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Mythes et Croyances Africaines

Publié par wikistrike.com sur 28 Novembre 2011, 14:17pm

Catégories : #Culture - médias - Livres - expos - rencontres

 

Mythes et Croyances Africaines

 

 

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Les mythologies africaines sont si nombreuses, complexes et variées qu’elles ne peuvent faire l’objet d’un panorama exhaustif. Bien que la tradition et la transmission orales propres à la culture africaine constituent un obstacle majeur à cet effort de recensement et qu’il ne faille pas négliger l’importance primordiale des parcours initiatiques, seules clés pour toucher réellement le cœur de la signification symbolique des rites et des légendes, on peut dégager d’une vision d’ensemble des mythologies africaines quelques caractères généraux communs aux différentes croyances. Ceux-ci se regroupent autour de trois points : l’existence d’un Dieu suprême inaccessible aux humains et régnant sur l’Univers ; la présence d’un groupe formé d’un large nombre de divinités couramment invoquées par les hommes ; enfin, l’importance de diverses sortes d’esprits et de génies liés à de nombreux aspects de la vie quotidienne.

 

       

 

 

         

 

 

    

 

L’Être suprême

 

                       

L’un des points de convergence des mythologies africaines réside en la croyance en un Être suprême qui crée et gouverne l’ensemble de l’Univers, espace rigoureusement ordonné. Cette divinité s’inscrit dans un registre à part au sein des différents panthéons. Elle porte le nom d’Amma chez lesDogon du Mali, de Juok chez les Chillouk (Shilluk) du Soudan. Au Togo, au Bénin et au Ghana le peuple Fon considère Mawu-Lisa, couple divin formé de la Lune et du Soleil et figurant par sa dualité l’équilibre de l’Univers, comme la Divinité suprême. Mawu représente le principe féminin, sa figure est associée au froid, à la nuit et à la fécondité. Lisa est le principe masculin incarnant la force. Le couple crée la Terre avec l’aide de Dan, le serpent cosmique, et engendre les quatorze divinités du panthéon. Pour lesYoruba, peuple du Bénin et du Nigeria, la divinité majeure est Olorun, ou Olodumaré, dieu du Ciel qui règne sur 400 Orisha (divinités secondaires) et sur les esprits de la nature. Chez les Bamileke, elle est nommée Si. Au Burundi et au Rwanda elle porte le nom d’Imana ; pour les Peul elle se nomme Gueno ; pour les Sérères du Sénégal, Roog Sène ; pour les Douala, Nyambe ; pour les Malinké et les Bambara, Mangala ; pour les Massaïs, Ngai. Une divinité du même type existe également dans les croyances d’autres peuples africains tels ceux du Kenya, de la Tanzanie et de l’Éthiopie. Au Mozambique, l’Être suprême est connu sous le nom de Muluku.

 

 

 

Les dieux

         

 

 

Héros civilisateurs

Les différents panthéons africains sont composés de très nombreuses divinités. Ne possédant pas le statut inaccessible des Êtres suprêmes, elles font l’objet de rites plus développés et suscitent une ferveur plus grande. Au premier rang se situe souvent un héros civilisateur, culturel, fondateur. C’est le cas de Nommo, personnage central de la mythologie dogon, qui civilise la Terre en faisant don aux hommes de la parole enseignée par son père Amma. En Ouganda, le premier homme porte le nom de Kintou. Il épouse Nambi, fille du Dieu suprême, souverain du Ciel, Gulu. Pour les Fon, le héros civilisateur porte le nom de Gu. Il enseigne aux hommes de nombreuses techniques, notamment celles concernant le travail des métaux.

 

 

 

Quelques dieux et messagers divins

Parmi les autres divinités d’importance, il existe par exemple chez les Yoruba Ogun, le dieu du Fer, des Forgerons et de la Guerre et Legba, messager des dieux, qui aide les hommes à agir sur leur destinée. Au Rwanda et au Burundi c’est le dieu Ryangombe, roi des esprits mbandwa,qui occupe une place prédominante.

 

 

Divinités de la nature

 

                

 

Parmi les autres divinités il faut ajouter celles directement liées à la Terre, au Soleil et à la Lune ainsi que celles associées aux manifestations naturelles comme la pluie, à l’exemple de Wamara, dieu des peuples de la région des Grands Lacs, la foudre ou le vent. Pour les Yoruba, c’est le dieu Sango qui préside aux phénomènes atmosphériques, en particulier au tonnerre. Au Mozambique, le dieu Tilo règne sur le ciel et déchaîne les orages.

 

 

Hommes divinisés

 

           

 

D’autres dieux sont associés aux travaux agricoles, à la fertilité, à la chasse et la pêche mais également à une grande variété d’activités humaines comme l’art de la forge ou la poterie. Certaines divinités, enfin, sont des ancêtres divinisés ou bien des personnages appartenant à l’histoire du groupe, du peuple, par exemple des souverains ou des guerriers défunts. Pour certaines ethnies, le statut de divinité peut être acquis par des personnes vivantes et certains rois ou chefs religieux bénéficient de ce privilège.

 

 

Les esprits et les génies

Venant compléter la liste des divinités, les esprits et les génies jouent un rôle primordial dans les croyances africaines.

 

 

Esprits

Les esprits sont pour la plupart ceux des ancêtres, qui sont parfois extrêmement redoutés. Les esprits des morts, nommés abazimu au Rwanda et au Burundi, sont considérés, lorsqu’ils sont mécontents, responsables de maladies ou de problèmes variés. Chez les Bantous, peuple au sein duquel les récits mythologiques sont peu développés, c’est le culte rendu aux esprits des ancêtres défunts qui occupe la place prépondérante. D’autres formes d’esprits peuvent être associées à de nombreux aspects de la vie humaine mais les plus nombreux sont ceux évoquant des puissances de la nature.

 

 

Génies

Les génies existent quant à eux sous des formes diverses. Au Sénégal notamment, ils peuvent prendre la forme d’animaux, en particulier de serpents ou de chats. Les animaux considérés comme des incarnations de génies sont protégés et il est interdit de les tuer. Les génies peuvent également posséder une apparence humaine. Ils sont parfois assimilés à des lutins et, tout comme les génies, ils peuvent avoir une influence bénéfique ou néfaste. Ainsi chez les Bambara du Mali, Wokolo est connu pour être un génie malveillant. Le génie peut être attaché à une personne, un groupe social ou un lieu. Certains résident ainsi dans la brousse ou dans un arbre, une source, un bosquet bien précis. On peut ajouter que des génies des eaux et de la brousse sont supposés être à l’origine de la création du peuple Bambara.

 

 

 

 

Mythe cosmogonique dogon

L’un des mieux connus, en raison des travaux réalisés au Mali par l’ethnologue Marcel Griaule, est celui appartenant à la tradition dogon. Sorti du néant, l’Être suprême, nommé Amma, doté de la parole, crée l’œuf primordial, qui par la suite est assimilé à la Terre. Amma fait de cette dernière son épouse et conçoit avec elle un premier fils connu sous le nom de Renard Pâle. Celui-ci s’empare d’une partie de l’œuf primordial, vol considéré comme un acte incestueux commis sur la personne de sa mère. Pour réparer cette faute qui met en péril l’ordre universel, le second enfant d’Amma et de la Terre, Nommo, à la fois homme et femme, s’offre en sacrifice. Il est ensuite ressuscité par son père qui crée alors, en les façonnant dans de l’argile, quatre paires de jumeaux qui forment les huit ancêtres de l’humanité. Nommo les élève au rang d’hommes en leur transmettant la parole. Ce mythe est rejoué pendant plusieurs jours lors du Sigui, la plus grande des fêtes dogon célébrée tous les soixante ans.

 

 

Mythes cosmogoniques yoruba et chillouk

Pour les Yoruba le monde prend naissance grâce à Olorun, dieu du Ciel. Il crée la Terre et y envoie son fils, connu sous le nom d’Obatala ou Orishala. Mais celui-ci s’enivre de vin de palme et ne réalise aucune des tâches que son père lui a confiées. Olurun charge alors son second enfant, Odudua, d’accomplir sa volonté. Celui-ci crée la vie sur la planète en plantant les diverses espèces végétales. Par la suite les autres divinités, au nombre de seize selon certains récits, descendent à leur tour sur terre.

Pour les Chillouk du Soudan, Juok le Dieu suprême crée l’ensemble de l’humanité en la façonnant à partir de diverses sortes d’argiles. Cette pratique de modelage des êtres humains à partir de l’argile se retrouve dans de nombreuses mythologies africaines.

 

Mythes de la mort

Parmi les mythes importants il convient également de citer ceux ayant trait à l’origine de la mort. Dans nombre de mythes, un animal, chargé par l’Être suprême de transmettre un message aux hommes pour les informer de leur immortalité, s’attarde en route ou est détourné de son chemin. Le message du dieu ne pouvant être délivré par la faute de l’animal, les humains ne peuvent plus dès lors échapper à leur destin de mortels. Dans d’autres légendes, les hommes sont eux-mêmes à l’origine de cette fatalité parce qu’ils ont négligé de se soumettre à certaines exigences divines.

 

Mythes, société et quotidien

 

       

Cette vie spirituelle, peuplée de dieux, de génies et d’esprits, est intimement mêlée à l’existence quotidienne des peuples africains. Quelques mythologies offrent même une explication directe à l’organisation de certaines sociétés. C’est le cas notamment du système de castes qui existe chez les Dogon, au Mali. Pour ce peuple ainsi que pour les Malinké et les Bambara, la mythologie imprègne avec tant de force les différents aspects de la vie humaine qu’il existe par exemple une correspondance entre elle et les différentes parties de l’anatomie humaine ou le système astronomique. En outre le rapport au monde invisible s’exprime tout au long de l’existence des peuples africains au travers de manifestations organisées pour célébrer la correspondance entre monde terrestre et monde spirituel. Ces cultes, auxquels sont liés divers objets tels les masques et les statuettes, se réalisent sous des formes que l’on retrouve chez les différents peuples : sacrifices sanglants ou non, offrandes, récitations, chants, musiques et danses célèbrent des rites liés entre autres à des questions de purification, d’initiation, de commémoration ou de levée de deuil.

Le monde des dieux et des forces invisibles qui gouvernent le monde habitent le quotidien de la spiritualité africaine et dans certaines régions, où pourtant le christianisme et l’islam ont pris une large place au fil des siècles, les croyances ancestrales jouent toujours un rôle prépondérant, ancré au plus profond de l’âme africaine.

 

 

3.2

 

Quelques dieux et

 

 

 

 

       

 

      

 

    

 

 

 

 

 

L'Afrique a vu naitre sans doute les premiers hommes il y a 3 à 4 millions d'années. Aujourd'hui, elle est habitée par une foule de peuple trés divers. La mythologie Africaine possède des thèmes qui sont communs à bon nombre de nations: on peut citer les mythes de la création accomplie par un démiurge qui disparait une fois son oeuvre achevée, le phénomène du serpent cosmique qui s'enroule autour de l'univers, l'existence des triksters, ni homme ni dieux mais participant de la nature de l'un et de l'autre, l'action des jumeaux primordiaux, la présence des esprits, etc... 

Chaques peuple d'Afrique a élaboré son propre panthéon et les dieux nationaux sont souvent regroupés en famille. Mais les éléments de la nature ont une grande importance: L'océan pour ceux qui en sont proches, le soleil, la lune, la terre, la vie, la mort pour tous, la forêt pour les habitants du Zaïre. L'exemple de la terre est assez significatif. Déesse féminine, elle accorde ses faveurs à ceux qui la respectent et la vénèren, mais elle peut se montrer impitoyable pour ceux qui la négligent. 

Entre les esprits et les dieux, la distinction n'est pas toujours nette: Les premiers sont censés vivre dans la nature, les forêts, les sources, les chemins, la mer. Les seconds sont d'un rang superieur, et difficilement localisable. 

On ne s'en étonnera pas. L'univers est conçu comm un ensemble consistant qui va '"du dieu créateur au tas d'ordures du village" comme dit Marcel GRIAULE. Pas de rupture, pas d'opposition! 
Le monde, l'univers et la divinité font partie d'une même unité. La seule préoccupation est celle d'une harmonie, d'un ajustement de l'être humain au monde visible et invisible. Ainsi, tout est un problème d'alliance entre la nature et les hommes, entre les esprits et les hommes, entre les dieux et les homme. Rien n'appartient à personne. La mort elle même n'est pas une rupture totale puisque les ancêtres font partie du paysage. 

 
Paire d'Edan: Bronze patiné; Yoruba, Nigéria 

LES MYTHES DE CREATION: 

Pour les Bakuba du Zaïre, Mbombo, le dieu blanc régnait sur la terre qui n'était qu'une immense étendue d'eau plongée dans les ténèbres. 
Alors il vomit le soleil, la lune et les étoiles, puis il vomit les animaux, les hommes et les autres créatures.  

Pour les Akan du Ghana, l'univers a été engendré par Nyame, une desse mère identifiée à la lune. Chez les Zoulous, l'esprit éternel donne l'ordre à la déesse mère Ma de se créer elle même, puis de créer les étoiles, le soleil et la terre. Du sud de l'Algérie à Tombouctou, le premier objet crée aurait été un grand serpent, Minia. Les Bambara d'Afrique de l'ouest ont conçu l'un des mythes les plus complexes: Le vide primordial, Fu, a donné naissance au savoir, Gla gla zo. Savoir et vide constituent la force créatrice de l'univers à partir duquel commence un processus mystique d'énergie libérée et rétractée. Ce processus aboutit à la formation de la conscience humaine, principe de l'univers.


Puis le Glan ou vide originel se met à s'enrouler en deux spirales tournant en sens inverse l'une de l'autre: Il donne naissance ainsi à quatre mondes. Une masse lourde tombe et devient la terre une partie légère s'élève et devient le ciel, qui, en se répandant sur la terre sous la forme de l'eau, permet l'éclosion de la vie: alors l'herbe et les animaux aquatiques apparaissent. 

Plus simplement pour les Bantous du Rwanda, le dieu suprême, Imaana, crée à partir de rien, par la force de sa parole, son verbe comme dans la bible Yahmeh crée en formant un souhait qui aussitôt se réalise: "Que la lumière soit.... Et la lumière fut" (Genèse, 1,2). Ainsi nous avons en Afrique une variété trés importante des modes de création. 

Il en est de même pour l'apparition de l'homme: Il peut sortir d'un roseau (Thonga et Zoulou) ou d'un arbre (Herero, Bambara), il peut jaillir spontanément de la surface de la terre (Kouroumba, Tswana, Tallensi) ou encore descendre du ciel à l'aide du toile d'araignée (Kouroumba, Tallensi, Dogon). Il peut aussi être crée directement par un Dieu (Négrilles du Gabon, Fon, Dogon, Kotoko). 


 
Maison d'Arou Pays Dogon, Mali. 

L'IMMORTALITE 

D'un bout à l'autre du continent aficain, l'homme est convaincu de la superiorité de l'humain vis à vis de ce qui existe. 
Et pourtant il connait la mort. Beaucoup de mythes expliquent comment ce malheur lui est arrivé: un accident le plus souvent, un oubli, une négligence mais rarement une désobéissance. Les Wafipa du Zaïre racontent que le jour où Dieu descendit sur terre, le serpent saluat sa venue, c'est pour cela que le serpent ne meurt pas mais mue chaque année. 

Les Massaï de Tanzanie racontent que Dieu veut reserver aux hommes un destin trés doux. Il choisit alors Le-Eyo, un homme à qui il donne ce conseil: 
"Lorsque ton premier enfant sera prit par la mort, il faudra que tu lui dise cette formule: L'homme meurt et revient; la lune meurt et ne revient pas. Ainsi il sera rapellé à la vie". 
Mais Le-Eyo oublie la consigne pour le premier enfant et, pour le deuxième la formule n'a plus d'efficacité. En côte d'ivoire, les Bété racontent ue autre histoire. Quand Dieu a crée les hommes, il leur a recommandé: "Ne vous éloignez pas de moi, sion vous risquez de mourir". Mais les hommes se sont établis loin de dieu. Dieux décide un jour de leur adresser deux messages. Seuls le premier se réalisera. Il charge un lézard d'aller dire aux hommes: "L'homme mourra et ce sera pour toujours", et un caméléon de déclarer: "Désormais l'homme mourra, mais il reviendra à la vie". Le lent caméléon arrive bien aprés le lézard. Les hommes seront donc mortels. 
... 

Il me parraissait important de faire une parenthèse et d'explorer la mythologie Africaine, quant ont sais que cette dernière est à l'origine de nombreux syncrétismes d'Amérique du sud et des îles d'outre mer. 
Considérons que ce post n'est pas terminé, car je viens de décrire seulement un dixième des mythes du continent Africain. 
Je dévelloperai les fondements de ses croyance en tentant d'établir le comparatif avec les syncrétisme issus de ces dernières. 

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L'origine de la Mort
 
De nombreuses cultures africaines incluent un mythe qui donne une explication de la mort. 

Les Zoulous racontent que le Créateur a envoyé Unwabu le caméléon dire aux humains qu'ils ne mourraient pas, tandis qu'Intulu, le lézard, était chargé de leur dire le contraire. Le caméléon traînassa en route, mais le lézard fonça tout droit et transmit son message en premier.

Pour les Hottentots, c'est la Lune qui aurait envoyé un insecte annoncer : " ... comme je meurs, et mourant je revis, ainsi en sera-t-il pour vous ". En chemin, le messager rencontre le lièvre. Celui-ci lui dit qu'il est meilleur à la course et qu'il se charge du message. En arrivant sur terre, il traduit en ces termes le message de la Lune : " ... comme Je meurs, et en mourant disparais, ainsi mourrez-vous et disparaîtrez-vous entièrement. " À son retour, le lièvre fait son rapport à la Lune. Dans sa colère, celle-ci le frappe sur le nez. C'est depuis que les lièvres ont le museau fendu, mais les gens croient toujours ce que le lièvre leur a dit.

 


Croyances
 
Dans l'animisme plus évolué des sociétés archaïques, écrit L. V. Thomas1, « on s'efforce de nier la mort en affirmant qu'elle est privation existentielle et l'existence est alors celle de l'individu, plutôt que négation essentielle : destruction du tout apparent qu'est le moi, mais jamais destruction de tout. Pour les Noirs d'Afrique par exemple, la vie au sens le plus fort, n'est pas individuelle, mais groupale, et la mort joue sur la manifestation secondaire, l'individu ». Pour les Bambaras, le « double » après la mort va vivre « ailleurs » : sous l'eau, gardé par un génie, mais seulement en attendant de pouvoir rejoindre le groupe en occupant le corps d'un nouveau-né. Ils admettent aussi, il est vrai, l'existence d'un second principe immatériel : l'âme vitale, recueillie après la mort par des rites spécifiques dans l'autel des ancêtres. Ces croyances concernant l'âme et l'au-delà sont diversifiées selon les ethnies et les continents.

 

 

 

Le Vaudou 
 
Les dieux vaudous d'Haïti (et leurs équivalents des cultes candomblé et sanîeria du Brésil) sont issus des mythologies d'Afrique occidentale, mais ils se sont transformés, dans le Nouveau Monde, sous l'influence de l'esclavage et du catholicisme. Le mot vodou signifie " dieu " en langue fon, et loa est le mot congolais pour " esprit ". Le vaudou compte de nombreux loas, dévoués à l'homme tant que celui-ci les accueille et les nourrit. La mythologie en elle-même, si l'on entend par là récit de la Création ou hauts faits de héros, est très réduite. En effet, les dieux, ou esprits, interviennent directement dans la vie des fidèles - au point de les posséder au cours des rites vaudous. Le caractère et les attributs des dieux en tant qu' êtres vivants sont donc moins importants que leur histoire. Une manifestation remarquable en a été donnée lorsqu'une troupe de Guédés (prêtres vaudous possédés par l'esprit du maître des morts, Guédé ou Baron Samedi) a envahi le palais présidentiel prouvant ainsi la capacité des esprits à jouer un rôle important dans le présent et l'avenir d'Haïti.

 

Esprit maléfique
 
Le défunt convenablement honoré par les vivants après sa mort, devient esprit favorable et bénéfique. Mais plus généralement, comme le disent les Bana du Cameroun : « Si bon que le mort ait été de son vivant, dès qu'il a expiré, son âme ne pense plus qu'à faire le mal. » Surtout s'il a eu une « mauvaise mort », spécialement du fait d'un assassinat ou d'un accident. Il crie alors vengeance et ne s'apaisera que lorsque l'on aura puni l'auteur de l'action maléfique.

 

 

 

MAMIWATA

 

Mythologies africaines. Mamiwata, Mère des eaux

MamiWata vient de "Mother water", vite transformée en "Mommy Water", puis en "Mammy water", et enfin en "MamiWata".

Mamiwata est la Mère des eaux, mi-femme mi-poisson, mi-terrestre mi-aquatique, déesse du culte vodun au Togo et au Bénin, esprit de l’eau craint par les pêcheurs du Nigeria et du Ghana, mangeuse d’Hommes qui erre dans la nuit africaine sous les traits d’une revenante, sainte patronne des prostituées de Kinshasa.Mamiwata est une divinité qui est l’objet d’autant de cultes que d’adeptes. Héroïne de contes lacustres et de légendes urbaines, elle recouvre autant de symboles que de cultures, et incarne autant de vertus que d’espoirs, autant de maléfices que de peurs.

Cette sirène est l’une des rares déités de la mythologie africaine à être représentée, picturalement parlant, sous des traits et une forme récurrents. Les Dieux du panthéon Yoruba, sont presque les seuls à posséder des effigies et des représentations humaines. Rappelons que l’une des caractéristiques de la spiritualité africaine, est sa capacité à « animer » des objets et des êtres appartenant au monde animal, végétal ou minéral, en leur reconnaissant une âme et une existence propre. Mais également en les investissant de pouvoirs et de symboles, permettant aux hommes de communiquer avec le monde « invisible », celui des morts et des esprits.

Les mythes des origines, de la création, la cosmogonie, qui permettent d’expliquer l’origine, l’essence et le sens du monde, sont symbolisés, chez la plupart des peuples africains, par des éléments naturels comme l’eau, la terre ou le feu, par des animaux-totems incarnant l’être primordial, par des figures ancestrales, héroïques ou légendaires. La majorité des éléments qui composent leur univers spirituel est donc déjà dans la nature, elle est la nature elle-même. Mamiwata, en plus d’être un être hybride, est une divinité étrangère. Etrangère aux hommes et étrangère à la nature. C’est une créature supranaturelle, car elle incarne le croisement de trois mondes : animal, humain et spirituel. Cette hybridité, qui est en fait une difformité, car elle fait de Mamiwata un « monstre », lui confère paradoxalement tous ses pouvoirs. Mamiwata est également la seule divinité africaine, vénérée ou connue dans un espace géographique rassemblant des cultures et des peuples aussi divers que les Ibo du Nigeria, les Ewé du Bénin, les Bamiléké du Cameroun et les Kongo de la RDC. Bien qu’elle soit l’objet de cultes différents et soit rattachée à des symboles bien particuliers selon les ethnies, les croyances, mais aussi les milieux sociaux, on peut dire que Mamiwata est une déesse « panafricaine ».

En se basant sur la localisation « côtière » des pays où le culte de Mamiwata est le plus répandu, à savoir le golfe de guinée, pour le Nigeria, le Ghana, le Bénin et le Togo, et l’Afrique Centrale pour le Cameroun et la RDC, certains chercheurs sont arrivés à la conclusion que Mamiwata, dans sa représentation moderne, est apparue pour la première fois en Afrique au 15ième siècle, au moment où les Européens ont abordé les côtes du continent noir. La sirène aurait été introduite en Afrique, à la fois par les récits des marins européens, mais également par les figures de proue de leurs navires, qui représentaient très souvent cette créature fabuleuse. Au milieu du 19ième siècle, une autre image, intitulée « la charmeuse de serpents », inspirée des déesses hindoues, fut emmenée en Afrique. Elle circula abondamment en Afrique de l’ouest, où elle fut perçue comme une peinture mystique, par son étrangeté, par la puissance et la beauté de la figure féminine, dont les traits ressemblaient à ceux d’une africaine. De plus, le thème du serpent s’accordait avec les croyances africaines sur cet animal sacré. Il est plus probable que ces images et ces récits aient influencé la représentation figurative de Mamiwata, en lui donnant un visage et des caractères « humains », mais ils ne l’ont pas inventée. Les Africains n’ont fait que s’approprier ces éléments extérieurs, ils les ont réinventés afin de mieux les intégrer à des croyances existant déjà.

Les divinités aquatiques ou lacustres étaient déjà très nombreuses, en Afrique de l’ouest comme en Afrique centrale. On vénérait dans la culture Ibo du Nigeria les ndi mmili, esprits de l’eau, tandis que dans la civilisation Kongo, ces esprits portaient le nom de mbumba, et faisaient souvent référence à un grand serpent mythique. La divinité Mamiwata a été intégrée au panthéon des dieux préexistants du vodun sur les bases d’une ou de plusieurs déités de l’eau, mais surtout par le biais du culte Dan du python royal, pratiqué par les Mina, les Ewé, les Adja, les Fon, les Yoruba et les Ibo.

La religion vodun ayant traversé l’Atlantique avec les esclaves africains durant près de quatre siècles de traite, la sirène Mamiwata est également très présente dans certains cultes de la diaspora noire. En particulier ceux du Candomblé au Brésil, où elle porte le nom de Yemanja, et ceux de la Santeria à Cuba, où les descendants d’esclaves africains l’ont baptisée Yemoya. Mamiwata est donc une combinaison subtile de croyances africaines et d’imageries à la fois européennes et indiennes. L’aspect « étranger » de Mamiwata a d’ailleurs toujours été fortement souligné dans sa représentation picturale, comme symbole des bouleversements culturels apportés par la traite négrière et la colonisation européenne.

Mamiwata, en tant qu’allégorie du pouvoir et de la violence coloniale, symbolise l’influence négative du monde extérieur sur les valeurs africaines. La déesse vient du monde des eaux, des mers, des océans par lesquels sont venus les premiers navires portugais, puis hollandais, anglais et français, qui ont emporté des millions d’esclaves vers les Amériques, et ont imposé leurs pouvoirs politique, économique et culturel. Bien que sa représentation physique et son symbolisme varient selon les cultures, dans sa représentation la plus commune, tout chez Mamiwata rappelle l’homme blanc des périodes coloniale et contemporaine. Ses caractéristiques physiques sont celles d’une européenne (peau blanche et cheveux longs), comme l’est aussi son tempérament (autoritaire, égoïste, vaniteuse avec un fort sentiment de supériorité), ses mœurs (libre, amorale et individualiste) et ses pouvoirs (liés à l’argents, aux signes extérieurs de richesse et à la réussite économique). Mais en dépit de tout ce syncrétisme, ce mélange d’influences et de symbolismes, Mamiwata est bien une divinité africaine. Elle est pour beaucoup une allégorie, une projection des désirs sexuels, des difficultés économiques, des espoirs d’ascension sociale. Son hybridité et sa « monstruosité » reflètent avant tout le désarroi des sociétés africaines face à leurs propres mutations, entre tradition et modernité, entre authenticité et aliénation.

Dans les pays d’Afrique centrale, comme le Cameroun et la République Démocratique du Congo par exemple, cette divinité ou plutôt son esprit, apparaît au cœur des grandes villes, de préférence à la tombée de la nuit. Elle est très présente également sur les marchés, autre allégorie du monde invisible, qui par leur affluence attirent la convoitise des revenants et des mauvais esprits. Mamiwata apparaît surtout dans les bars et les lieux de débauche, toujours sous les traits d’une très belle femme qui entraîne les hommes dans la folie. Dans le folklore congolais, Mamiwata est une prostituée qui tente et pervertit les hommes. Elle symbolise toutes les dérives liées à la sexualité : la polygamie, l’infidélité, mais surtout le SIDA.

Le mythe de Mamiwata est loin d’être figé. Il se nourrit chaque jour des nouveaux symboles que lui confèrent ceux qui se l’approprient. Comme tous les mythes, Mamiwata a pour fonction d’incarner une vision du monde positive ou négative. Qu’elle soit un repère spirituel ou un bouc émissaire, elle constitue un mode d’expression des rêves et des peurs que suscitent en Afrique les incertitudes du monde moderne.

 

 

 

LE MASQUE DOGON

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Les Dogon ou Hambé(kaddo au singulier) constituent le peuple-type, qui, au Mali, a le mieux conservé son originalité, son homogénéité, ses mœurs et coutumes particulières et ses croyances séculaires. Aussi, connaître leurs origines et leur mode de vie et étudier les causes qui ont permis à leurs traditions de résister aux assauts des apports extérieurs offrent-ils un grand intérêt à tout esprit ouvert aux grands courants de la civilisation des peuples à travers les âges. D'éminents ethnologues, notamment le lieutenant Louis Desplagnes, Tauxier, le professeur Griaule et G. Dierterlen, nous ont déjà fourni une documentation très fouillée et très captivante sur la métaphysique d'une richesse naguère insoupçonnée de ce peuple si difficile à pénétrer et dont la vieille civilisation a pu rester relativement pure grâce au puissant site défensif que constituent les falaises de grès primaire dans lesquelles sont construits des villages acrobatiques, et qui, blottis sur des rocs verticaux, sont d'imprenables forteresses. Cette étude se contentera donc de donner un aperçu sommaire mais suffisamment instructif sur l'organisation politique, la vie économique et sociale ainsi que sur les activités religieuses et culturelles de ce peuple montagnard, dont les membres sont considérés comme les enfants chéris des ethnologues. Ils se divisent en Houmbébé, gens de la plaine de Gondo, à l'Est, et en Tombo, gens du plateau.

Le masque Dogon le plus connu est le masque Kanaga représentant l'oiseau portant le même nom. La forme triangulaire du visage est la mâchoire de l'oiseau et la forme conique inférieure sa langue. Lemasque est achevé par une structure qui représente les ailes étendues de Komondo, un oiseau mythique. Les deux petites figures qui sont sur le haut du masque représentent le premier couple que les Dogon considèrent comme leur ancêtre. La croix fait référence au mythe de la création. La partie supérieure de la croix symbolise le monde surnaturel, et la partie inférieure le monde terrestre. La ligne entre les deux parties est l'union entre les deux mondes. En accord avec la mythologie, la croix du masque est la main de Dieu. Dans la danse rituelle, le porteur du masque se penche vers le bas pendant qu'il danse, en dirigeant la croix vers le sol dans le but d'établir un lien entre la terre et le ciel. Dans les rites funéraires, les membres de la société Awa dansent avec les masques sur le toit de la maison du mort, pour conduire son âme (nyama) à son repos éternel, et en même temps pour défendre les vivants du mal qu'il peut leur faire. Le masque kanaga appartient à la société initiatique masculine awa, étroitement liée au culte des ancêtres et aux cérémonies du dama. Pour les Dogon, ces rituels permettent d'accéder à la force vitale universelle et à la réincarnation d'un défunt. Lors de ces cérémonies, le masque, alors inerte et profane, devenait l'attribut d'un danseur costumé qui lui donnait vie et parole. Car ce n'est qu'au travers du mouvement, et du porteur plus particulièrement, que le masque fait preuve de son efficacité. Il peut être interprété de différentes façons par les initiés, les danseurs et les spectateurs. Pour les uns, il représente l'oiseau kommolo tebu, pour d'autres, le crocodile, la vache, l'antilope, ou le forgeron sculpteur lui-même. Tout dépend de l'interprétation des attributs du danseur (coiffe, sacoche, bâton, costume, …) et de la façon dont le masque « danse ». L'interprétation symbolique de l'initié révèle le créateur, indiqué par la gestuelle du danseur dans le ciel et la terre. De même, une interprétation anthropomorphique de la partie supérieure du masque pourrait aboutir à la représentation du dieu amma lui-même. Ses bras représenteraient le ciel, ses jambes la terre, et le costume du danseur les vibrations de la matière originelle.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Si les figures de reliquaires Kota possèdent de nombreuses caractéristiques communes (visage stylisé avec un placage de cuivre, un manche en forme de losange); il n'en demeure pas moins qu'elles affichent des morphologies bien différentes.

Le peuple Kota vit principalement à l’est du Gabon et à l’ouest du Congo. Le groupe dit Kota serait un peuple issu des Ngumba en Guinée Equatoriale qui s’est dirigé vers le Sud avec les Fang. C'étaient de grands chasseurs et des guerriers. Alliés aux Bashake, ils auraient fondé conjointement de nombreux villages. Les Kota sont aujourd’hui établis entre le fleuve Ogooué et la rivière Invendo. L’initiation, les rites dans le cadre des cultes d'ancêtres, le Bwété, avaient une grande importance au sein de la société. Le rituel funéraire permettait d’éloigner les morts et de les honorer afin de bénéficier de leur protection. Le Bwété était également au centre de la vie du clan lors de l’initiation, il permettait un rassemblement périodique de la communauté. Ainsi, comme chez les Fang, les crânes et os des ancêtres étaient conservés dans des paniers surmontés de figures de reliquaires anthropomorphes, représentation symbolique et très stylisée du visage de l’ancêtre. L’usage du cuivre dans l’art africain est fréquent, mais l’emploi systématique en placage et sur les reliques elles-mêmes est ici très original d'autant plus qu'il n’y a pas de cuivre dans la région occupée par les Kota, ni dans les zones à partir desquelles ils ont migré.

Les Mahongwe sont environ 15000 installés à l’est du Gabon. Proches des Kota, ils sont connus pour leurs figures de gardiens de reliquaires semblables aux têtes de Naja déployées et couvertes sur la face de fils de cuivre juxtaposés horizontalement.

Les Mahongwe. La forme, ovoïde et stylisée, est réalisée avec une âme de bois surmontée de plaques de métal. Elle est de faible épaisseur, concave, décorée d’une plaque de cuivre sur le devant qui la sépare verticalement. Des yeux sont figurés par deux cabochons, le nez est formé par une fine plaque perpendiculaire. Le reste du visage est recouvert de lamelles de cuivre aplati posées verticalement et agrafées. D’autres lamelles sont figurées sous les yeux. Au sommet, on observe une protubérance entourée de fil métallique. Le manche est recouvert en partie haute de fil de cuivre ou de laiton. La base s’élargie et forme comme une poignée sculptée de plan perpendiculaire à la face. Cette poignée comporte des plaques de métal mais laisse aussi le bois apparent. Certaines des plaques de cuivre sont piquetées, ciselées ou martelées. Ce type de figure est une représentation symbolique du visage de l’ancêtre, beaucoup ont des blasons d’identification lignagère rendu par des motifs piquetés dans le cuivre. Les lignes, au revers, seraient des tresses stylisées et la protubérance du sommet, un chignon. La poignée qui forme parfois un losange plus prononcé serait une stylisation des bras. Le piètement de la sculpture était rattaché à un panier, de cette façon, l’ensemble formait une entité et représentait une figure anthropomorphe entière. Mis en relation avec sa fonction, le gardien représenterait un esprit, un ancêtre dont on chercherait la protection.  

LA STATUE BAMBARA

  

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Les Bambara ou Ban-Mana, dont le nom signifie « ceux qui refusent d’être dominés », constituent l’ethnie la plus nombreuse du Mali (plus d’un tiers de la population du pays) et leur dialecte mandingue fait figure de langue véhiculaire autochtone, même si le français est aujourd’hui reconnu comme langue nationale. Leur zone d’implantation principale se situe dans l’ouest du pays, entre les régions de Ségou et de Niono (située dans le delta intérieur nigérien), dans le Bélédougou (au nord de Bamako) limitrophe de la zone sahélienne, dans le Kaarta entre Kita, Nioro et Koulikoro, plus à l’est dans la région de Sikasso. Le peuple bambara n’a jamais constitué une unité politique et se divise en plusieurs clans issus d’ancêtres mythiques. Ce sont les diverses régions que les Bambara occupaient – Ségou, le Bélédougou, le Kaarta, Bougouni – qui permettaient de les distinguer les uns des autres. Ils auraient, à l’origine, quitté la région du Ouassoulou, entre Sikasso et la Côte-d’Ivoire, pour échapper à la domination des Malinké, un épisode que perpétuerait leur nom (« ceux qui ont refusé d’être dominés »). Ils auraient atteint le Niger, dans la région de Ségou, vers le XIIe siècle, avant de créer là, deux siècles plus tard, une puissante principauté.

Les Bambara, comme la plupart des Africains, honorent leurs ancêtres et se placent sous la protection bienveillante de leurs esprits. Leurs vies s'organisent autour de sociétés d'initiation qui leur enseignent tous les aspects de la vie bamana. Celles-ci comprennent les sociétés n'domo, komo, nyama, kono, chiwara et koré. 
La société n'domo s'occupe de la circoncision et prépare les garçons à leur futur rôle d'adultes. Ils y apprennent les origines de l'humanité. Komo s'occupe de la loi et enseigne la cosmologie des Bamana. C'est la société des forgerons. Nyama agit contre la sorcellerie et les esprits malveillants. Kono enseigne la dualité de l'humanité en tant que corps et esprit. Chiwara célèbre l'être mythique qui enseigna l'agriculture aux Bamana. Koré fournit une instruction morale et enseigne l'importance de l'humanité dans l'ordre du monde. Son enseignement porte sur la mort et la résurrection de l'individu. Koré est divisé en huit niveaux distincts qui correspondent aux éléments célestes et terrestres.

 

 

LES DOGONS : COSMOLOGIE ET MYTHES<!-- finde_surligneconditionnel -->

 

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Sages dogons

Les dogons sont une des populations les plus anciennes d’Afrique noire et certainement l’une des plus mystérieuses .

Les dogons sont originaires du Mandé, ils quittèrent cette contrée entre le XIe et le XIIe siècle, c’est le refus de se convertir à l’islam qui provoqua leurs migrations vers une région montagneuse du Mali appelée " falaises de Bandiagara".

Falaises de Bandiagara

La langue parlée par les dogons est le dogon qui se subdivise en 15 dialectes (non inter compréhensibles) de type voltaïque avec de nombreuses variantes dialectales selon les villages. Les dogons sont des cultivateurs de mil, de sorgho et de riz ainsi que de quelques autres légumes. Ils sont éleveurs de petit bétail, surtout des moutons.

cultivateur dogon

Les dogons représentent 3% de la population du Mali, en 1990 elle a été estimée à 360 000 âmes réparties en de nombreux villages. Ces villages sont accrochés aux falaises, refuges naturels contre les ennemis. Les dogons détiennent de nombreuses formes de littérature orale. La famille étendue ou "ginna", se compose de tous les descendants d’un même ancêtre en ligne masculine.Chaque ginna possède collectivement un ensemble de maisons et de champs dont la propriété est inaliénable.C’est l’homme le plus âgé qui gère les biens et qui habite la grande maison symbole de la lignée. La femme appartient au ginna de son mari et l’enfant à celui de son père. La société dogon est formée de groupes sociaux, opposés mais complémentaires. Les initiés et les non-initiés, les hommes et les femmes, les groupes d’âges, des cultivateurs et les gens dits "castés". Les classes d’âge sont composées de garçons ayant subi ensemble la circoncision et qui, de ce fait sont tenus de s’entraider pendant toute leur vie.
Les différentes castes dogon sont : les artisans du fer, du bois, du cuir et les griots. Les relations sexuelles avec les membres du groupe des cultivateurs leur sont interdites.

La mythologie dogon

Masque représentant le symbole dogons

Le symbole des dogons est une représentation de Sirius

Sirius

Selon la mythologie dogon amma dieu suprême, créa la terre et en fit son épouse. Une termitière, clitoris de la terre, se dressa en rivale du sexe mâle, et Amma dut l’abattre. Un fils unique naquit, Yurugu ou le Renard pâle. 
La terre excisée fut plus docile à son époux et mit au monde le Nommo, à la fois mâle et femelle, couple idéal, maître de l’eau et de la parole. Le Renard pâle, unique et donc imparfait, principe de désordre, commit l’inceste avec sa mère parce qu’il ne trouvait pas de compagne, et c’est alors qu’apparut le sang menstruel, impur parce que signe de stérilité. Errant sans cesse à la recherche d’une épouse, il ne connaît que la première parole, celle qu’il révèle aux devins. Amma façonna avec de l’argile un couple humain, qui devait donner naissance aux huit ancêtres. Nommo leur enseigna la parole, liée à l’humidité, ainsi qu’au tissage car elle est faite de questions et de réponses entrelacées.

La cosmologie et cosmogonie dogon

"...Les dogons ont développé des points de vue qui ne sont pas, dans leur ensemble, démentis par la science contemporaine. C’est dire toute la rationalité de cette cosmogonie dogon qui contient encore d’autres faits plus éblouissants encore relatifs à la connaissance des corps célestes... " (C.A Diop, volney et le sphinx de T.Obenga professeur de langue égyptienne et d’histoire ancienne edit. présence africaine p.171)

"Pour les dogons il y a pluralité des mondes, des univers stellaires à l’infini, bref une infinité de mondes". (C.A Diop, volney et le sphinx de T.Obenga edit. présence africaine p.156)

"Il y a donc une prolifération de la vie sur la pluralité des mondes.Nous les hommes nous sommes sur la 4ème terre. Les formes exactes, les aspects concrets de la vie sur les autres mondes ne sont pas connus, et les dogon d’imaginer des "hommes à cornes" sur la 3ème terre, des "hommes à queue" sur la 5ème, des "hommes ailés " sur la 6ème terre, des "hommes rampants" sur la 7ème terre, etc." (C.A Diop, Volney et le sphinx de T.Obenga edit. présence africaine p.156)

"Ainsi, à partir des choses plus petites qui sont contenues dans la chose la plus petite mise en exposition par un mouvement tourbillonnant et rayonnant (qui est le Démiurge lui même), l’Univers créé va s’étendre constamment (expansion de l’Univers), les êtres(humains, animaux, végétaux,etc.) vont se multiplier et peupler les mondes qui seront innombrables (pluralité des mondes).Les particules (signes d’Amma) vont aussi proliférer, pour réaliser toutes les choses qui formeront toujours l’Univers." (C.A Diop, volney et le sphinx de T.Obenga edit. présence africaine p.159)

"La cosmologie dogon est peut-être vieille d’environ 700 ans jouissant ainsi d’une longue tradition.
Les dogons ont élaboré leur cosmogonie au niveau même de l’immensité et de l’infinité du cosmos, avec les connaissances suivantes :

- L’univers est hiérarchisé et tournoie ;

-Notre Galaxie (la voie lactée) est une galaxie spiral, en forme de disque en rotation autour de son axe ;

-Les étoiles et les constellations sont innombrables : le chiffre démiurgique 266 signifie précisément qu’il s’agit de phénomènes cosmiques qui comptent par milliards ;

-La voie lactée forme l’Amas galactique local : ce que les dogons appellent "système stellaire externe" où se trouvent cependant le soleil et la terre ;

-Le système solaire est désigné par "système stellaire externe " : le soleil ayant une influence directe sur la vie de la terre ;

-La terre n’est donc pas au Centre de l’Univers puisqu’elle appartient au système solaire et à l’ensemble galactique de l’Amas local (système externe d’astres en spirale) ;

-Quatre (4) étoiles formes la croix du sud qui indique la direction du pôle céleste austral, -l’une des directions spatiales essentielles.La Polaires indique la direction du pôle Nord ;

-Les étoiles (visibles et invisibles) qui emplissent l’Univers se meuvent selon leurs orbites respectives, et forment d’immenses champs stellaires, galactiques ;

-La vie sur terre dépend du Soleil, directement ;

-La spirale, le cercle, la fourche(l’axe de rotation), le mouvement des étoiles, des systèmes stellaires, de la terre,etc.,interviennent dans la compréhension dogon de l’Univers en sa globalité, en sa structure, en ses éléments cosmiques ;

-L’homme est indissociable du cosmos, puisque la Terre qui le porte est elle-même partie intégrante du système solaire et de l’ensemble galactique ;

-Le cosmos est certes "infini" mais "mesurable", donc connaissable par la raison et l’intuition humaines.

Aucune de ces idées essentielles de la cosmologie dogon n’est contredite par l’astronomie moderne..." (C.A Diop, Volney et le sphinx de T.Obenga edit. présence africaine p.169)

Danse funéraire dogon

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 Tout est lié. Tout est vivant. Tout est interdépendant. »
    — Amadou Hanupâté Bâ cité par Aminata Traoré

Les religions tribales africaines se caractérisent par lacroyance en une force vitale cosmique, Dieu, qui émane à la fois des esprits de la Nature, des ancêtres, des chefs de tribu et des prêtres :

« L'esprit est la force, la vie qui se trouve en toute chose. »
    — Tradition orale africaine.

Cette force se traduit notamment par la fécondité, que ce soit celle des hommes, des plantes ou des animaux Il est donc normal que tout ce qui permet la fécondité soit considéré comme positif, et négatif tout ce qui lui fait obstacle :

« Le bien, c'est tout ce qui favorise, augmente la force vitale ; le mal c'est tout ce qui la contrarie, la diminue. »
    — Tradition orale africaine d'après Alassane Ndaw

Cultes et rites sont au service du développement de cette force vitale et la protègent des forces du mal qui tentent de l'affaiblirTout tourne autour des deux pôles de la vie et de ladécadence

 

 La mort n'étant pas ici homologué au néant, la mort n'est pas jugée comme une décadence dans les religions nègres, car elle est considérée comme une fin, bien sûr, mais une fin qui indique un nouveau commencement :

« Ceux qui sont morts ne sont pas morts... les morts ne sont pas sous la terre. Ils sont dans l'ombre qui frémit. Ils sont dans l'eau qui coule. Ils sont dans l'eau qui dort. Ils sont dans la case, ils sont dans la foule. Les morts ne sont pas morts. »
    — Bigaro Diop.

Pour que cette force vitale cosmique puisse se développer, il faut qu'il y ait une continuité et un rapport étroit avec les origines mythiques de la famille et de la tribu :

« Si la branche veut fleurir, qu'elle honore ses racines. »
    — Pacere F. Titinga.

Il faut respecter les traditions en les consolidant : y renoncer, c'est-à-dire aller contre l'ordre sacré et social établi par les ancêtres, signifie limiter la force vitale, voire la détruire. Prêtres, guerriers et héros sont considérés comme les messagers des divinités, ou comme les interprètres de la volonté des ancêtresIls ont dévoilé aux hommes les secrets dufeu et de la procréation, et leur ont enseigné la culture desplantes et la pratique de divers métiers 

 Les ancêtres défunts continuent de faire partie de la communauté des vivants, puisque les uns et les autres sont liés par la nécessité d'une assistance réciproque :

« Si un homme tombe malade ou se blesse, cela ne nécessite de prime abord aucun traitement surnaturel et une simple intervention médicale suffit. En cas d'échec, une communion avec les ancêtres s'impose. »
    — Tradition orale africaine

Selon la pensée religieuse africaine, tout être est doté d'une âme, – c'est-à-dire d'un principe vital :

« Tout ce qui vit a une âme. »
    — Tradition orale africaine.

 

La croyance en la réincarnation des âmes, répandue dans une grande partie de l'humanité (en Asie par exemple), est très bien établie en Afrique sub-saharienne :

« Toute naissance est la renaissance d'un ancêtre. »
    — Tradition orale africaine.

Dans le contexte des religions tribales africaines, cette croyance est éminemment multiforme. Au niveau populaire, la réincarnation fait en général partie des évidences quotidiennes, alors qu'à un niveau plus réflexif, elle s'inscrit dans des constructions anthropologiques parfois très complexes

« L'être humain a la maîtrise de la parole, c'est donc à lui qu'incombe de diriger la force vitale. »
    — Tradition orale africaine

Le culte doit principalement régénérer la force vitale pour obtenir santéenfants, bonnes récoltes, etc

La prière, les sacrifices, et les danses sacrées sont les principales formes de culte.

Les sacrifices ont quatre fonctions précises : divinatoires, ils veulent interpréter un acte passé ; identitaires, ils aident à établir des liaisons entre le monde des hommes et celui desdieux ; purificatoires, ils nettoient l'individu des souillures des fautes et des interdits ; enfin, rites de passage, ils servent à initier, à préserver et à placer tout individu dans une fonction nouvelle

Dans la représentation rituelle, culte et esprit ludique, temps mystique et extase, monde naturel et surnaturel se rencontrent et atteignent la perfection:

« Quand je me relie aux ancêtres totémiques et légendaires, je crée une harmonie des êtres entre le monde animal et végétal. »
    — Tradition orale africaine.

Au sein des tribus, le roi fait également office de grand prêtre, et le sorcier se tient à ses côtés, chargé d'un rôle prépondérant, à la fois sorcier de la pluie et guérisseur. Pour ce faire, il utilise souvent des fétiches

En ce qui concerne les lieux de culte, on a souvent du mal à les distinguer des lieux de vie car en Afrique, le sacré et le profane ne sont pas délimités. Dans bien des cas cependant, des formes de culte sont célébrées dans des bois sacrés ; il y a également des sites, ou des cabanes, dans lesquels on vénère les ancêtres, et les habitations des prêtres servent souvent de lieux de culte

Enfin, des pierres, consacrées aux ancêtres et vénérées comme « pierre de la pluie », établissent un contact avec les ancêtres, et donc avec les divinités « atmosphériques .

La danse rituelle est surtout une danse « masquée » (on appelle à juste titre l'Afrique « le continent des masques ») En effet, les masques et la danse, par la fusion des couleurs et des costumes, de la musique et du rythme, représentent l'élément rituel et vital par excellence : le masque, s'il sert à cacher le visage, sert aussi à représenter un autre être, différent de celui qui le porte. Et cet être peut représenter tour à tour une divinité, un guérisseur ou un démon, un ancêtre qui revient pour bénir ou pour punir, un esprit de la mort ou de la forêt

En dépit des changements qui affectent continuellement le monde de la religion africaine, il est possible de distinguer quelques éléments communs aux différentes traditions religieuses africaines.

En premier lieu, toutes les religions dont nous parlons ici reposent sur la croyance en un seul Dieu que l’histoire des religions définit comme l’Etre suprême. Ce Dieu-Créateur est à peu près identique dans toutes les religions africaines : après avoir créé le monde, ce Dieu s’en désintéresse et intervient rarement dans les affaires humaines, car Il est considéré comme d'essence trop pure pour interférer dans les affaires humaine, qui sont souvent liées à des besoins physiologiques. Il est le garant de l’ordre établi des choses, ne se souciant de l'être seulement qu'une fois que celui a rejoint son monde invisible. L'être humain ne vivant plus, son corps reste sur terre, tandis que son âme rejoint le monde invisible. Selon le degré de bonne ou mauvaise actions qu'il a accomplit sur terre, il pourra soit se réincarner pour se parfaire toujours plus, jusqu'à rejoindre les ancêtres vivant au sein de Dieu, soit subir une seconde mort, où l'âme trop souillée par les pêcher et être envoyé dans le magma des mauvaises âmes détruites. L’Etre suprême est rarement l’objet d’une vénération ou d’un culte. Par exemple, [Ngai, le Dieu du peuple Kikuyu, un peuple qui vit au Kenya, est censé s’être retiré sur le sommet du Mont Kenya, où il ne prend aucune part active aux vicissitudes de ses créatures. Cependant, les Kikuyus tournent toujours le visage en direction de la montagne lorsqu’ils prient, en témoignage de respect. Les peuples africains sont tous monothéiste dans leurs religions traditionnelles, et chaque a son nom pour désigner Dieu: Amma pour les Dogons, Engaï pour les Masaïs,Maa Ngala pour les Bambaras, Gueno pour les Peuls, Nzambépour les Bantous, Olodumare pour les Yorubas, Nyamé pour lesFangs, ect.

L’Etre suprême est la figure la plus importante de toute une série d’êtres spirituels qui agissent en tant que médiateurs entre l’Etre suprême et les humains. Dans les religions africaines, les divers esprits sont très importants, car dieux qui est perçu comme trop lointain, par rapport a son essence divine. C’est vers ces esprits que le peuple se tourne pour formuler ses demandes. Il existe deux sortes d’esprits : ceux qui ne sont pas d’origine humaine et ceux qui, après avoir été des humains, sont devenus des “ esprits ancestraux ” sous la bénédictions de dieux. Les esprits, ne sont que hypostase, qui représentent la multiplicité de dieux, a la fois unique et pluriel par ses actions, sa création ect. Tout la trinité chrétienne par ex.

 

Les esprits d’origine non humaine sont souvent en rapport avec des lieux naturels. Par exemple, les esprits des bois ou les esprits de la mer. Au Kenya, l’un des esprits les plus actifs et les plus proches, pour le peuple Luo, est l’esprit du Lac. Ce qui s’explique par la proximité du Lac Victoria sur les rives duquel les Luos habitent depuis longtemps. Chez les Dogons, au Mali, l’esprit de l’eau, Nommo, est considéré comme le père de l’humanité, celui qui a enseigné aux hommes l’art d’utiliser le feu et les outils.

Les esprits de la nature n’ont pas une personnalité bien définie. Ils sont les gardiens du territoire sur lequel vit une population donnée et avec laquelle ils établissent des relations sociales complexes. D’autres esprits sont identifiés avec des phénomènes naturels, comme l’esprit du tonnerre, l’esprit du vent, l’esprit de la tempête, de la pluie, et ainsi de suite. Toutes ces entités spirituelles, que certains experts définissent comme des êtres créer par dieu plus puissants que les êtres humains (Djin en Islam), peuvent être bonnes ou mauvaises ou même avoir une nature ambivalente. Dans certains cas elles sont amicales et bien disposées envers les humains ; mais dans d’autres cas elles peuvent se montrer hostiles. Certaines interviennent rarement, d’autres sont omniprésentes dans la vie quotidienne. Certaines voyagent beaucoup, d’autres sont sédentaires. Chacune de ces entités occupe une place bien définie sur une échelle hiérarchique et leurs relations entre elles et avec les humains sont codifiées selon cette position hiérarchique. Certains esprits entrent en contact avec les hommes à l’occasion d’états de transe ou de possession. Quelquefois, des familles entières d’esprits s’emparent périodiquement d’une personne et lui dictent son action pour le bien du clan ou de la communauté tout entière.

 

On trouve de telles situations avec les esprits Bori chez lesHausas du Niger ou les esprits Bisimba chez les Zélas duZaïre.

 

Les ancêtres appartiennent naturellement à la deuxième catégorie d’esprits. La mort ne transforme pas automatiquement un parent en ancêtre. Des rites précis sont nécessaires. Ils accompagnent en quelque sorte le défunt dans l’au-delà pour l’aider à assumer une nouvelle essence spirituelle. Ces rites consistent, entre autres, en “ doubles funérailles ”, dans le cas desquelles on s’attend à ce que, pendant un certain laps de temps, l’esprit du défunt soit mal disposé envers les vivants, jusqu’à ce que de secondes funérailles, avec toute une série d’offrandes et de prières collectives, le réconcilient avec sa famille.

 

Dans toutes les sociétés africaines, les liens entre les vivants et les morts sont très forts : il faut toujours respecter les morts et les honorer au moyen d’offrandes de diverses natures. Ils gardent une ferme emprise sur la structure familiale et on redoute de provoquer leur colère. Les ancêtres représentent le lien le plus immédiat entre les vivants et le monde spirituel, ils sont en mesure de garantir la prospérité, la santé et la fécondité de leurs descendants. Au Kenya, la structure sociale des Kikuyus est le reflet du monde de leurs ancêtres, qu’ils appellent Ngomas, et parmi lesquels figurent les Ngomas cia aciari, ou ancêtres immédiats.

 

repères historiques:


Les traditions africaines sont présentes depuis des milliers d'années mais personne n'a encore réussi à dater le début des traditions. Elles sont des traditions orales, du bouche à oreilles, c'est donc pourquoi elles sont transmises de générations en générations. Nous ne pourrions affirmer que les traditions africaines possèdent un fondateur. Par contre, il y a des dieux qui sont considérés, d'une certaine façon, comme fondements des traditions. Ces dieux seraient donc à la base des récits du commencement du monde. Il y a Shango, qui est le dieu de la foudre et Ifa qui est le dieu de la divination. Comme il est mentionné plus haut, il n'y a pas qu'une seule tradition donc par le fait même, chaque communauté a des fondements différents. Les traditions que nous connaissons aujourd'hui émanent, plus particulièrement, des changements idéologiques et des changements historiques. 

Croyances :


Toutes les traditions africaines ont une base de croyances qui se ressemblent. Tout d'abord, les récits du monde racontent tous comment s'est formé le début du monde mais ils ne parlent jamais de la fin. Ensuite, il y a quatre grandes croyances qui sont partagées par la majorité des tribus africaines. La première est la croyance en l'Être suprême. En effet, les tribus africaines ne croient qu'en un seul Dieu supérieur qui est le créateur de toutes choses. Il a créé le monde, les dieux, qu'ils soient bons ou mauvais, les humains,les animaux et la nature. Il a le contrôle sur tout et Il voit tout. La deuxième croyance entoure l'Homme et sa nature humaine, ses pouvoirs en tant qu'homme, ses devoirs et sa spiritualité. L'humain est conscient de son existence et de sa puissance physique et mentale. La troisième croyance porte sur la nature et son règne. La nature comporte les règnes végétaux, animaux et minéraux. La nature est vénérée parce qu'elle représente l'équilibre du monde. Finalement la quatrième et dernière croyance africaine universelle est l'infinité du temps et de l'histoire. Bref, ils croient en l'éternité. Pour eux, chaque chose à un début mais n'a pas nécessairement une fin. 

Pratiques :


Les africains ont beaucoup de pratiques et de rituels qui leur sont propre selon leur tribu. Néanmoins, il y a des rituels qui leur sont semblables. Un de ces rituels est l'identification. Ce rituel a pour but d'associer l'enfant dès sa naissance avec un dieu et celui-ci devra vouer un culte particulier à ce dieu. C'est une façon de vivre la transcendance, le lien entre un humain et un dieu. Ensuite, il y a l'initiation, un rite de passage ou une transformation. Le rite de passage comporte trois étapes. La première est le détachement de sa tribu, de sa routine. La seconde est l'entre deux. L'initié se retrouve entre deux statut sociaux. La dernière étape est le retour à la tribu avec un nouveau statut social. Cette initiation a pour but la connaissance, l'instruction de la personne et le changement de statut social. L'initiation peut être pratiquée de différentes façons selon les tribus. Lorsqu'une personne est malade physiquement ou mentalement, cette personne fait des offrandes à son dieu, auquel elle est associée, pour calmer sa colère et pour qu'il la guérisse. L'adoration des dieux est aussi un des rituels omniprésents dans les traditions africaines. L'adoration consiste à faire des prières, des sacrifices ou faire la possession. La possession consiste à atteindre le niveau des dieux par la danse et la transe. Les personnes qui font la possession sont dans un état second où elles peuvent être en communication avec les dieux. La possession se pratique en groupe. Par contre, celui qui est possèdé ne se rapelle plus de ce qui lui est arrivé, mais il ressort de cette expérience avec une connaissance nouvelle. Les sacrifices ne sont pas toujours des sacrifices humains. La plupart du temps se sont des offrandes. Chaque personne donne aux dieux quelque chose qu'elle aime. Nous ne pouvons pas offrir aux dieux ce que nous n'aimons pas parce si les offrandes ne sont pas aimées par les dieux, ces deniers ne répondront plus en faveur des prières qui leur sont faites. Le dernier rituel fait par les tribus est le rituel funéraire. La durée des funérailles immédiates s'échelonne sur une semaine environ. Le rite funéraire a trois objectifs bien préçis. Le premier objectif est d'aider le mort à comprendre ce qui lui arrive. Le deuxième objectif est d'aider le mort a accepter les offrandes qui lui sont faites. Finalement, le dernier objectif est d'aider la personne décédée à trouver le chemin de ses ancêtres qui sont décédés pour aller les rejoindre. Àprès un an, il y a un autre rituel funéraille qui consiste à déterrer les ossements du mort, les laver et les réenterrer avec les ossements des ancêtres. Toutes ces pratiques ont pour but de maintenir l'équilibre entre les éléments qui constituent le monde ( la nature, les humains, les esprits, les ancêtres, les dieux et l'Être suprême ). 

Livres sacrés :


Le mot sacré, pour les africains, signifie secret. C'est donc pour cette raison que la connaissance des phrases sacrées et des écrits sont peu connus. Il n'y pas de livre comme tel qui contient des écrits sacrés. Les traditions africaines sont des traditions orales, donc les phrases sacrées sont mémorisées par des individus de la tribus. Il peut donc y avoir des différences de prononciations et de significations selon la personne qui prononce les textes.

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 source : paranormal et Cie

 

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