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Rien ni personne n'est supérieur à la vérité

Hommage à Bradley Manning

Publié par wikistrike.over-blog.com sur 18 Juin 2011, 13:26pm

Catégories : #Politique internationale

Hommage à Bradley Manning
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Bradley Manning, 2009

Nous souhaitions aujourd’hui rendre un hommage à Bradley Manning, nous l’équipe de Wikistrike, branche française de Wikileaks, car cet homme qui risque 52 ans de prison a contribué à changer le monde. Il a sacrifié sa vie en travaillant pour Wikileaks pour donner au grand public des documents secrets de l’armée américaine. Nous incitons tous les militaires français à faire de même car, au-delà du respect pour leur hiérarchie, il y a le respect des droits de l’homme, et chaque militaire devrait s’interroger sur le sens de son combat, sur ce que peut être quelque chose qui s’appelle la justice et la liberté. Rien ni personne n’est supérieur à la vérité, c’est elle qui fait de nous des hommes libres, car c’est le savoir qui détermine notre pensée et nos actions.

 

Bradley Manning nous ne t’oublierons jamais.

 

Bradley Manning, binational américano-britannique1, est né en 1987 à Crescent, dans le Comté de Logan en Oklahoma (États-Unis). Analyste militaire de l'armée américaine de grade PFC (anciennement Specialist, ou SPC) il est accusé d'avoir transmis à Wikileaks différents documents militaires classés secret défense. Certains le voient comme un criminel, d'autres, comme un « lanceur d'alerte » garant de la démocratie. Actuellement en détention, il n'a pas encore été jugé.

Biographie

Bradley nait aux États-unis en 1987 et grandit à Crescent, une localité de la Bible Belt. Son père, militaire, est un homme sévère, mais souvent absent du foyer familial2,3.

Sa mère, Galloise, ne s’adaptant pas au mode de vie américaine, repart au Royaume-Uni avec Bradley, lors de son divorce en 2001. Il suit alors sa scolarité au pays de Galles et notamment à la Tasker Milward school : il y subit des vexations, non pas du fait de son orientation sexuelle alors ignorée par ses propres amis, mais du fait de sa singularité ; des amis d'alors se souviennent aussi d'un jeune homme qui n'hésitait pas à dénoncer les injustices dont il pouvait être le témoin4. Après le lycée, sa mère le renvoie aux États-Unis où il part vivre chez son père. Ce dernier le jette à la rue lorsqu’il découvre l’homosexualité de Bradley.

D’un caractère réservé, il passe son temps devant son ordinateur, mais défend des opinions très arrêtées (dans l'Oklahoma, par exemple, il refuse de réciter le verset qui se réfère à Dieu dans le serment d’allégeance au drapeau américain), mais pouvait parfois se montrer caractériel lorsqu’il est contrarié. Chassé du domicile paternel, il vit alors dans sa voiture et enchaîne les petits boulots où, là encore, il se distingue par ses coups de gueule. Le patron d’une petite entreprise informatique, qui l’a brièvement employé, se souvient d’un garçon certes très doué pour la programmation mais avec « la personnalité d’un éléphant dans un magasin de porcelaine »5.

En 2007, il s’engage dans l’armée, sur les conseils d’un ami, espérant y trouver enfin sa place. Il est reconnu pour ses compétences en matière informatique, et on le dirige alors vers une carrière d’agent de renseignement et est envoyé en Irak. Mais de nouveau, Manning a du mal à cacher son homosexualité comme il est censé le faire en vertu de la loi Don't ask, don't tell (« ne rien demander, ne rien dire »). À ses amis extérieurs à la caserne, il fait part des allusions, moqueries et brimades dont il est l’objet.

Avant son affectation en Irak, Bradley Manning avait fait connaissance − par l'intermédiaire d'un amant — de personnes qualifiées de « gauchistes et pirates informatique »[réf. nécessaire]. Ses contacts avec Wikileaks auraient eu lieu à cette période-là.

Contexte de l'accusation

En avril 2010, WikiLeaks donnait à voir une vidéo titrée Collateral Murder ; le 7 juillet, les autorités américaines désignaient Bradley Manning comme l'informateur de WikiLeaks6.

C'est le magazine Wired qui annonça le premier l'arrestation de Bradley Manning : le 6 juin un article co-signé par Kevin Poulsen racontait comment Manning aurait provoqué son arrestation par ses propres vantardises qui furent ultérieurement rapportées aux autorités par son interlocuteur, Adrian Lamo7. L'article précisait que ni le Département d'État, ni le FBI ni l'Armée n'avaient encore confirmé cette arrestation8. Le 7 juin, l'Armée publiait un très bref communiqué sur cette affaire9. Le 8 juin, le magazine Wired rapportait que les autorités américaines s'interrogeaient sur la responsabilité de Manning dans la publication de 260 000 cables. Le Département d'État n'avait pas alors la certitude que les dépêches aient été déjà transmises à Wikileaks (ce n'est qu'à partir du 28 novembre 2010 que Wikileaks diffusera ces dépêches). Début juin, Bradley Manning n'est pas encore officiellement accusé ; suspect, il n'est l'objet que d'une enquête10.

Le 25 juillet 2010 Wikileaks rendait publics les Afghan War Diaries ; le 26 juillet la presse rapportait que Bradley Manning avait été désigné comme la source des Afghan War Diaries11.

À partir du 21 mai 2010, Manning aurait eu des conversations en ligne avec Adrian Lamo12. Manning aurait prétendument expliqué à un journaliste, et précédemment au hacker Adrian Lamo, avec qui il avait sympathisé, qu'il aurait publié la vidéo titrée Collateral Murder du raid aérien du 12 juillet 2007 à Bagdad. Lamo ayant eu par le passé des ennuis avec la justice américaine, prit peur, craignant d’être de nouveau suspecté pour complicité. Il le dénonça alors au FBI et envoya également une copie de ses discussions par Mails avec le jeune soldat au magazine Wired, qui en publia des extraits13.

Poursuites contre Bradley Manning

Arrêté par l'United States Army Criminal Investigation Command en juin 201014,15, Manning a d'abord été détenu plus d'un mois dans une prison militaire de Camp Arifjan, au Koweït, sans aucune charges6,16,17. Il est détenu sur la base deQuantico, en Virginie depuis le 29 juillet 2010. Il devrait être entendu au début de l'année 2011 à l'occasion d'une audience préliminaire, avant de comparaître devant une Cour Martiale probablement au printemps 201118,19.

Accusations portées contre Manning

Début juillet, Bradley Manning a été inculpé de huit chefs d'inculpation criminels et de quatre violations du règlement militaire20. Deux accusations, fondées sur le Uniform Code of Military Justice (UCMJ) en ses articles 92 et 134, sont portées contre lui : « transfert de données secrètes sur son ordinateur personnel et ajout de logiciel non autorisé sur un système informatique confidentiel », ainsi que « communication, transmission et envoi d'information traitant de sécurité nationale à une source non autorisée »6,21.

Il encourt 52 ans de prison pour les actes qui lui sont reprochés16.

Son avocat militaire commis d'office est Maj. Thomas F. Hurley. Depuis fin août 2010 son avocat civil est David Coombs14. On ne dispose d'aucun témoignage public de Bradley Manning lui-même depuis son incarcération. L'une des rares personnes à l'avoir rencontré depuis à Quantico est David House1.

Conditions de détention

Bradley Manning est soumis à un isolement carcéral maximum (Maximum Custody Detainee) dans des conditions qui prêtent à controverse22 : tandis que certains rappellent que l'isolement dans lequel Manning se trouve est comparable à une situation de torture psychologique1, d'autres, niant la dureté des conditions réelles d'incarcération voient dans ce rappel une tentative de manipulation de l'opinion[réf. nécessaire].

Conséquences et développements de l'Affaire Manning

Hilary Clinton accepte « avec regrets » en mars 2011 la démission d'un de ses porte-paroles au département d'Etat américain, Philip J. Crowley, suite aux propos « pleinement revendiqués » par ce dernier qu'un journaliste de la BBC a rapportés dans lesquels le traitement que le Pentagone réserve à Bradley Manning est qualifié de « ridicule, improductif, et stupide »23,24,25.

Soutien à Bradley Manning

Manifestations de soutien de par le monde

Manifestation à Quantico, Virginie en août 2010

Des manifestations de soutien à Bradley Manning ont eu lieu en Irlande26, auxPays-Bas26, au Canada26, en Australie27 et aux États-Unis26 (à Washington28, àSan Diego27, à Cambridge/Boston27, à Oakland27…)

Courage de résister

Courage de résister (en anglais, Courage to resist) est un réseau basé à Oaklandet défend les soldats qui refusent de se battre29 au travers de son site web.

Comité de soutien à Bradley Manning

Le Comité de soutien à Bradley Manning (en anglais, Bradley Manning Support Network) a été monté par Mike Gogulski30, citoyen américain vivant en Slovaquie, dans le but de lever des fonds pour payer les frais d'avocat (estimés à 130 000 $)19 de Bradley Manning. Un ami de celui-ci, David House, est aussi impliqué dans le montage de ce comité qui a été coordonné par Courage de résister.

Plusieurs personnalités ont rejoint ce comité. Parmi elles, le lanceur d'alerte américain qui a livré pendant la guerre du Viêt Nam les Papiers du Pentagone, Daniel Ellsberg31, le réalisateur engagé Michael Moore31 qui a soutenu le comité à hauteur de 5 000 dollars30, l'ancien agent de la CIA et militant politique Ray McGovern32, le colonel à la retraite Mary Ann Wright32.

Wikileaks a contribué au comité de soutien à hauteur de 15 000 $ et l'ensemble des fonds levés par le comité dépassaient en janvier 2011 les 100 000 $33.

 

Wikistrike contribuera au comité de soutien de tous les combats pour la justice.

 

Marc Bildermann pour Wikistrike,

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