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Indignados made in Chili : les oubliés des médias

Publié par wikistrike.over-blog.com sur 2 Septembre 2011, 10:26am

Catégories : #Social - Société

Indignados made in Chili : les oubliés des médias

 

Chili6.PNGIl y a des peuples qui n'intéressent pas les médias, ni leurs mentors, ni les champions des droits de l'homme, ni l'ONU, ni l'OTAN, ni l'Union européenne, ni tous ceux qui développent une vigilance frileuse sur tout ce qui touche aux mouvements populaires.

Le peuple chilien est de ceux-là.

Personne ou presque n'en parle et surtout pas l'excitée des champs de bataille, Hillary Clinton. Aucun appel à la retenue, aucun appel à «répondre aux  aspirations du peuple».

 

Pourtant un jeune Chilien vient d'être tué «au cours d'affrontements qui ont opposé la police à des manifestants» à Santiago. On dit aussi, officiellement, que 1.394 personnes ont été arrêtées et que des centaines d'autres ont été blessées.

 

Tout cela, sur fond d'une grève nationale, déclenchée par  la Centrale unique des travailleurs (CUT) qui a rejoint  la mobilisation des étudiants, qui dure depuis trois mois, dirigée par la Fédération des étudiants chiliens (CONFECH).

 

Des dizaines de milliers de manifestants dans la capitale et des dizaines de milliers d'autres dans le reste du pays.

 

En question, il y a eu au tout début  le droit à l'instruction gratuite. L'un des premiers des droits de l'homme (n'est ce pas ?). Parce que l'Etat chilien, issu du coup d'Etat étasunien de Pinochet ne consacre que 0,3% du PIB à l'éducation supérieure. Une misère. Les Chiliens qui veulent étudier doivent donc s'endetter pour payer leurs Chili.PNGétudes. L'endettement moyen est de 45.000 dollars, soit 15 ans d'endettement pour 5 ans d'études,  pour ceux qui ne font pas partie des nantis et de ceux qui profitent des «bienfaits» du libéralisme.

 

L'entrée en scène des syndicalistes, qui soutiennent les revendications des jeunes, met sur la table d'autres problèmes, comme les réformes des impôts et du système de santé du travail. Et le spectre des revendications s'élargit, mettant en branle tous les pans de la société qui souffrent, même les classes moyennes. Se trouve ainsi posée l'opportunité de «dégager» l'ordre social né de la dictature instaurée dans le sang en 1973.

 

Sebastian Piñera, un entrepreneur milliardaire, est le président actuel du pays, un fervent défenseur du «libre» échange. Il subit, désormais, tous les soirs un concert de casseroles. Histoire d'entretenir la pression sur le régime et la solidarité entre les Chiliens. Il y a donc du bruit nuit et jour, sans qu'il soit entendu.

 

C'est extraordinaire ! Mais on devine que ce genre de bruit inquiète plus qu'il ne réjouit. Il est à ranger parmi les cauchemars qu'il faut éviter qu'ils se produisent. Et pour cause, c'est le système qu'on veut vendre partout, avec des promesses de bienfaits et de lendemains radieux, grâce à des révolutions  bien orientées, quitte à les booster à coups de bombes, qui ne plaît pas.

Chili4.PNGUn système installé par la terreur contre un peuple qui a mal  usé de la démocratie en choisissant un gouvernement qui allait récupérer les richesses du pays et les mettre au service de son économie.

 

C'était un 11 septembre il y a 38 ans, quand l'armée chilienne a signifié par l'assassinat, la torture, la disparition, la prison, la terreur, que le suffrage universel n'était valable que dans une certaine mesure.

Les Chiliens ne le savaient pas.

Ils l'ont su et le savent pour toujours.   

 

Par Ahmed Halfaoui 

Source 

 

 

 

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