoltants que l'on y perd son objectivité. On peut d’ailleurs noter que Lisa Friel, la patronne de l’Unité des crimes sexuels de la police new-yorkaise, vient de démissionner de ses fonctions. (Oui, je sais, cela nous laisse rêveurs…) La dépêche AFP parle d’une troublante concomitance, « sans savoir si cette démission a un lien direct avec les nouveaux rebondissements que connaît l’affaire DSK ».

Aussi peut-on parier que les enquêteurs vont tout mettre en œuvre pour réparer leur bévue. Et si l’on en revient aux deux dernières hypothèses, ils vont nécessairement gratter très fort du côté de l’hôtel. En effet, il va falloir que les collègues de la femme de chambre et ses employeurs s’expliquent, alors que l'on sait à présent qu’ils ont au moins menti sur le timing (puisqu’elle a fait une autre chambre après). Ou pire, si l’on admet qu’elle arrondissait ses fins de mois à sa manière. Car dans ce cas, ils ne pouvaient l’ignorer. Alors, pourquoi seraient-ils entrés dans son jeu ? Pas à dire, il y a quelque chose qui ne colle pas dans tout ça.

Et l’on en revient à cette question : que s’est-il réellement passé avant que la direction de l’hôtel ne se décide à appeler la police ?

Le Monde

Retour sur le coup de théâtre

 

 

 

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