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Alan Dershowitz s'interroge sur la remise en liberté de DSK

Publié par wikistrike.over-blog.com sur 3 Juillet 2011, 10:52am

Catégories : #Politique internationale

Alan Dershowitz s'interroge sur la remise en liberté de DSK

Alan Morton Dershowitz, né à Brooklyn (New York) le 1er septembre1938, est un avocat et universitaire américain, professeur de droit àHarvard. Il est également essayiste et romancier.

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Newsweek : Que pensez-vous à ce jour de l'affaire Strauss-Kahn ? 

AD : Cette affaire va connaître son dénouement en dehors de la salle d'audience. Il y a trois parties distinctes dans ce dossier, chacune d'elles a des intérêts différents. Il y a le Ministère Public représenté par Cy Vance. Il veut aller jusqu'au procès et il veut obtenir une condamnation. Il apparaît clairement que l'accusé veut éviter un procès et qu'il veut voir s'il peut obtenir un arrangement qu'il pourra trouver acceptable. 

J'ai par ailleurs l'impression que la victime cherche à toucher un pactole. Pourquoi veut elle aujourd'hui obtenir une transaction ? Pourquoi ne pas attendre la condamnation avant d'intenter une action judiciaire ? (parce que) l'accusé n'a pas beaucoup d'argent. Tout son argent c'est l'argent de sa femme. Et si vous gagnez un procès - imaginons qu'elle gagne et qu'il soit condamné par jugement à lui payer 10 millions de dollars. Elle ne pourra pas toucher cette somme. Il se retrouverait en faillite. Alors que si l'affaire se termine par un arrangement, son épouse paiera. 

Voici les deux options possibles : soit on fait payer tout de suite un million par son épouse soit on le condamne à une amende de 10 millions de dollars. Dans ce dernier cas l'avocat n'est pas au bout de ses peines pour se faire payer. 

L'intérêt de DSK c'est de trouver un arrangement comme dénouement à l'affaire. Pour Vance c'est tout le contraire ; il est contraire à ses intérêts que l'affaire se termine par une transaction . On a pu lire dans certains journaux que l'avocat de la victime et le Ministère Public "travaillaient de concert".C'est n'importe quoi. Il travaille probablement dans l'intérêt de la défense. Ils ont un intérêt en commun. 

N : Pensez vous qu'ils ont conscience de cela ? 

AD : Je le pense. La difficulté c'est qu'il va être très difficile de tenir longtemps cette position d'équilibriste. Cela parce que personne ne peut dire : « Je vais vous donner 1 million de dollars, 2 millions, 3 millions, pour cela vous devez vous abstenir de témoigner ». Il s'agirait d'une obstruction à la justice, ce qui est qualifié juridiquement comme un crime. Il est donc essentiel que la requête émane de la victime. 

Avez-vous déjà entendu parler du concept de Shabbos goy ? C'est le terme que l'on emploie lorsqu'un Juif Orthodoxe veut que la lumière soit allumée un samedi, et qu'il voit un Gentil. Il ne peut pas demander au Gentil d'allumer la lumière car il commettrait un péché. Mais il peut dire au Gentil « Qu'est ce qu'il peut faire sombre ici mon garçon ». Alors le Gentil se met à penser « Ca serait pas mal que j'allume la lumière » . (L'avocat de la défense), du fait qu'il est Juif Orthodoxe, comprend que dans cette situation il a besoin d'un « Shabbos goy ». Il ne peut pas se permettre de formuler sa demande explicitement. Il faut que quelqu'un d'autre fasse le boulot à sa place. Ce qu'il veut véritablement c'est le départ du témoin. 

N : Qu'est ce que vous suggéreriez si vous faisiez partie de l'équipe en charge de la défense ?

AD : De conclure un accord. Faute de quoi il leur faudra arriver au tribunal avec un dossier de défense particulièrement solide. Je pense que la grosse erreur qu'ils ont faite c'est d'avoir d'abord suggéré qu'il avait peut être un alibi (mais) l'emploi du temps ne collait pas. Ensuite ils ont dit qu'il y avait consentement mutuel. Il leur faut donc un dossier solide et une défense cohérente qui expliquera au jury pourquoi cette femme aurait accepté cette rencontre à caractère sexuel avec un homme beaucoup plus vieux qu'elle. Et si en défense il plaide le consentement mutuel, il est à peu près certain qu'il sera amené à témoigner. Et s'il témoigne, il est susceptible de se voir ensuite poser des questions sur ses précédentes rencontres. 

N : Dans l'hypothèse où il serait condamné, il en prendrait pour combien ? 

AD : Je dirais dans les deux ans dans une prison qui n'aurait rien de dorée. Il s'en serait mieux tiré dans le District de Columbia (Washington). 

Alan Dershowitz est professeur de droit à Harvard et avocat des stars américaines.
Newsweek
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