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France: «Dans les prochaines années il faudra déjà construire "juste" 60 centrales nucléaires», annonce Marc Benner.

Publié par wikistrike.com sur 23 Novembre 2011, 12:33pm

Catégories : #Ecologie - conso - biodiversité - énergie

Le Pôle Nucléaire Bourgogne table sur 60 centrales nucléaires à construire dans les prochaines années
D’un côté l’agitation médiatico-politique, avec une dose de vertitude teintée à l’eau de rose. De l’autre côté la réalité de notre monde. Les besoins de la population mondiale en électricité vont doubler d’ici 2050… Et il faudrait donc tirer un trait sur l’électricité nucléaire ? Les acteurs de Pôle Nucléaire Bourgogne, réunis lundi au Creusot, sont persuadés du contraire.
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  •  «Dans les prochaines années il faudra déjà construire 60 centrales nucléaires», annonce Marc Benner. 
  • Il préfère que ce soit l’industrie française, de Bourgogne et de Saône-et-Loire qui en profite.


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Mardi c’est l’enceinte de l’IUT du Creusot, que le Pôle Nucléaire Bourgogne avait choisi pour sa 15e journée de travail. L’occasion pour son Président Gérard Kottmann, de cogner fort sur les anti-nucléaires.
Il a d’abord appelé chacun des membres à propager les bonnes informations, pour ne pas laisser la non-information se transformer en désinformation. C’est ainsi qu’il a expliqué que le drame de Fukushima, fruit d’une catastrophe climatique, était d’abord un accident culturel, car les Japonais se sont d’abord recroquevillés sur eux-mêmes, plutôt que faire appel à l’aide et aux expertises des autres spécialistes dans le monde.
Gérard Kottmann, après avoir rappelé qu’au contraire de la France, le Japon ne possède pas d’autorité de sûreté nucléaire, a souligné toutes les garanties, toutes les précautions, tous les pare-feux que possède l’EPR. Avant de rappeler qu’avec toutes ses composantes l’industrie nucléaire pèse pour plusieurs dizaines de milliers d’emplois.
Pour «creusot-infos», à l’issue de la journée d’échanges entre les acteurs du PNB, Marc Benner, délégué régional d’EDF pour la Bourgogne, et membre du bureau du PNB, a décrypté les choses.

Que pèse aujourd’hui le Pôle Nucléaire Bourgogne ?
«Le PNB c’est aujourd’hui 12.000 emplois pour 154 membres, dont 11 nouveaux qui viennent de nous rejoindre. Mais le PNB ce sont déjà 32 projets de développements, de recherches, qui sont financés et qui ont été labellisés. Et 18 qui sont en phase d’élaboration».

Des exemples de dernières labellisations ?
«Oui, on vient de labelliser un projet sur le regroupement de commandes sur une centrale nucléaire. Il s’appelle le projet «connexion». Il s’agit d’intégrer toutes les évolutions technologiques mais aussi et surtout informatiques des commandes des centrales nucléaires. Cela, bien évidemment, au service d’une sécurité encore plus renforcée, encore plus performante.
Un autre projet labellisé porte sur la corrosion des matériaux et sur leurs contrôles non destructifs. Et sur ce projet, le centre de recherche d’Industeel est impliqué. Il faut bien voir qu’au service du nucléaire et de sa performance, tous les laboratoires compétents sont impliqués, avec ceux du Creusot, de Chalon-sur-Saône, de l’ENSAM de Cluny et de l’Université de Bourgogne.  Sur un plan plus général, 40 labora    toires français ou européens sont impliqués. Je rappelle que dans le contrat de performance que nous avions signé, il devait y avoir 20 laboratoires. On est donc très largement au-delà».

Quels sont les enjeux des prochains mois et des prochaines années pour le PNB ?
«Tout la stratégie consiste à faire converger et se connecter les besoins des donneurs d’ordres que sont AREVA, EDF et le CEA avec le tissu des laboratoires et des PME qui sont la force du PNB. Cela pour bâtir des projets de recherche et développement, comme nous avons déjà su en labelliser. Et je peux assurer que les patrons des PME sont prêts à travailler et à s’investir».

Jugez-vous inquiétantes les turbulences actuelles autour du nucléaire civil et de ses centrales ?
«C’est vrai que les salariés sont inquiets. Mais face à cela, il faut montrer que l’industrie bourguignonne est performante, reconnue dans le monde pour son savoir-faire. La France, ce sont des compétences uniques  et des technologies de pointe en matière de nucléaire. Cette industrie pèse et il faut la porter, pour aller plus loin et conforter nos emplois. Et je le dis, quand on sait faire des pièces de qualité irréprochables, que l’on s’appuie sur des contrôles non destructifs parmi les plus sévères, alors oui il faut savoir en profiter».

Pour quelles perspectives ?
«Il n’y a pas que les générateurs de vapeur qui ont été cœur de l’actualité au mois de septembre. Il faut bien voir qu’il y a des milliers de pièces à changer régulièrement au nom d’une maintenance d’excellence. Et ce segment de la maintenance est très important pour l’industrie bourguignonne. Mais à côté de cela il y a aussi la réalité des besoins à l’échelle du monde».

Quels sont-ils ?
«C’est assez simple, dans les prochaines années, pour répondre à la demande et aux besoins, il faudra construire 60 centrales nucléaires. Notons bien qu’un EPR à l’international, c’est 3200 emplois en France pour la partie construction et 250 emplois pour la partie maintenance. L’Angleterre, la Finlande, les pays d’Europe centrale, l’Afrique du Sud, la Chine, l’Inde veulent de l’électricité nucléaire. Cela parce que la demande d’électricité va doubler dans le monde d’ici 2050, notamment par les besoins des pays émergents. Et je le rappelle, l’électricité, c’est moins de gaz à effet de serre.
Mais nous travaillons aussi sur les nécessaires arrêts des centrales en fin de vie et leur démantèlement. D’ailleurs actuellement on déconstruit la centrale de 1ère génération au Bugey».

Comment le nucléaire doit-il se situer ?
«Face aux enjeux énergétiques, il faut avoir tout à l’esprit. Les réponses sont multiples. Il y a donc le nucléaire civil que nous défendons, les économies à réaliser en termes de consommation, les énergies renouvelables, les productions d’électricité à partir du charbon, à condition que ce soit propre, et le gaz. Il faut de tout pour assurer les besoins».

Justement, où en est le projet de la centrale solaire à Sanvignes ?
«Elle sera présentée à l’appel à projets de l’Etat qui court jusqu’au début 2012. Il y a maintenant deux nouveaux critères. Plus de bonification pour les centrales situées au Nord de la Loire. Et celui qui présente un projet doit présenter un prix de rachat. Je rappelle que la centrale de Sanvignes est portée par une filiale d’EDF».
Source: creusot-info
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