Wikistrike

Wikistrike

Rien ni personne n'est supérieur à la vérité

Dans la Méditerranée, où nous allons nous baigner cet été, des réfugiés se noient par centaines

Publié par wikistrike.over-blog.com sur 9 Juin 2011, 11:41am

Catégories : #Politique internationale

Dans la Méditerranée, où nous allons nous baigner cet été, des réfugiés se noient par centaines. Il faut agir. Tout de suite.

 

724426_des-migrants-libyens-sont-secourus-pres-des-cotes-it.jpgDans quelques semaines, des cohortes d'Européens aisés s'en iront barboter dans la Méditerranée, sans songer que dans la même eau, en face d'eux, sur l'autre rive, baignent des centaines de cadavres. Chaque jour, dans leur fuite vers un Nord qu'ils idéalisent, des réfugiés se noient, entassés sur des barcasses. La guerre en Libye jette les civils dans l'exode, les révolutions du printemps arabe ouvrent les frontières et, sans doute, les nouveaux gouvernants ne sont-ils pas fâchés de voir disparaître une populace que la crise les empêche de nourrir. Quels que soient les vents politiques et économiques qui les poussent, ces Africains noirs ou maghrébins partagent, au bout du compte, le même sort, la même infortune de mer : leur vie est livrée aux passeurs sans scrupules et aux vagues sans pitié. Une nuit, c'est un chavirage près des côtes qui noie des dizaines de ces errants ; une autre, ce sont les femmes et les faibles que l'on jette par-dessus bord pour éviter le naufrage. Il ne manque que des pirates les pillant et les tuant pour que l'horreur soit complète. 

Ce n'est pas seulement contre les murailles des flots que se brisent ces embarcations, c'est aussi contre le mur de glace de l'indifférence européenne 

Mais ce n'est pas seulement contre les murailles des flots que se brisent ces embarcations, c'est aussi contre le mur de glace de l'indifférence européenne. Aucun gouvernement, aucune institution et, plus grave, aucune opinion ne s'émeut outre mesure d'un tel massacre. Peuples du Nord, nous sommes devenus insensibles au malheur des gueux. Par égoïsme, peut-être, pour protéger le quignon de notre confort, financé par les déficits publics, en pensant qu'il sera éternel si on en tient à distance les miséreux. Par angoisse, sans doute, tant les Occidentaux ont eux aussi le fer de la crise planté dans les reins. Certes, nous ne sommes pas jetés sur les mers et les routes par la faim ou les guerres, mais notre horizon est assez sombre pour que l'on prête moins d'attention qu'avant aux malheurs voisins. Toutefois, si nous avons, pour cette indifférence, beaucoup d'explications à fournir, nous n'avons aucune excuse valable à donner.  

Il est temps d'arrêter ce massacre. Face à l'immigration clandestine, le réalisme est légitime, pourvu qu'il évite le cynisme. Mais il y a ici urgence, et il ne s'agit plus de savoir s'il faut réformer Schengen ou augmenter la coopération entre l'Europe et l'Afrique : il s'agit de sauver des vies. Tout de suite. Avec de vrais bateaux, pour un vrai accueil, par les 27 pays de l'Union et non les seuls limitrophes de la Méditerranée, des réfugiés qui auront traversé - et qu'il faudra rapatrier quand les conditions le permettront. Avec de vraies structures pour héberger au Maghreb ceux qui n'ont pas encore pris la mer et les aider à faire demi-tour pour recommencer leur vie dans leur vraie patrie. 

Si l'on ne fait rien, il y aura bien quelques politiques pour se réjouir in petto que les gouvernements n'aient pas à "remettre sur des bateaux" ceux qui tombent à la mer. Mais il y aura une tache indélébile sur l'Europe et dans un mois, pour chaque estivant - car nul ne pourra dire qu'il ne savait pas -, la conscience qu'il fait trempette dans le sang et les larmes. Et dans sa propre honte.

L'express 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Archives

Articles récents