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La Belgique est morte, achevons-la

Publié par wikistrike.over-blog.com sur 9 Juillet 2011, 20:48pm

Catégories : #Politique internationale

La Belgique est morte, achevons-la

 

Le rejet des propositions d'Elio Di Rupo par Bart De Wever, le président du parti nationaliste flamand N-VA, brise l'espoir de réussir à former un gouvernement. Côté flamand comme côté wallon, dépit et colère s'affichent.

 

"La fin de la Belgique ? Ce à quoi nous sommes confrontés est en réalité une profonde crise du régime belge. Le plus grand parti de Flandre et le plus grand parti de Wallonie ne peuvent plus se mettre d'accord après plus d'un an de négociation. Ils ont des points de vue diamétralement opposés tant sur les réformes institutionnelles que sur des sujets économiques ou sociétaux. On ne voit pas comment on pourra changer quoi que ce soit avec ou sans élections. D'où la question ultime à poser : combien de temps pouvons-nous encore maintenir cette situation ? Si les frontières d'un accord sont à ce point introuvables, ne faut-il pas réfléchir à un nouveau modèle totalement différent ?" se demande le quotidien conservateur anversois Gazet van Antwerpen. "Scinder la Belgique est trop risqué et trop compliqué", répond le politologue anversois Dave Sinardet dans le même journal. "La seule manière de scinder un pays passe aussi par des négociations et sur la délicate question du partage de la succession. Cette discussion est cent fois plus dure que les négociations actuelles. Si nos politiques commencent à parler de ce sujet, je crains que la situation ne devienne encore plus désespérée qu'aujourd'hui. Il ne faut pas oublier qu'il n'existe pas de majorité en Flandre favorable à une scission du pays", conclut-il.


La une du journal le 8 juillet 2011.Du côté francophone, l'éditorialiste du Soir, Béatrice Delvaux, ne cache pas sa colère vis-à-vis du président de la N-VA : "Ceci n'est plus un pays. La Belgique n'a plus de sens. La Belgique ne vaut pas la peine. La Belgique n'est plus un pays à gérer, à reconstruire, à faire évoluer. C'est un projet mort qu'il faut achever en faisant la place à une vision univoque, flamande. Vous n'aviez pas compris ? Eh bien, depuis hier [le jeudi 7 juillet] à 14 heures, c'est clair. M. De Wever nous l'a dit, l'a dit aux citoyens belges, l'a dit en fait à la terre entière – agences de notation comprises. On savait qu'il le pensait, on savait qu'il le voulait. Le seul problème aujourd'hui est qu'il ne joue pas encore cartes sur table. Et qu'il se cache derrière la critique systématique, et à la sulfateuse, de la note Di Rupo pour forcer le chemin vers cette fameuse Flandre indépendante ou, version hypocrite, de cette Belgique qui a l'apparence d'un pays mais plus le contenu. On exagère ? On dramatise ? On est de mauvaise foi ? Non."

La une du journal le 8 juillet 2011."Voulons-nous encore savoir si c'est possible de faire pire ?" s'interroge pour sa part Liesbeth Van Impe dans Het Nieuwsblad. "De Wever n'a pas épargné sa critique, il n'a laissé aucune ouverture, pas de baume dans l'âme. Il a montré à Di Rupo, avec tout le respect bien sûr, un doigt d'honneur", estime l'éditorialiste du quotidien populaire. "Bien sûr qu'il reste d'autres options, il peut toujours y avoir d'autres personnes désignées qui seront chargées d'écrire de nouvelles notes [pour former un gouvernement et réformer le pays] et qui seront rejetées par de nouveaux communiqués. Mais, après treize mois de négociations, tout le monde se demande jusqu'à quand tout cela peut durer, à moins que la véritable raison de l'affaire consiste à fournir un alibi au gouvernement en affaires courantes pour qu'il s'accroche jusqu'en 2014. Il y a beaucoup d'arguments contre des élections anticipées, comme celui qui consiste à dire que cela ne changera rien à la situation si les cartes sont distribuées de la même manière qu'aujourd'hui. En outre, cela menace de braquer l'attention des spéculateurs et des vautours sur la Belgique. Mais à moins que quelqu'un invente d'urgence quelque chose de mieux, on se dirige tout droit vers des élections en septembre ou en octobre prochain."

 

Courrier international

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