Wikistrike

Wikistrike

Rien ni personne n'est supérieur à la vérité

La Loire à sec, les ponts antiques redeviennent visibles

Publié par wikistrike.over-blog.com sur 18 Juillet 2011, 10:54am

Catégories : #Terre et climat

 

 

La Loire à sec, les ponts antiques redeviennent visibles

 

33470.pngHa­bi­tuel­le­ment en­glou­tis et in­vi­sibles, deux ponts, l’un an­tique (IV-VI e siècle) et l’autre mé­dié­val (XI e siècle) ont surgi de la Loire grâce à la sé­che­resse. Le lit du cours d’eau étant bas, quelques ves­tiges ont émergé. Une au­baine pour les ar­chéo­logues du dé­par­te­ment qui ont mis les pieds dans l’eau pour ana­ly­ser ces an­ciennes struc­tures.

 

 

Les ruines de ces deux ponts, l’un dit « an­tique » (gallo-ro­main) et l’autre mé­dié­val, si­tuées entre le pont de Fils et le pont Mi­ra­beau à Tours peuvent pa­raître fu­tiles. Elles le sont. À vue d’oeil, seuls quelques bouts de bois dé­passent de 20 cen­ti­mètres de l’eau. Pour­tant, six ar­chéo­logues et ty­po­graphes leur ont consa­cré quatre jours d’études. En effet, ces « fo­rêts » de pieux se­raient les ruines de deux an­ciens ponts qui sur­plom­baient au­tre­fois la Loire. « Les opé­ra­tions de ce type sont rares, car il faut que le ni­veau de la Loire soit suf­fi­sam­ment bas pour que les pieux ap­pa­raissent », pré­cise Vincent Hirn, ar­chéo­logue man­daté par le Conseil gé­né­ral et res­pon­sable de l’opé­ra­tion.

La sé­che­resse a per­mis de dé­cou­vrir les ves­tiges d’un pont mé­dié­val situé sous le pont de fil et aux ar­chéo­logues, de l’ana­ly­ser pour la pre­mière fois. « On a ana­lysé chaque fon­da­tion de pile pour pou­voir af­fir­mer ou in­fir­mer que ce pont qui suit l’ali­gne­ment du pont de fil, lé­gè­re­ment dé­calé d’une di­zaine de mètres, date au moins de dix siècles ». En effet, les fon­da­tions ori­gi­nelles du pont da­te­raient de 1033 et au­raient été réa­li­sées par le comte de Blois Eudes. « Ce pont a été re­fait au cours des âges. On cherche aussi à dé­ter­mi­ner la date du pont qui a été construit par des­sus pour rem­pla­cer l’ou­vrage plus an­cien », pré­cise Bruno Dufaÿ, ar­chéo­logue.

La cam­pagne a aussi per­mis d’ana­ly­ser le pont an­tique ou « gallo-ro­main » qui s’étend de l’Île Au­card jus­qu’au Logis du gou­ver­neur et qui a déjà été étu­dié en 2003. « Nous l’avons daté entre le qua­trième et le sixième siècle de notre ère. Mais cette da­ta­tion a été dé­ter­mi­née grâce au pré­lè­ve­ment d’un seul pieu. Donc, on s’est dit qu’il fal­lait re­com­men­cer une cam­pagne de pré­lè­ve­ment sur une cen­taine de pieux pour ef­fec­tuer une da­ta­tion plus pré­cise. » Les ar­chéo­logues dé­ter­minent la date de construc­tion d’un pont en ana­ly­sant des mor­ceaux de pieux. En sa­chant de quel type d’arbre il pro­vient et à quelle époque le pieu a été fa­çonné, ils peuvent dé­ter­mi­ner de ma­nière ap­proxi­ma­tive l’époque de construc­tion du pont. Ainsi, c’est l’his­toire de Tours et de ses ponts qui s’écrit grâce aux ana­lyses des ar­chéo­logues. « Mais il reste un élé­ment que l’on ne sai­sit pas bien : le pont an­tique s’ar­rête sur la Rive-Sud de l’île Au­card, on n’a pas de struc­ture de ce pont au Nord. Hy­po­thèses : soit les struc­tures de ce pont, au nord de l’île Au­card ont été dé­truites, soit, elles sont pré­sentes, mais elles sont en­fouies sous les bancs de sables, ou alors qu’il n’y en a pas, qu’il n’y en a ja­mais eu, ce qui laisse sup­po­ser que la Rive-Nord de la Loire à la pé­riode de ce pont (an­tique) était en terre ! ».

Autre dé­cou­verte : la pré­sence des ruines d’un mou­lin à eau. « Sous le pont Wil­son, on a dé­cou­vert une struc­ture en pieux qui pour­rait être un mou­lin po­si­tionné à la fa­veur d’un duit (1). Dans le canal le plus im­por­tant, fa­vo­risé par le duit, le ni­veau de l’eau est plus constant, le cou­rant est plus fort. On ima­gine donc qu’il pou­vait y avoir une struc­ture tel un mou­lin qui uti­li­sait la force mo­trice de l’eau ».

Il y avait-il un mou­lin sous le pont Wil­son ?
De­puis quand peut-on tra­ver­ser la Loire d’une rive à l’autre ? Com­ment la Loire a-t-elle été uti­li­sée au Moyen-âge et à l’An­ti­quité ?
Des ques­tions aux­quelles les ar­chéo­logues ne pour­ront ré­pondre qu’en fin d’an­née, après la pu­bli­ca­tion des ré­sul­tats des ana­lyses. « La connais­sance des ponts et des amé­na­ge­ments dans la Loire nous per­mettent de com­prendre les rythmes d’évo­lu­tion de la Loire et pour­quoi elle est ainsi au­jour­d’hui », conclut Vincent Hirn.

ALEXIA MEL­LIER

(1)Sorte de bar­rages bar­rant l’em­bou­chure d’un cours d’eau et ser­vant à main­te­nir un ni­veau d’eau im­por­tant.

 

Loire-net.tv

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Archives

Articles récents