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Alzheimer: bientôt la mémoire retrouvée ?

Publié par wikistrike.com sur 24 Février 2012, 14:44pm

Catégories : #Santé - psychologie

Un anticancéreux restaure la mémoire de souris atteintes d'Alzheimer


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A gauche, les cellules cérébrales (en bleu) d'une souris atteinte d'Alzheimer, autour desquelles on observe la présence de plaques béta-amyloïdes typiques de la maladie (en rouge). Au bout de 3 jours de traitement à base de Béxarotène (à droite), la quantité de plaques béta-amyloïdes a considérablement chuté (Crédits : Science /AAAS)
En administrant un anticancéreux, appelé Bexarotène, à des souris atteintes d'Alzheimer, des chercheurs ont découvert que ce médicament entrainait une puissante et rapide rémission de la maladie. Un résultat qui laisse entrevoir la possibilité de nouveaux traitements.

C'est à l'évidence une percée majeure qui vient d'être effectuée dans la recherche sur la maladie d'Alzheimer. En effet, des neurologues de l'Université Case Western Reserve (Cleveland, Etats-Unis) sont parvenus à restaurer les fonctions cognitives de souris atteintes d'Alzheimer. Comment ? En leur administrant un médicament initialement conçu pour traiter... le lymphome T cutané, une forme du cancer de la peau. Une première,publiée le 9 février 2011 dans la revue Science.

A l'origine de cette expérience, la publication de travaux récents démontrant l'aptitude d'une protéine naturellement sécrétée par le cerveau, appellée ApoE, à enrayer le développement de la maladie d'Alzheimer. En effet, la protéine ApoE permet d'éliminer du cerveau une autre protéine, appelée béta-amyloïde. Si cette dernière est, comme ApoE, naturellement synthétisée par le cerveau (en raison de son rôle protecteur vis-à-vis des neurones), elle doit en revanche être régulièrement éliminée du cerveau. Si tel n'est pas le cas, alors la protéine béta-amyloïde s'acccumule peu à peu dans le cerveau, sous forme de fragments solubles mais aussi de plaques, appelées plaques béta-amyloïdes. Et c'est précisément cette accumulation de béta-amyloïde dans le cerveau qui est en cause dans le développement de la maladie d'Alzheimer.

En d'autres termes, la protéine ApoE agit comme un "nettoyant" naturel du cerveau, qui permet d'éviter la formation de dépôts de protéine béta-amyloïde. Et donc, de prévenir la survenue de la maladie d'Alzheimer.

Des souris manipulées pour développer Alzheimer


Fort de ce constat, la neurologue Paige Cramer et ses collègues ont eu l'idée d'administrer du Béxarotène (commercialisé en France sous le nom de Targretin) à des souris préalablement manipulées génétiquement de façon à développer la maladie d'Alzheimer. Le but ? Observer les effets de ce médicament sur le développement de la maladie.

Pourquoi administrer précisément ce médicament, autorisé en 2000 par la Food and Drug Administration (FDA) pour le traitement de certains cancers de la peau ? Car la molécule contenue dans le Béxarotène est connue pour déclencher l'activation du gène qui produit naturellement la protéine ApoE, ce fameux nettoyant naturel du cerveau qui aide à prévenir la survenue d'Alzheimer.

Et force est de constater que l'intuition de ces chercheurs était bonne. Car le résultat a largement dépassé leurs plus optimistes pronostics : 24 heures seulement après l'administration du Béxarotène, la quantité de fragments solubles de béta-amyloïde présente dans le cerveau des souris a chuté de 25%. Quant à la superficie occupée par les plaques béta-amyloïdes, elle a chuté en moyenne de 75% en 14 jours de traitement seulement !

Une restauration rapide de la mémoire


Et ce n'est pas tout. Car cette disparition rapide de la béta-amyloïde s'est accompagnée d'une surprenante restauration des capacités cognitives des souris. Un exemple : alors que les souris en cage associent spontanément, lorsqu'elles sont saines, la présence de papier à la possibilité de les déchirer pour en faire un nid, les souris atteintes d'Alzheimer étaient devenues incapables de procéder à une telle association d'idée, avant que le traitement à base de Béxarotène ne débute. Mais, 3 jours seulement après le début du traitement, ces souris se souvenaient à nouveau qu'il était possible de fabriquer un nid lorsqu'elles étaient mises en présence de papier.

Autre signe encourageant : le retour des capacités olfactives chez les souris sous Béxarotène. En effet, il est connu que la perte de l'odorat est l'un des premiers symptômes de la maladie d'Azheimer. Un symptôme qui touchait précisément ces souris avant le début du traitement. Et qui, au bout de quelques jours seulement après le début de l'expérience, a complètement disparu...

Le résultat est-il transposable à l'Homme ? Pour l'heure, rien n'est sûr. Il est probable que plusieurs expériences devront être menées avant de prouver que cette expérience peut être menée sur l'Homme avec les mêmes chances de succès. Mais quoi qu'il en soit, cette expérience est d'ores et déjà un pas important franchi en direction d'un traitement efficace contre Alzheimer.

Voir ci-dessous l'interview de la neurologue Paige Cramer, co-auteur de l'étude :

Source:Le journam de la Science
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