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Un économiste du FMI démissionne car il a "honte" et traduction de la lettre

Publié par wikistrike.com sur 21 Juillet 2012, 09:40am

Catégories : #Economie

L'incompétence" du FMI dénoncée

 

fmi.jpgUn économiste du Fonds monétaire international (FMI) en passe de quitter cette organisation lui reproche ses "échecs" en matière de surveillance et le "parti pris européen de sa direction", selon sa lettre de démission révélée aujourd'hui par CNN.

"Après vingt ans de service", Peter Doyle, conseiller au département Europe du FMI, reproche au Fonds de ne pas avoir émis les "mises en gardes répétées et en temps utile qui s'imposaient" à la zone euro alors que les racines de la crise que celle-ci traverse avaient été selon lui "identifiées bien en amont", selon ce document mis en ligne par CNN.

Il explique: "j'ai honte d'avoir été associé au FMI". Et de dénoncer "l'incompétence" du FMI, qui avait identifié les causes de la crise de la zone euro "de longue date" et n'a pourtant pas été capable de la prévenir.

M. Doyle, qui fut au sein de son département chef de la division couvrant la Suède, le Danemark et Israël, attribue notamment les "échecs du FMI en matière de surveillance" au "parti pris européen" du Fonds qui, dit-il, ne cesse "de se renforcer" et se transmet par capillarité du sommet à "l'ensemble de l'organisation".

Le FMI a toujours été dirigé par un Européen, et "même sa directrice générale actuelle", la Française Christine Lagarde, malgré "son sexe, son intégrité et son ardeur", ne "peut racheter l'illégitimité fondamentale du processus ayant abouti à sa sélection", écrit-il en date du 18 juin.

Interrogé par l'AFP sur le contenu de cette lettre, un porte-parole du Fonds, William Murray, a simplement indiqué que "les remarques" de l'intéressé étaient déjà "bien connues et de nature publique" depuis un certain temps.

 

Source: Le Figaro


 

Traduction de la lettre de démission

 

Département Européen

Washington DC

18 juin 2012

A Mr Shalaan, doyen du conseil d’administration du FMI

Aujourd’hui, je me suis adressé au conseil d’administration pour la dernière fois  - parce que je quitte le FMI.

Par conséquent, je souhaite exprimer formellement ma profonde appréciation pour les autorités Suédoises, Israéliennes et Danoises avec lesquelles j’ai travaillé récemment, ainsi que pour toutes les autres avec qui j’ai travaillé auparavant, pour leur générosité extraordinaire à mon égard.

Mais je veux aussi prendre cette occasion pour expliquer la raison de mon départ.

Après 20 ans de service, j’ai honte d’avoir été associé au FMI.

Ce n’est pas uniquement à cause de l’incompétence qui a été partiellement décrite dans le rapport OIA au sujet de la crise mondiale et par le rapport TSR sur les systèmes de surveillance lors de l’entrée dans crise de la zone Euro. Plus encore, c’est parce que les difficultés essentielles dans ces crises, comme cela a été le cas pour d’autres, avaient été identifiées bien avant mais ont été déniées par le FMI. En raison des longues périodes de gestation et processus internationaux de décision pour faire face a ces deux défits mondiaux, il était essentiel que nos avertissements répétés arrivent à temps. Par conséquent,  le fait que le FMI n’ait pas émit de tels avertissements est un échec de premier ordre, quand bien même ils auraient pu être ignoré. Ceci a pour conséquences que beaucoup, y compris la Grèce, souffrent (et risquent bien pire à l’avenir), que la deuxième monnaie mondiale de réserve est au bord du gouffre, et que le FMI ces deux dernières années s’est cantonné a courir après les conséquences et a cherché à réagir sans les ultimes efforts pour la sauver.

De plus, les paramètres qui ont directement produit ces défaillances du système de surveillance du FMI, à savoir la répugnance à prendre des risques, les priorités bilatérales et  le parti pris Européen, deviennent de fait plus profondément enracinés en dépit d’initiatives qui prétendent les confronterCeci est particulièrement clair dans le cas des individus nominés au poste de directeur exécutif, choix qui au cours des dix dernières années, ont été bien évidemment désastreux. Même la directrice en exercice est entachée car ni son sexe, ni son intégrité, ni son ardeur ne peuvent compenser l’illégitimité fondamentale du processus de sélection. Dans une institution aussi hiérarchique, les implications de tels choix infiltrent directement les niveaux supérieurs de la direction et, à travers les recrutements, les contrats à durée déterminés, la préparation de la succession du personnel de grades supérieurs, ces implications en arrivent à se diffuser dans l’ensemble de l’organisation prenant précédence sur toute autre chose. Ce que le comité executif préfère, c’est un FMI handicapé qui est sujet à ses causes immédiates de défaillance du système de surveillance. Ah, si j’avais pu comprendre il y a 20 ans que ce serait le cas.

Il y a des gens bien ici. Mais celui ci s’en va. Vous feriez bien de vous préoccuper de ne pas perdre les autres.

Bien à vous,

Peter Doyle

 CC : …


Pour une fois que la communication issue d’un membre du FMI a du sens et du chien, on ne va pas se priver. Quelle sera (ou non) la (ou les) réactions de la direction du FMI ? Mystère, nous verrons (ou pas) dans les jours à venir.

La lettre de démission de Peter Doyle en anglais et en PDF ou ci-dessous :

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