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La Planète des Hommes ?

Publié par wikistrike.over-blog.com sur 13 Novembre 2011, 11:11am

Catégories : #Economie

 

La Planète des Hommes ?
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L’Inégalité économique est inévitable. C’est aussi une dure réalité biologique, que seules les formes de vie les plus aptes à se reproduire peuvent évoluer. Mais il y aurait différentes sortes d’inégalité. Ces dernières années, il est apparu clairement que certaines différences de prospérité sont acceptables — sans elles, pas de capitalisme possible — alors que d’autres nous rendent malheureux et irritables.

La mauvaise nouvelle est que la société américaine est apparemment en train de développer la mauvaise sorte d’inégalité. Il y a par exemple cette étude récente parue dans Psychological Science, qui fait état du fait que depuis les années 1970, l’inégalité vécue par la majorité des américains a sapé les perceptions de justice et de confiance, et engendré en retour une insatisfaction croissante face à la vie.

A partir des données du General Social Survey de 1972 à 2008, nous avons établi quels américains étaient en moyenne plus heureux dans les années avec un moins grand écart de revenus que dans les années où celui-ci était plus élevé. De plus, cette relation inverse s’accompagnait d’une plus ou moins grande impression générale de justice et de confiance. En clair, les américains se faisaient moins confiance et trouvaient les autres moins justes dans les périodes avec un plus fort écart de revenus. Les américains sont plus heureux quand la richesse nationale est mieux répartie.

Il est maintenant possible d’appréhender le fondement neurologique de cette aversion pour l’inégalité, aversion qui semble être un instinct social profondément ancré. L’an passé, une équipe de chercheurs de Caltech a publié un papier très intéressant dans la revue Nature. L’Etude se déroulait comme suit :

40 sujets ont pioché au hasard des balles de ping-pong dans un chapeau. La moitié des balles était marquée “riche”, les autres marquées “pauvre”. Les sujets riches ont immédiatement reçu 50 dollars, les pauvres n’ont rien eu. La vie n’est pas juste.

Les sujets ont ensuite été soumis à un scanner du cerveau, et on leur a donné différentes récompenses, allant de 5 à 20 dollars. On leur a également parlé des récompenses données à un autre. La première constatation des chercheurs a été que la réaction des sujets dépendait directement de leur statut initial (riche/pauvre). Par exemple, les « pauvres » montraient une activité plus importante dans les zones du cerveau associées à la récompense (telles que le striatum ventral) quand ils recevaient 20 dollars, que ceux qui avaient commencé le test avec 50 dollars. C’est logique : quand on a rien, toute récompense est plus importante.

Puis les chercheurs ont fait une étrange découverte. Quand on disait à un des “riches” que l’un des “pauvres” avait reçu 20 dollars, leur cerveau montrait plus d’activité associée à la récompense que quand eux-mêmes avaient reçu un montant équivalent. Autrement dit, ils tiraient plus de plaisir des gains de quelqu’un de plus pauvre. “Nous autres les économistes pensons généralement que la plupart des gens sont égoïstes et n’essayeront pas d’aider les autres”, m’a dit Colin Camerer, neuroéconomiste à Caltech et co-auteur de l’étude. “Mais si cela était vrai, on n’observerait pas ce genre de réaction au fait que d’autres reçoivent de l’argent.”

Qu’est-ce qui motive cette réaction charitable dans le cerveau? Les chercheurs supposent que les gens ont une aversion naturelle pour l’inégalité. En fait, notre envie d’égalité est souvent plus fort (au niveau cérébral, en tout cas) que celle d’avoir un petit peu plus. Ce n’est pas que l’argent ne nous rende pas heureux — c’est que le partage de la richesse peut nous rendre encore plus heureux.

Dans les faits évidemment, nous ne sommes pas aussi altruistes que l’expérience peut le suggérer. Le 1 pourcent de plus hauts revenus ne milite pas exactement pour plus d’impôt et plus de prestations sociales. (Malgré les exceptions comme Warren Buffett.)

Comment s’explique cette incohérence? Probablement parce que les riches sont convaincus de mériter leurs richesses. Au contraire des sujets de l’étude de Caltech, dont la richesse était déterminée par le tirage au sort, les plus gros revenus américains ont tendance à penser que leurs revenus élevés sont la juste rémunération de leur talent et de leur travail. (Une étude précédente avait démontré que la mise en compétition des sujets pour l’attribution de la mise de départ pouvait radicalement réduire leur envie d’égalité.) Au final, il ressort que notre aversion naturelle pour l’inégalité — le remords éprouvé d’être plus riche — est réprimée par le raisonnement, du moins tant que nous sommes en position avantageuse.

Une conclusion similaire émerge d’une expérience célèbre menée par Franz de Waals et Sarah Brosnan. Les primatologues ont dressé des singes capucins bruns à leur donner des petits cailloux en échange de concombres. Presque immédiatement, les singes ont créé une économie, avec des singes affamés qui ramassaient des petits cailloux. Mais le marché a été perturbé quand les chercheurs ont introduit un changement : Au lieu de donner à chaque fois un concombre en échange de petits cailloux, ils ont commencé à donner à certains singes une grappe de raisins à la place. (Les singes préfèrent le raisin au concombre.) Face à cette situation injuste, les singes qui obtenaient des concombres se sont mis en grève. Certains se sont mis à jeter leurs concombres aux chercheurs; la grande majorité a simplement cessé de ramasser des petits cailloux. L’Economie des capucins s’est arrêtée net. Les singes étaient prêts à renoncer à de la nourriture bon marché, juste pour manifester leur mécontentement face à l’écart arbitraire de “revenu”.

Cette revendication des singes éclaire notre sens inné de la justice sous un nouveau jour. Ce n’est pas tant que les singes exigeaient l’égalité — certains capucins ramassaient plus de petits cailloux que les autres, sans que cela pose de problème — mais ils ne toléraient pas que l’inégalité soit le résultat de l’injustice. Les Humains se comportent de la même manière. Tant que les riches font ce qu’il faut pour mériter leur richesse, personne ne conteste; c’est la logique du Mérite. Mais quand ceux qui sont en bas de l’échelle ne comprennent plus l’inégalité de répartition des richesses — Quand les winners sont récompensés sans raison valable — cela les rend furieux. Ils doutent de l’intégrité du Système et deviennent plus sensibles à ce qu’ils perçoivent comme injuste. Ils commencent à camper dans les parcs. Ils rejettent la règle du jeu.

Image: Mark Riffee/Wired.com

Traduit par Maverick

 

Note Personnelle :

 

A part le titre que j’ai changé, le texte ci-dessus est la traduction (que j’espère fidèle) d’un article que j’ai trouvé particulièrement intéressant, comparé aux mouvements « Occupy », « Indignés », et autres « Un pourcent ». Il est troublant de constater que finalement, nous sommes aussi tributaires de nos instincts que les autres animaux. « Homo sapiens sapiens » : Le grand singe qui sait qu’il sait (en ce sens qu’il a conscience de savoir). Qu’il descende du singe ou pas, l’Homme devrait descendre de son piédestal et accepter le fait qu’il est un animal. Doué, certes, mais un animal quand même … La prochaine fois que vous regarderez un documentaire animalier, essayez de comparer avec nous. Vous verrez… ;-)

 

Maverick pour Wikistrike

 

 

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