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Carte de qualité des rivières

Publié par wikistrike.over-blog.com sur 27 Juillet 2011, 06:22am

Catégories : #Ecologie - conso - biodiversité - énergie

Carte de qualité des rivières : les pesticides cumulés dans l’eau en 2007

 

p18-174-wallpaper-rivieres.jpgL'objectif des cartes présentées dans cet article est de montrer, à partir des données brutes disponibles, tout ce qu'il y a comme pesticides de synthèse dans l'eau. Nous essayons d'évaluer la contamination, non pas substance par substance, mais par l'ensemble des pesticides présents simultanément dans un même prélèvement d'eau. Des cartes de qualité substance par substance sont élaborées dans d'autres articles pour zoomer sur certains pesticides (voir par exemple Carte de qualité des rivières : l’atrazine en 2007).

Les mesures des micropolluants en général et des pesticides en particulier sont extrêmement hétérogènes selon les endroits pour une même année de mesure. Cela concerne les périodes et les fréquences des mesures, mais aussi la nature et les nombres de substances recherchées ainsi que les limites analytiques pratiquées. Si bien qu'à une échelle nationale, la recherche de ces substances s'apparente plus à une pêche aléatoire qu'à une recherche systématique efficace.
A ce sujet, le lecteur pourra utilement consulter les articles de la rubrique Micropolluants chimiques, la note méthodologique Comment Eau-Evolution évalue les contaminations chimiques et la toxicité ainsi que l'index des substances chimiques.

Dans ce contexte, la réalisation d'une carte de qualité est assez périlleuse et ne peut donner qu'une image sous-évaluée et peu cohérente des contaminations réelles.
Eau-Evolution essaye néanmoins d'élaborer une indication des contaminations qui traduise le moins mal possible la réalité, tout en restant pragmatique face à la mauvaise qualité générale de ces données. L'objectif est que chacun puisse se faire au moins une idée de la réalité de la présence des pesticides dans nos cours d'eau.

Trois points de vue distincts et complémentaires sont possibles pour décrire de façon globale la contamination par les pesticides d'un échantillon d'eau prélevé dans une rivière, et pour évaluer son impact possible sur la vie aquatique :
-le nombre de substances qui sont présentes simultanément dans un même prélèvement.
-la concentration totale de ces substances dans un même prélèvement.
-la toxicité totale de ces substances dans un même prélèvement.

Ces trois points de vue ne sont pas identiques :
Le nombre de pesticides quantifiés dans un même prélèvement n'est pas forcément lié à la concentration totale mesurée dans ce prélèvement. En effet, c'est la toxicité qui est le but recherché lors des épandages de pesticides. Or cette toxicité dépend bien entendu de la nature des substances, mais aussi de la stratégie de leur utilisation. La toxicité peut être plus élevée avec un cocktail de substances très peu dosées et fréquemment appliquées qu'avec une seule substance fortement dosée et moins fréquemment appliquée. De plus, compte tenu de la rareté des données de toxicité, la toxicité mesurée ne correspond parfois pas du tout à la toxicité réelle attendue. Si bien que la toxicité totale d'un prélèvement n'est pas forcément reliée à la masse ou au nombre de pesticides quantifiés dans ce même prélèvement. Etc.

Pour Eau-Evolution, la catégorie des pesticides regroupe toutes les substances chimiques synthétiques utilisées ou ayant été utilisées autrefois pour leur pouvoir biocide par les secteurs agricole, mais aussi industriel et domestique (si la plupart des substances chimiques de synthèse utilisées dans les secteurs domestiques et industriels ont un effet biocide plus ou moins marqué, toutes ne sont pas utilisées pour cet effet biocide), ainsi que leurs produits de dégradation.
Cette catégorie des pesticides selon Eau-Evolution est composée en écrasante majorité de ce que l'on appelle "les phytosanitaires" de synthèse. Sachant qu'il est souvent difficile de trier selon les usages : par exemple certains herbicides classés dans les phytosanitaires sont largement utilisés aussi dans les secteurs domestiques, etc.
S'ajoutent à ces phytosanitaires quelques substances utilisées pour leur pouvoir biocide à la fois par les secteurs agricoles et industriel et domestique, ou parfois exclusivement par les secteurs industriel et domestique. Ces substances non autorisées aujourd'hui pour l'usage phytosanitaire ont pu l'être par le passé et se retrouver dans les milieux à cause de cet usage. Nous ne pouvons donc pas les exclure de la catégorie des pesticides si on veut donner une image cohérente de ce type de pollution. Il ne doit sans doute pas exister de substances reconnues pour leur pouvoir biocide qui n'aient pas, à un moment ou un autre, été utilisée par l'agriculture intensive. Les peintures anti-salissures au TBT par exemple ont aussi été utilisées en pisciculture et pour tous les appareillages immergés.
Les points de vue "nombre de pesticides cumulés par prélèvement" ou "masse des pesticides cumulée par prélèvement " ne sont que peu influencés par la prise en compte de ces quelques substances biocides pas uniquement utilisées directement sur les surfaces agricoles. Par contre le point de vue "toxicité cumulée par prélèvement" peut l'être : cet indicateur est beaucoup plus incertain que ne le sont les deux premiers. Il souffre particulièrement de l'hétérogénéité des protocoles de mesures et du manque de données de toxicité. Qu'une substance très toxique ne soit pas recherchée, ou recherchée avec une LQ relativement plus élevée qu'ailleurs, dans un grand bassin, et la toxicité sur ce bassin s'en trouvera grandement sous-évaluée. La comparaison des toxicités cumulées est donc particulièrement délicate à l'échelle de la France.

Le cuivre n'est pas pris en compte ici. Il entre par contre dans l'évaluation des contaminations par l'ensemble des micropolluants ou par les métaux qui s'adsorbent volontiers sur les sédiments et matières en suspension des rivières.


Méthodologie

Voir la méthodologie générale de réalisation des cartes dans Comment sont réalisées les cartes de qualité des rivières.

Pour les mêmes raisons que celles indiquées dans les articles de la rubrique Micropolluants chimiques, on peut légitimement considérer que, malgré les distinctions des codes remarques, toutes les limites analytiques présentées sont des LQ (limites de quantification).

Les calculs de qualité sont effectués avec Excel 2007. Les cartes de qualité sont réalisées en langage PHP.

Par souci de transparence, les points les plus pollués sont placés au-dessus et, s'ils occultaient ainsi les points les moins contaminés, avec une taille réduite par rapport à ces derniers. Le lecteur est invité à utiliser l'outil LES CARTES INTERACTIVES pour fabriquer des cartes plus personnalisées (sélection des seuils, des couleurs, des tailles, des stations à afficher, etc.).

Particularités des données pesticides
Les pesticides sont mesurés dans l'eau brute.

Sur la question des doublons, à savoir une même substance chimique recherchée deux fois ou plus à la même date sur la même station, notre stratégie est, sauf cas particuliers, la suivante : privilégiant le point de vue patrimonial et non réglementaire sur l'état des eaux, il nous importe finalement peu que ces doublons soient liés à tel ou tel producteur ou réseau de données. Donc tant mieux si la même substance est recherchée deux fois à la même date. Il faut juste s'assurer que l'on ne la compte pas deux fois dans les nombres de substances quantifiées ou les nombres de substances recherchées. Pour cela, on élimine les doublons en conservant en priorité la valeur quantifiée maximale s'il y a des valeurs quantifiées, et on rassemble toutes les mesures effectuées à la même date comme faisant partie du même prélèvement sur la station concernée.

Calculs par station et sélection des points
Pour chaque station de mesure de la qualité de l'eau, on a calculé les valeurs maximales rencontrées en 2007 des trois variables associées aux trois points de vue énoncés plus haut. La valeur la plus élevée rencontrée dans l'année sur une station de mesure laisse augurer de l'ampleur des contaminations et de la gamme des autres valeurs susceptibles d'être mesurées tout au long de l'année sur cette même station.

Plus encore que pour les macropolluants, les mesures disponibles sur l'ensemble du territoire ne permettent pas de calculer des moyennes annuelles pertinentes de façon à compléter le point de vue donné par les valeurs élevées ce ces variables.

Nous présentons aussi quelques statistiques décrivant les substances quantifiées en 2007 :
-Les minimum, médiane, moyenne et maximum.
-Les nombres de quantifications totaux ainsi que ceux associés à des valeurs de concentration et de toxicité plus ou moins élevées.

Les pesticides non quantifiés sont assimilés à 0 (nq=0) dans le total des concentrations ou des doses toxiques, ce qui sous-évalue d'autant plus l'évaluation des contaminations que les LQ sont élevées.

Les limites analytiques de l'ensemble des mesures disponibles pour l'année 2007 varient entre 0,00003 µg/L et 50 µg/L. Elles peuvent beaucoup varier même pour une seule substance selon les endroits ou les dates (voir aussi La qualité de la recherche récente des substances chimiques dans l'eau des rivières (3) : les valeurs minimum et maximum des LQ pour une sélection de 252 substances sur la période 1998 à 2008 [Annexe]).
La fréquence des prélèvements aussi est très variable. Elle varie de 1 à 25 prélèvements sur l'ensemble des stations mesurées en 2007.
Les nombres de pesticides recherchés dans un même prélèvement varient de 1 à 388. Les nombres de prélèvements avec plus de 40 substances recherchées simultanément vont de 0 à 25 prélèvements pour l'année 2007 selon les endroits.
On ne peut pas juger de la pertinence de la recherche en se limitant à une seule des conditions : LQ basses, fréquences des mesures élevées ou nombre de substances recherchées par prélèvement élevé. Il faut que ces trois conditions soient réunies. Qu'une seule d'entre elles ne soit pas respectée, et la recherche n'est pas pertinente. Les stations de mesures qui réuniraient toutes ces conditions sont très rares, voire inexistantes. C'est la raison pour laquelle il est impossible, à partir des données disponibles actuellement, de dresser une carte des contaminations vraiment pertinente à l'échelle nationale.

Compte tenu des disparités des protocoles de recherche des pesticides, la sélection des stations ne peut donc se faire que de façon pragmatique en trouvant un compromis entre le nombre de stations sélectionnées et la pertinence la moins mauvaise de l'indicateur correspondant :
Pour chaque station, il s'agit de s'assurer qu'un effort de recherche minimum a bien été réalisé afin de ne pas lui attribuer une contamination faible purement artefactuelle.
Ceci a conduit Eau-Evolution à ne retenir que celles sur lesquelles il y a eu au moins un prélèvement de plus de 40 substances entre les mois de mai et d'août pendant lesquels on trouve généralement les plus fortes concentrations de pesticides.
A cette sélection s'ajoutent bien entendu les stations significativement contaminées, même si l'effort de recherche n'a pas été suffisant, c'est-à-dire sur lesquelles on a, malgré la mauvaise qualité de la recherche, trouvé au moins 5 pesticides différents ou au moins 2 µg/L de pesticides dans un même prélèvement.


Les cartes de qualité

Le fond explicatif Eau-Evolution qui souligne les grandes zones agricoles nous paraît le mieux adapté pour les pesticides :

________Zones agricoles________ _________Sol_________ ____________________Occupation du sol____________________ ____Habitat____
Alpes et Jura calcaire (et silice) forêt et élevage extensif faible
Alsace silice vignobles et grandes cultures dense
Bretagne silice élevage intensif moyen
Charente calcaire vignobles, grandes cultures et polyculture moyen
Corse silice élevage extensif, vergers et mixte faible
Coteaux Sud-ouest calcaire grandes cultures, élevage intensif et mixte moyen
Gironde calcaire vignobles moyen
Landes silice forêt et grandes cultures faible
Lorraine calcaire mixte et grandes cultures dense
Massif central silice forêts et élevage extensif faible
Bordure méditerranéenne calcaire vergers, vignobles et mixte dense
Nord silice grandes cultures et mixte dense
Normandie silice (et calcaire) élevage intensif moyen
Pays nantais silice (et calcaire) mixte, polyculture et élevage intensif dense
Plaines céréalières calcaire grandes cultures et maraichage dense
Pyrénées silice forêt et élevage extensif faible
Saône et Rhône calcaire vergers, vignobles, grandes cultures, polyculture et mixte dense
Vosges silice forêt, élevage extensif et mixte faible


Toutes les concentrations sont exprimées en µg/L.

Rappelons que ces cartes traduisent les méthodes d'évaluations patrimoniales indépendantes et affranchies de tout aspect réglementaire propres à Eau-Evolution, et que chacun est invité à apporter sa critique et sa contribution pour les améliorer.

Les nombre de pesticides présents simultanément dans un même prélèvement
De façon à pouvoir estimer au mieux le nombre de pesticides présents simultanément, voici 3 cartes réalisées avec les mêmes valeurs par station, mais présentées avec des seuils (couleur noire) croissants égaux respectivement à 5, 10 et 15 pesticides différents quantifiés dans un même prélèvement d'eau :

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65_2.jpg



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Le nombre de pesticides présents dans un même prélèvement en 2007 atteint la valeur maximale de 28 substances.

Les niveaux des concentrations quantifiées pour chaque substance sont détaillés dans un tableau présenté plus bas.


Les concentrations totales de pesticides dans un même prélèvement
De façon à pouvoir estimer au mieux la masse totale de pesticides présents simultanément, voici 3 cartes réalisées avec les mêmes valeurs par station, mais présentées avec des seuils (couleur noire) croissants égaux respectivement à des totaux de 0,5 µg/L, 2 µg/L et 5 µg/L de pesticides dans un même prélèvement d'eau :

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La concentration totale de pesticides mesurée dans un même prélèvement en 2007 atteint la valeur maximale de 653,01 µg/L (pour un cocktail de Métolachlore et de Diuron).

La toxicité totale des pesticides dans un même prélèvement
Nous présentons ici la toxicité potentielle de type chronique (LTC) des substances. Comme pour les concentrations, la valeur la plus élevée rencontrée dans l'année laisse augurer de la gamme des autres valeurs susceptibles d'être mesurées tout au long de l'année. La "dose toxique" correspondant à une substance LTC dans un prélèvement donné est très logiquement le nombre de fois que sa concentration mesurée y dépasse sa LTC. Le "bon état toxique" est alors défini par : la moyenne des cumuls des doses toxiques de toutes les substances LTC mesurées à différentes périodes de l'année doit rester inférieure à 1. La toxicité cumulée maximale par prélèvement présentée sur les cartes laisse augurer de ce que pourrait être cette toxicité cumulée moyenne si la qualité des mesures (fréquence, LQ, etc.) en permettait le calcul. Par ailleurs, une des cartes de toxicité présentée ci-dessous est réalisée à partir du seuil de "4 doses toxiques" qui correspond à l'ordre de grandeur d'une toxicité potentielle aigue (LTA) pour les espèces aquatiques (voir Comment Eau-Evolution évalue les contaminations chimiques et la toxicité).
Ci-dessous un petit rappel terminologique :

1.jpg


De façon à pouvoir estimer au mieux la toxicité totale des pesticides présents simultanément, voici 3 cartes réalisées avec les mêmes valeurs par station, mais présentées avec des seuils (couleur noire) croissants égaux respectivement à 4, 8 et 12 doses toxiques cumulées dans un même prélèvement d'eau :

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La toxicité totale des pesticides présents dans un même prélèvement en 2007 atteint la valeur maximale de 1950 doses toxiques (Tributylétain quantifié à 0,39 µg/L). Les autres substances présentes avec des concentrations très toxiques sont le plus souvent des insecticides, et en particulier le Phoxime qui atteint jusqu'à 980 doses toxiques (quantification à 0,49 µg/L).

Les zones les plus concernées par les pesticides en 2007
Ci-dessous, les zones qui sont, toujours bien entendu à partir des données brutes disponibles et des méthodes d'évaluation Eau-Evolution, les plus concernées par les pesticides en 2007.

Le point de vue du nombre de pesticides cumulés traduit le mieux selon nous, compte tenu de la qualité des données et des stratégies modernes d'utilisation de cocktails de substances moins dosées, la contamination et le potentiel de toxicité réels des eaux :

65.jpg


La taille des points est proportionnelle aux valeurs de façon à ce que l'on distingue plus nettement les zones concernées.

Mais voici aussi le point de vue complémentaire de la masse des pesticides cumulés :

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Dans l'ensemble, on retrouve à peu près la même répartition géographique des contaminations. On distingue cependant des zones concernées plutôt par des concentrations élevées tandis que d'autres le sont plutôt par des cocktails de plusieurs substances élevés. Mais il ne faut pas oublier que la disparité géographique des protocoles de mesure rend toute comparaison sujette à caution.

On trouvera une tentative de présentation simultanée des deux points de vue dans l'article Carte de qualité des rivières et aquifères : une vision globale pour les pesticides cumulés dans l’eau en 2007.

La carte ci-dessous montre un autre point de vue sur l'effet cocktail. Elle présente en effet, pour chaque station de mesure, non pas le nombre de pesticides différents quantifiés simultanément dans un même prélèvement, mais le nombre de pesticides différents quantifiés tout au long de l'année :

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Le nombre de pesticides différents quantifiés dans une même station au cours de l'année 2007 atteint la valeur maximale de 44 pesticides.

Un petit aperçu de la qualité de la recherche des pesticides en 2007
La qualité de la recherche a une grande influence sur le résultat obtenu. Voici par exemple l'ampleur de l'éventail de tous les pesticides qui ont été recherchés, non pas simultanément dans un même prélèvement, mais tout au long de l'année :

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Le nombre de substances différentes recherchées dans une même station au cours de l'année 2007 atteint la valeur maximale de 391 substances.

Ci-dessous, une carte présentant les fréquences des prélèvements de pesticides avec au moins 40 substances recherchées par prélèvement, ce qui fait le double du nombre des pesticides recherchés pour l'état chimique de la DCE, mais très peu au regard des 237 pesticides qui ont été quantifiés en 2007 (voir paragraphe suivant) et au regard du nombre de pesticides que l'on aurait pu quantifier en les recherchant mieux :

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La fréquence des prélèvements recherchant au moins 40 pesticides simultanément dans l'eau au cours de l'année 2007 atteint la valeur maximale de 25 (environ 2 par mois). Lorsque cette fréquence est faible, on peut s'attendre à ce que les périodes critiques pour la vie aquatique, qui correspondent d'ailleurs souvent aux pics des présences des pesticides, soient très mal voire pas mesurées.

Comme toutes les cartes qui présentent la qualité de la recherche, on distingue malheureusement assez nettement les contours des grands bassins versants des agences de l'eau.

Les graphiques ci-dessous présentent la disparité de l'effort de recherche du point de vue de la quantité globale d'analyses réalisées pour l'année selon ces grands bassins versants (les quantités sont ramenées à l'unité de surface ou au nombre de stations et on ne pourrait les comparer sérieusement qu'en prenant en compte les disparités des conditions géographiques ou des substances recherchées) :

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Bien entendu, il ne suffit pas de faire beaucoup d'analyses pour que la recherche soit pertinente : il vaut mieux une analyse avec une limite de quantification suffisamment basse que 100 avec des LQ trop élevées pour quantifier quoi que ce soit !
Le graphique ci-dessous présente la disparité de l'effort de recherche en 2007 du point de vue de la bassesse des LQ des analyses réalisées selon ces grands bassins versants, toutes substances confondues (les LQ des analyses quantifiées ne sont malheureusement pas disponibles) :

65_18.jpg


Le graphique ci-dessous présente la disparité de l'effort de recherche du point de vue de la bassesse des LQ des analyses réalisées pour l'année pour les 30 substances les plus quantifiées (les LQ des analyses quantifiées ne sont malheureusement pas disponibles) :

65_21.jpg

Il faut savoir que pour les pesticides, dans le Système d'évaluation de la qualité des eaux souterraines publié en 2003, le premier seuil de contamination est de 0,01 µg/L par substance (0,001 µg/L même pour certaines substances) : "L'état patrimonial du SEQ Eaux souterraines fournit une échelle d'appréciation de l'atteinte des nappes par la pollution et permet de donner une indication sur le niveau de pression anthropique s'exerçant sur elles sans faire référence à un usage quelconque". Les LQ ne devraient donc pas excéder 0,01 µg/L, même pour les eaux superficielles pour le même motif "donner une indication sur le niveau de pression anthropique s'exerçant sur elles sans faire référence à un usage quelconque", et parce qu’on sait le faire sur le plan analytique. Cette valeur ne représente en outre que le dixième de la norme eau potable par pesticide et il est nécessaire que les LQ ne la dépassent pas si on prétend évaluer correctement l'évolution ainsi que la somme des concentrations des pesticides.
On constate que pour pratiquement chacune de ces 30 substances choisies en exemple, une partie des analyses est effectuée avec des LQ qui ne dépassent pas la valeur de 0,01 µg/L. Pourquoi donc toutes les autres analyses ne le seraient-elles pas aussi ? Pourquoi autorise-t-on l'épandage de molécules dans la nature sans savoir si on pourra ou non les mesurer dans l'eau, elles et tous leurs produits de dégradation, avec des LQ ne dépassant pas 0,01 µg/L ?

Les trois graphiques précédents proposent une approche très globale sur la quantité et la qualité des données. Les deux cartes suivantes proposent une approche plus détaillée, sur les exemples de l'AMPA et du diuron.
La carte ci-dessous aborde, sur l'exemple de la recherche de l'AMPA, l'ampleur des problèmes concernant la représentativité hydro-spatiale des données brutes. Elle montre la localisation des stations concernées ainsi que le nombre des analyses disponibles pour chacune :

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La fréquence des analyses d'AMPA dans l'eau au cours de l'année 2007 atteint la valeur maximale de 25 (environ 2 par mois).
On remarque que la recherche d'une molécule comme l'AMPA, pourtant pas si récente ni si anodine, omet une grande partie du territoire et qu'elle est très irrégulière sur le reste.

Et même quand les stations mesurées sont nombreuses, ce qui est le cas pour le diuron en 2007, en plus de l'irrégularité et de l'insuffisance chronique des fréquences de mesures, se pose le gros problème de l'irrégularité et de l'insuffisance des limites analytiques :

71_15.jpg

Les LQ maximum observées par station en 2007 pour le diuron vont de 0,01 à 0,1 µg/L.

La qualité de la recherche est abordée de façon plus détaillée et avec d'autres exemples dans plusieurs autres articles et cartes de la rubrique Micropolluants chimiques.

Des statistiques sur les substances quantifiées en 2007

Ci-dessous, quelques chiffres pour caractériser les concentrations rencontrées des pesticides qui ont été quantifiés au moins 5 fois en 2007. Cela représente 148 des 237 pesticides qui ont pu être quantifiés.

Ces statistiques sont données uniquement à titre indicatif car elles n'ont pas beaucoup de sens à ce niveau si global où rien n'est vraiment représentatif de rien (représentativité hydro-spatiale de l'échantillon des stations, irrégularité et insuffisance chronique des fréquences de mesures, des limites analytiques, etc.). Elles doivent encore être réalisées, et de façon représentative à tous points de vue, sur chacun des groupes de stations agricoles et/ou urbaines et industrielles identifiés dans les zonages Eau-Evolution pour prendre tout leur sens et permettre de déceler des évolutions éventuelles.

Les substances sont présentées par ordre alphabétique pour les retrouver plus facilement. Au lecteur le choix de les classer comme il le souhaite : parmi les plus quantifiées, avec les concentrations quantifiées les plus élevées, ou enfin avec des valeurs toxiques quantifiées les plus élevées.

Les concentrations sont exprimées en µg/L.

Pour chaque substance, on a calculé les minimum, médiane, moyenne et maximum des concentrations quantifiées. On a aussi calculé le nombre de mesures quantifiées, en précisant combien parmi ces mesures sont élevées en concentration ou en valeurs toxiques. Ces proportions sont exprimées en % du nombre total de mesures quantifiées :

___________Nom___________ _Min q_ _Méd q_ _Moy q_ _Max q_ _Nb q_ _dont>=0,1 µg/L _dont>=0,5 µg/L _dont>=0,3 dos. tox _dont>=1 dos. tox
1-(3,4-dichlorophényl)-3-méthylurée 0,02 0,02 0,028 0,09 39 0% 0% 0% 0%
2,4-D 0,0001 0,0071 0,03 2,02 789 5,3% 0,6% 0% 0%
2,4-MCPA 0,01 0,03 0,081 2,1 311 20,6% 2,3% 60,8% 20,6%
2,6-Dichlorobenzamide 0,02 0,05 0,064 0,13 20 25% 0% 0% 0%
2-hydroxy atrazine 0,02 0,05 0,069 0,9 276 19,2% 0,4% 0% 0%
Acétochlore 0,01 0,06 0,18 13,32 746 32,7% 6,8% 29,4% 8,3%
Aclonifène 0,02 0,11 0,21 1,37 49 57,1% 12,2% 10,2% 0%
Alachlore 0,01 0,04 0,12 2,2 411 23,1% 4,9% 26,3% 7,3%
Aldicarbe 0,05 0,11 0,16 0,44 11 63,6% 0% 0% 0%
Aldrine 0,001 0,003 0,0069 0,03 8 0% 0% 50% 25%
Aminotriazole 0,02 0,125 0,31 3,51 152 68,4% 17,8% 0% 0%
AMPA 0,04 0,3 0,56 16,5 993 99,1% 30,1% 0% 0%
Anthraquinone 0,02 0,055 0,072 0,49 106 17% 0% 0% 0%
Atrazine 0,005 0,03 0,044 2,61 2283 6,8% 0,4% 2,5% 0,3%
Atrazine déisopropyl 0,02 0,1 0,084 0,16 96 69,8% 0% 0% 0%
Atrazine déséthyl 0,01 0,05 0,057 0,36 1743 12,6% 0% 0% 0%
Azinphos méthyl 0,01 0,01 0,017 0,05 11 0% 0% 0% 0%
Azoxystrobine 0,01 0,06 0,097 0,53 100 38% 1% 1% 0%
Benalaxyl 0,02 0,07 0,31 4,6 19 31,6% 5,3% 5,3% 5,3%
Bentazone 0,01 0,03 0,073 2,8 562 16,4% 1,6% 0% 0%
Biphényle 0,02 0,125 0,43 4,67 32 71,9% 12,5% 12,5% 6,3%
Bromacil 0,02 0,06 0,099 0,29 16 37,5% 0% 0% 0%
Bromoxynil 0,02 0,045 0,06 0,24 20 5% 0% 0% 0%
Carbaryl 0,01 0,04 0,053 0,17 13 23,1% 0% 0% 0%
Carbendazime 0,005 0,01 0,052 0,88 313 13,4% 2,2% 21,4% 8,3%
Carbétamide 0,02 0,05 0,064 0,21 42 16,7% 0% 0% 0%
Carbofuran 0,005 0,06 0,17 1,8 158 39,2% 9,5% 0% 0%
Carbosulfan 0,11 0,29 0,39 1,2 9 100% 22,2% 0% 0%
Chlorfenvinphos 0,01 0,03 0,057 0,27 16 18,8% 0% 68,8% 18,8%
Chloridazone 0,09 0,13 1,1 4,7 5 80% 20% 20% 20%
Chlorothalonil 0,002 0,004 0,058 0,48 12 16,7% 0% 16,7% 8,3%
Chloroxuron 0,03 0,035 0,056 0,13 8 12,5% 0% 0% 0%
Chlorprophame 0,02 0,07 0,14 0,84 65 38,5% 3,1% 0% 0%
Chlorpyriphos-éthyl 0,01 0,04 0,096 0,88 38 18,4% 5,3% 100% 65,8%
Chlorpyriphos-méthyl 0,02 0,03 0,034 0,05 7 0% 0% 0% 0%
Chlorsulfuron 0,01 0,13 0,16 0,46 6 50% 0% 0% 0%
Chlortoluron 0,01 0,07 0,2 8,51 1001 39,9% 9,5% 6,1% 0,5%
Chlorure de choline 0,5 0,66 1,1 2,7 8 100% 100% 0% 0%
Clomazone 0,01 0,04 0,093 0,3 12 33,3% 0% 0% 0%
Clopyralide 0,02 0,04 0,075 0,2 6 33,3% 0% 0% 0%
Cyproconazole 0,02 0,085 0,2 1,88 18 38,9% 5,6% 5,6% 0%
Cyprodinil 0,01 0,05 0,062 0,29 25 8% 0% 0% 0%
DDD 24' 0,001 0,006 0,047 0,26 6 16,7% 0% 66,7% 33,3%
DDD 44' 0,001 0,003 0,0065 0,03 19 0% 0% 52,6% 26,3%
DDE 24' 0,001 0,002 0,0031 0,01 8 0% 0% 37,5% 12,5%
DDT 24' 0,001 0,002 0,006 0,04 25 0% 0% 48% 16%
DDT 44' 0,001 0,002 0,0057 0,07 43 0% 0% 34,9% 9,3%
Deltaméthrine 0,0002 0,00025 0,0009 0,0041 6 0% 0% 16,7% 0%
Desméthylisoproturon 0,02 0,03 0,034 0,11 17 5,9% 0% 0% 0%
Desméthylnorflurazon 0,05 0,08 0,27 1,4 29 48,3% 27,6% 0% 0%
Diazinon 0,02 0,04 0,11 0,73 11 18,2% 9,1% 0% 0%
Dicamba 0,01 0,07 0,14 1,7 58 36,2% 3,4% 0% 0%
Dichlobenil 0,05 0,07 0,11 0,32 14 28,6% 0% 0% 0%
Dichlorprop 0,02 0,03 0,065 0,96 90 15,6% 1,1% 1,1% 0%
Dichlorprop-P 0,05 0,085 0,08 0,11 8 25% 0% 0% 0%
Dieldrine 0,001 0,002 0,0062 0,03 10 0% 0% 40% 30%
Diflufenicanil 0,01 0,03 0,038 0,25 407 5,4% 0% 100% 60,4%
Dimétachlore 0,02 0,06 0,11 0,72 23 39,1% 4,3% 0% 0%
Dimethenamide 0,005 0,05 0,13 1,5 306 31% 6,2% 0% 0%
Diméthoate 0,02 0,095 0,34 2,5 10 50% 10% 0% 0%
Diméthomorphe 0,02 0,1 0,24 5,5 53 52,8% 5,7% 0% 0%
Dinitrocrésol 0,05 0,07 0,076 0,11 12 25% 0% 0% 0%
Diphenyltin 0,005 0,007 0,009 0,02 14 0% 0% 0% 0%
Diuron 0,01 0,04 0,14 34,2 4387 26,3% 4,1% 41% 12,9%
Endosulfan 0,01 0,095 2,1 8,2 6 50% 33,3% 100% 100%
Endosulfan alpha 0,001 0,006 0,021 0,13 9 11,1% 0% 88,9% 55,6%
Endosulfan bêta 0,001 0,003 0,012 0,07 15 0% 0% 93,3% 33,3%
Endrine 0,001 0,002 0,0048 0,05 48 0% 0% 39,6% 10,4%
Epichlorohydrine 1 1 1 1 62 100% 100% 100% 0%
Epoxiconazole 0,01 0,03 0,045 0,28 89 4,5% 0% 0% 0%
Ethofumésate 0,02 0,19 0,5 5,2 91 72,5% 23,1% 0% 0%
Fénitrothion 0,02 0,02 0,14 0,57 5 20% 20% 100% 100%
Fenpropidine 0,007 0,009 0,01 0,02 6 0% 0% 0% 0%
Fénuron 0,03 0,07 0,14 0,87 29 27,6% 10,3% 0% 0%
Fipronil 0,01 0,03 0,036 0,06 5 0% 0% 100% 100%
Fludioxonil 0,04 0,08 0,098 0,3 10 30% 0% 0% 0%
Fluquinconazole 0,01 0,03 0,044 0,1 5 20% 0% 0% 0%
Fluroxypyr 0,01 0,035 0,076 0,55 20 20% 5% 0% 0%
Flusilazole 0,02 0,04 0,094 1,17 32 15,6% 3,1% 6,3% 3,1%
Glufosinate 0,02 0,12 0,22 0,98 14 57,1% 14,3% 0% 0%
Glyphosate 0,02 0,2 0,44 28 467 97,4% 17,6% 0,2% 0%
Heptachlore 0,00003 0,00011 0,0014 0,01 29 0% 0% 0% 0%
Heptachlore époxyde endo trans 0,001 0,001 0,0024 0,01 7 0% 0% 0% 0%
Hexachlorocyclohexane alpha 0,001 0,002 0,0081 0,06 68 0% 0% 27,9% 19,1%
Hexachlorocyclohexane bêta 0,001 0,002 0,007 0,04 79 0% 0% 31,6% 15,2%
Hexachlorocyclohexane delta 0,001 0,002 0,0051 0,03 69 0% 0% 33,3% 5,8%
Hexachlorocyclohexane gamma 0,001 0,005 0,012 0,55 396 1,3% 0,3% 48% 15,9%
Hexaconazole 0,02 0,065 0,31 3,38 16 37,5% 6,3% 0% 0%
Hexazinone 0,02 0,07 0,11 0,41 21 42,9% 0% 0% 0%
Hydroxyterbuthylazine 0,01 0,1 0,11 0,32 21 76,2% 0% 0% 0%
Imazaméthabenz 0,02 0,07 0,064 0,1 5 20% 0% 0% 0%
Imazaméthabenz-méthyl 0,006 0,03 0,082 2,2 95 12,6% 3,2% 0% 0%
Imidaclopride 0,02 0,06 0,21 6 63 28,6% 6,3% 1,6% 1,6%
Ioxynil 0,01 0,02 0,034 0,08 9 0% 0% 0% 0%
Iprodione 0,01 0,05 0,13 2,71 98 32,7% 3,1% 1% 0%
Isoproturon 0,01 0,07 0,21 20 1955 38,9% 8% 42,3% 14,4%
Isoxaben 0,02 0,06 0,092 0,26 13 30,8% 0% 0% 0%
Isoxaflutole 0,05 0,28 0,91 6 25 96% 32% 96% 48%
Kresoxim-méthyl 0,0067 0,015 0,027 0,08 6 0% 0% 0% 0%
Linuron 0,01 0,04 0,062 1,95 399 16,5% 0,5% 1,3% 0,3%
Mécoprop 0,01 0,03 0,081 2,2 397 16,4% 2% 0% 0%
Mésotrione 0,02 0,045 0,054 0,16 18 11,1% 0% 0% 0%
Métalaxyl 0,02 0,04 0,11 2,1 85 14,1% 3,5% 0% 0%
Métaldéhyde 0,02 0,11 0,17 1,2 143 57,3% 6,3% 0% 0%
Métamitrone 0,02 0,09 0,22 1,65 30 46,7% 10% 0% 0%
Métazachlore 0,01 0,04 0,066 1,4 456 15,1% 1,1% 8,8% 1,3%
Méthabenzthiazuron 0,01 0,06 0,11 0,91 55 21,8% 5,5% 0% 0%
Méthomyl 0,02 0,095 0,37 1,4 10 50% 30% 0% 0%
Méthoxychlore 0,01 0,01 0,023 0,05 7 0% 0% 0% 0%
Métobromuron 0,02 0,08 0,15 0,55 11 36,4% 9,1% 0% 0%
Métolachlore 0,01 0,05 0,74 653 1615 30% 8,5% 0% 0%
Naphtalène 0,01 0,02 0,033 1,91 1291 5% 0,4% 0,1% 0%
Napropamide 0,02 0,06 0,17 1,1 21 28,6% 4,8% 0% 0%
Nicosulfuron 0,02 0,06 0,1 0,75 97 33% 1% 50,5% 16,5%
Norflurazone 0,02 0,07 0,079 0,26 27 25,9% 0% 0% 0%
Ofurace 0,02 0,04 0,11 0,52 7 14,3% 14,3% 0% 0%
Oryzalin 0,02 0,04 0,047 0,19 14 7,1% 0% 0% 0%
Oxadiazon 0,01 0,03 0,084 2,8 282 17,7% 1,8% 6% 0,7%
Oxadixyl 0,01 0,05 0,07 0,45 110 21,8% 0% 0% 0%
Parathion éthyl 0,00003 0,00004 0,0011 0,02 20 0% 0% 0% 0%
Pendiméthaline 0,01 0,04 0,063 0,84 70 17,1% 1,4% 7,1% 1,4%
Pentachlorophénol 0,01 0,02 0,43 21,8 366 3,8% 2,7% 3,6% 2,7%
Perméthrine 0,02 0,06 0,08 0,24 9 22,2% 0% 0% 0%
Phoxime 0,0005 0,08 0,089 0,49 77 35,1% 0% 100% 100%
Piperonyl butoxyde 0,04 0,07 0,096 0,34 60 31,7% 0% 0% 0%
Prochloraz 0,02 0,06 0,06 0,11 13 15,4% 0% 0% 0%
Procymidone 0,01 0,03 0,081 2,3 199 17,6% 2% 0% 0%
Propiconazole 0,02 0,03 0,67 3,1 5 40% 20% 20% 0%
Propoxur 0,02 0,02 0,026 0,05 11 0% 0% 0% 0%
Propyzamide 0,01 0,04 0,094 5,45 225 16% 1,3% 0,9% 0%
Prosulfocarbe 0,02 0,03 0,062 0,24 11 18,2% 0% 0% 0%
Pyridate 0,02 0,03 0,028 0,06 17 0% 0% 0% 0%
Pyriméthanil 0,01 0,04 0,14 2,7 59 18,6% 6,8% 0% 0%
Quinmerac 0,02 0,165 0,37 1,2 6 50% 33,3% 0% 0%
Simazine 0,006 0,02 0,051 2,39 353 7,9% 0,8% 1,7% 0,3%
Simazine-hydroxy 0,1 0,15 0,28 1,8 16 100% 6,3% 0% 0%
Spiroxamine 0,05 0,175 0,19 0,39 14 92,9% 0% 0% 0%
Sulcotrione 0,02 0,07 0,1 0,58 43 34,9% 2,3% 0% 0%
Tébuconazole 0,01 0,06 0,11 1,9 224 29,5% 3,6% 7,1% 0,9%
Tébutame 0,006 0,03 0,061 0,8 66 13,6% 1,5% 0% 0%
Terbuméton 0,02 0,02 0,032 0,07 17 0% 0% 0% 0%
Terbuthylazine 0,006 0,03 0,075 2,7 177 13% 1,7% 1,1% 0%
Terbuthylazine désethyl 0,01 0,03 0,038 0,3 115 4,3% 0% 0% 0%
Terbutryne 0,02 0,06 0,17 2,75 75 38,7% 8% 0% 0%
Tetraconazole 0,02 0,09 0,11 0,23 12 41,7% 0% 0% 0%
Tributylétain 0,0001 0,008 0,018 0,39 134 2,2% 0% 100% 98,5%
Triclopyr 0,01 0,04 0,078 1,99 232 10,8% 2,6% 1,3% 0%
Trifluraline 0,006 0,02 0,093 2,51 47 12,8% 2,1% 89,4% 42,6%

Ainsi par exemple, 396 analyses de lindane (Hexachlorocyclohexane gamma) ont été quantifiées dans l'eau des rivières mesurées en métropole durant l'année 2007. Les concentrations quantifiées allaient de 0,001 µg/L à 0,55 µg/L (la LTC du lindane est de 0,02 µg/L et sa LTA est de 0,04 µg/L). 16% de ces 396 analyses quantifiées dénotaient une toxicité potentielle d'au moins 1 dose toxique (LTC).

Les graphiques ci-dessous présentent quelques points de vue sur les substances que l'on rencontre le plus souvent dans les eaux des rivières, selon bien entendu le jeu de données et la qualité de la recherche médiocres et peu représentatives disponibles :

65_13.jpg



65_14.jpg



65_15.jpg

Un exemple du manque de représentativité des données brutes disponibles et des difficultés qui s'en suivent pour interpréter les résultats synthétiques : le diuron est recherché sur 1652 stations contre 393 stations pour le glyphosate ou l'AMPA, sans compter le manque de représentativité de leur position géographique ni l'irrégularité des protocoles de mesure (fréquences, saisons, LQ, etc.).
Ces points de vue montrent que les herbicides de la famille des urées substituées (diuron, isoproturon, chlortoluron, etc.) sont les grands gagnants, talonnés de près par la famille des chloroacétamides (métolachlore, acétochlore, etc.), l'atrazine et le couple glyphosate/AMPA. Parmi les insecticides, ce sont les naphtalène, lindane et carbofuran qui l'emportent. Pour les fongicides ce sont les pentachlorophénol, tébuconazole et tributylétain (algicide). Pour les autres usages, on remarque le métaldéhyde (anti-limaces) et l'anthraquinone (corvicide).

Quelques commentaires

 

Ces cartes décrivent une contamination cumulée par principe sous-évaluée (LQ, fréquences, périodes, nature et nombres de substances recherchées, etc.). Et c'est d'autant plus le cas pour l'évaluation de la toxicité cumulée puisque seules la moitié (plus exactement 123 parmi les 237) des substances quantifiées en 2007 possèdent une donnée de toxicité (NQE, NQEp ou PNEC Agritox).

Il est regrettable que les données ne soient pas homogènes et de qualité suffisante (fréquence et période des mesures, LQ, représentativité géographique, etc.) pour dresser des cartes pertinentes au niveau national. Néanmoins, l'image donnée par les trois points de vue, concentration totale, nombre de substances et toxicité totale, même si elle reste sous-évaluée, semble assez cohérente avec la répartition géographique et la nature des activités agricoles. Le point de vue de la toxicité serait certainement plus cohérent si les données de toxicité étaient plus complètes.

Les pesticides contaminent aussi les exutoires marins des cours d'eau, les sols agricoles et les nappes souterraines présentes sous les sols agricoles. Cette contamination peut être durable pour les substances persistantes, mais même les substances non persistantes ont un impact sur les milieux qu'elles contaminent : par elles-mêmes jusqu'à leur dégradation et ensuite par leur produits de dégradation qui sont parfois plus toxiques et plus durables que les molécules mères.

La contamination de référence pour ces pesticides de synthèse est "zéro contamination". Seuls les zones montagneuses sont restées relativement préservées des pesticides, mais pas complètement. Ces zones sont aussi le lieu d'activités ponctuellement polluantes, et surtout, les pesticides peuvent aussi être apportés par les retombées atmosphériques en provenance des régions voisines et du monde entier.

Encore en 2007, malgré les "bonnes pratiques" agricoles et des stratégies d'épandages qui s'orientent plutôt vers l'utilisation de cocktails de substances moins dosées, ce qui n'est pas forcément mieux du point de vue de la toxicité réelle ni de notre capacité à les quantifier, on découvre des concentrations et/ou des nombres de substances cumulées extrêmement élevés dans l'eau.

Les cartes ci-dessus montrent que les pesticides contribuent forcément à la perte de biodiversité dans les milieux aquatiques mais aussi dans les milieux terrestres anthropisés car toutes les espèces, aquatiques comme terrestres, ont besoin d'eau pour vivre.

 

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