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Emeutes au R-U : la justice n'y va pas de main morte

Publié par wikistrike.over-blog.com sur 18 Août 2011, 12:19pm

Catégories : #Politique internationale

 

Cameron très sévère contre les émeutiers, sans le sou, mais pas sévère contre lui, plein de fric.

 

Peut-on parler de répression suite à ce qu’il s’est passé alors que ces émeutes ont peut être été provoquées afin d’imposer certaines mesures d’austérité ou sécuritaires? L’Angleterre a inventé le taylorisme dans la justice, un travail à la chaine 24/24 heures avec à la clé distribution des peines à la chaine.

David Cameron, Premier ministre britannique, veut des résultats
David Cameron, Premier ministre britannique, veut des résultats | REUTERS/Montage Le Post

La justice britannique tourne à plein régime depuis la fin des émeutes la semaine dernière. Après les quatre nuits qui ont mis le feu à Londres, des centaines de personnes ont rejoint les tribunaux, attendant un verdict que le gouvernement souhaite exemplaire.

 Les forces de polices ont d’ores et déjà arrêté près de 1.400 personnes, et ces supposés émeutiers attendent parfois toute la nuit pour voir leur cas étudié par les « magistrates’ courts » (tribunaux chargés de juger des affaires mineures et de trancher des litiges).

Environ 64% d’entre eux ont été maintenus en détention préventive (en attente de leur jugement), alors qu’en temps normal ce chiffre tourne autour de 10%.

 

Des tribunaux ouverts 24h/24

Pour faire face à l’afflux du nombre de comparutions, des tribunaux de Londres, Birmingham (centre) et Manchester (nord-ouest) travaillent 24 heures sur 24.

Et le moins que l’on puis dire c’est que cette justice travaille sans ménager leur peine…

Pour preuve, deux jeunes de 20 et 22 ans ont été condamnés à quatre ans de prison ferme pour avoir tenté d’inciter des troubles via des pages Facebook. Bien que les rassemblements prévus n’aient pas eu lieu, ces lourdes peines sont justifiées par le fait que la police a été mobilisée sur les lieux alors qu’elle aurait pu être plus utile ailleurs.

 

Des émeutiers aux profils surprenants

Si les médias d’outre-Manche ont beaucoup insisté sur la précocité de l’âge des émeutiers, les juges ont également vu défiler des trentenaires et des quadragénaires.

C’est le cas d’Alexis, assistant dans une école primaire, dont le cas est abordé dans Le Figaro.

Cet homme de 31 ans s’est déclaré coupable après avoir participé à un cambriolage avec effraction et intention de voler, dans un magasin de hi-fi. S’il n’a finalement rien emporté avec lui, le « pilleur » s’est rendu de lui-même à la police. Libéré sous caution, Alexis n’a plus l’autorisation de sortir de chez lui le soir, et attend son procès.

Procès qui a été transféré vers la Crown Court, un tribunal correctionnel capable de délivrer des peines plus lourdes que les magistrates’ courts. Ces dernières ne peuvent pas aller au-delà de six mois de prison, tandis que la première peut charger jusqu’à 10 ans. Salé pour quelqu’un qui n’a finalement rien volé et s’est lui-même livré aux autorités.

Des peines disproportionnées ?

Quelques exemples plus marquants ont également choqué l’opinion publique et les ONG. Un voleur de deux boules de glace au café risque la prison, un jeune de 23 ans ayant dérobé à un pack d’eau à 3,5 livres a écopé de six mois ferme…

« Certaines peines sont totalement disproportionnées. On va avoir une flopée d’appels », prédit Sally Ireland, de l’association « Justice », citée par le quotidien The Guardian.

Ces peines « plus longues » sont justifiées par le contexte des émeutes, précise le juge Andrew Gilbart de Manchester. C’est un élément aggravant par rapport à des faits « commis isolément ».

Cet argument est vivement rejeté par l’avocat Paul Mendelle, cité dans Cyberpresse, pour qui « il y a des règles claires, qui encadrent le type de peine pour chaque cas ». Or, « il semble que les tribunaux soient incités à ignorer ces règles et à jeter par la fenêtre le livre des lois, et à augmenter les peines ».

« Je trouve ça troublant et potentiellement injuste. On dit souvent qu’une justice lente constitue un déni de justice, mais la justice hâtive est aussi un déni de justice« , a-t-il vigoureusement expliqué.

Cameron veut « faire payer » les émeutiers

Concernant les autorités judiciaires elles-mêmes, pour l’instant aucun élément n’a filtré sur l’existence de consignes sur les peines pour les infractions commises pendant les récents désordres publics.

Le Premier ministre britannique a tout de même fait en sorte que les « émeutiers » réfléchissent à deux fois avant de recommencer : « vous allez payer pour ce que vous avez fait », a déclaré David Cameron, mercredi devant le Parlement.Sources : The Guardian, Le Figaro, Cyberpress, 20 Minutes.fr, L’Express.fr, Numérama

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