Nous oublions de respirer par le ventre. 

rodin-auguste-femme-nue-allongee-sur-le-ventre.jpgLa respiration naturelle, « spontanée », animale, profonde, de la prime enfance disparaît au profit de la respiration « sociale », beaucoup moins profonde, qui ne fait appel qu'aux poumons et aux bronches et encore pas totalement. 

La quantité d'air que nous faisons pénétrer dans l'organisme diminue de moitié. 

Nous oublions de respirer par le ventre. 
Cela est préjudiciable pour plusieurs raisons. 

D'abord pour notre ventre qui sans l'apport d'oxygène indispensable, entre en dysfonctionnement. 

C'est l'ouverture vers les troubles neurovégétatifs (colite, spasmes douloureux, constipation), les problèmes de l'assimilation-élimination et leur cortège de conséquences presque automatiques : fatigue, insomnie, nervosité, prise de poids, problèmes sexuels, allergies... 

Plus important, en abandonnant sans le savoir, notre respiration abdominale naturelle, nous coupons sans le vouloir la communication entre notre ventre, notre second cerveau, et notre cerveau supérieur. 

Il y a rupture et celle-ci est à l'origine de nombreux maux. 

- Le ventre est bien structurellement et neurochimiquement un second cerveau, connecté directement au cerveau de l'encéphale, dont il est complémentaire. 
- Il produit à travers l'intestin entre 70 et 85 % des cellules immunitaires de l'organisme qui innervent les organes, garantissent notre vie et nous protègent contre les maladies graves. 
- Il produit aussi des cellules dites « interstitielles » qui jouent un rôle important dans le fonctionnement des muscles et des attaches. 
- Il abrite un réseau complexe de neurotransmetteurs (ou neuromessagers), de neuromodulateurs, de molécules identiques à celle de l'autre cerveau comme la sérotonine, la mélatonine, l'acétylcholine, l'épinéphrine, les nétrines (une trentaine de ces molécules ont déjà été découvertes à ce jour). 

Un professeur de l'université de Columbia (New York), Mickael D. Gershon, spécialiste d'anatomie et de biologie cellulaire, a écrit dans son livre « le second cerveau » :
« Nos deux cerveaux, celui de notre tête et celui de notre ventre, doivent coopérer. Si ce n'est le cas, il y a chaos dans le ventre et misère dans notre tête ».

Commentaire : 
« La digestion des aliments n'est pas la seule fonction de l'intestin. Il contient plus de 100 millions de neurones, sécrète au moins 20 neurotransmetteurs identiques à ceux que l'on trouve dans le cerveau, produit 70 à 85% des cellules immunitaires de l'organisme et héberge 100 000 milliards de bactéries. 

Les travaux du Pr Michael D. Gershon, titulaire de la chaire d'anatomie et de biologie cellulaire de l'Université de Columbia et membre du College of Physicians and Surgeons, présentent l'intestin comme un véritable « second cerveau », titre de son livre paru en 1998 (« The second brain », c/o Harper Collins, New York). » 

Le système nerveux entérique, ou le deuxième cerveau.


La respiration abdominale permet de libérer le diaphragme. 

Ce muscle très puissant situé entre le thorax et l'abdomen, sous le cœur et au-dessus des organes digestifs, est le vrai chef d'orchestre de la respiration profonde. 

Le diaphragme est constamment sollicité : il s'abaisse à l'inspiration et remonte à l'expiration, environ vingt fois par minute, mille deux cent fois en une heure, vingt-huit mille fois par vingt-quatre heure en tenant compte du ralentissement du sommeil. 

L'amplitude de ce mouvement de va-et-vient détermine la quantité d'air absorbé et la participation de l'abdomen à cette manœuvre. 

Notons qu'en développant par le seul effet de la volonté et un léger effort, les mouvements inspiration-expiration du diaphragme conduisant à la respiration abdominale, on exerce aussi un massage naturel sur la vésicule, le foie, le pancréas, la rate, les intestins : on favorise les fonctions d'assimilation-élimination. 

Enfin, en stimulant les plexus, directement reliés par le nerf vague au premier cerveau, on participe à l'harmonie indispensable entre les deux cerveaux. 
Mieux alimentée en oxygène, l'hypophyse, glande endocrine située dans le premier cerveau, crée plus d'endorphines, appelées aussi les « hormones du bien-être ». 

Il suffit d'une seconde et demie d'inspiration supplémentaire pour que le premier cerveau augmente sa production d'endorphines, alliées précieuses dans la résistance au stress et aux agressions. 

Ces endorphines permettent aux différents systèmes de mieux fonctionner. 

Conséquences : meilleur développement des cellules immunitaires créées par le ventre. 

Apprenons donc à développer le mouvement de notre diaphragme, à respirer plus profondément et plus lentement. 

Cela est bénéfique pour notre santé et notre bien-être.